A la sortie de Nismes, un chemin espiègle fait faux bond à la route du Viroin. Direction plein Sud, il s'immerge dans une nature généreuse. Déchiré par quelques cicatrices, le lacet de bitume semble parfois avoir du mal à se frayer un chemin...
Nous venons de percer très partiellement le secret du Grand Bois de Nismes, une parcelle boisée dépassant les 100.000 hectares, peut-être la plus vaste forêt de Belgique. Cette grande couverture verte englobe en fait tout le plateau cambrien de Rocroi, de la Meuse à la Thiérache herbagère française.
Au détour de quelques herbes folles, les premières traces d'habitations se dessinent. Bienvenue à Regniessart, le hameau se dévoile. Une vingtaine de vieilles bâtisses en moellons de calcaire s'accrochent encore aux bords de la route. La moitié des résidents y demeurent en permanence.
Partons à la découverte d'un de ses deux lavoirs
Lavoir semi-enterré couvert d'un toit charpenté décoré de festonnages. Au XIX e siècle, les lavoirs avaient une importante fonction sociale. Ils constituaient en effet un des rares lieux d'échange pour les femmes. Laver le linge était par ailleurs physiquement très pénible. Aussi, le fait de pratiquer cette activité de façon collective la rendait plus supportable. Contrairement à une représentation très répandue, les lavoirs permettaient le plus souvent aux lavandes, non pas de laver le linge, mais de l'y rincer
