Située sur la commune de Beyne Heusay, surplombant Liège et Chaudfontaine, la chapelle Sainte-Anne entourée de majestueux tilleuls est un lieu apaisant qui offre un point de vue particulièrement impressionnant. Mais elle est aussi le témoin d'un événement marquant de la révolution liégeoise.
En 1789, le prince-évèque de Liège, Monseigneur Hoensbroeck, est hostile à toute réforme, son comportement autoritaire attise la rébellion des liégeois qui finissent par le chasser. Il trouve refuge en Allemagne mais sera replacé sur le trône épiscopal par l'armée autrichienne en 1791.
Son successeur, François-Antoine-Marie de Mean sera lui chassé par les troupes françaises qui prennent le contrôle de la principauté et entrent à Liège en novembre 1792.
En 1793, les citoyens liégeois votent massivement en faveur d'un rattachement de la principauté à la France. Mais en mars 1794, les troupes autrichiennes ramènent une seconde fois le prince-évèque à Liège.
Trois mois plus tard l'armée de la république française inflige de lourdes défaites à l'armée autrichienne qui se replie, une retraite accompagnée de nombreux combats d'arrière-garde. L'un de ceux-ci a lieu à Beyne. Cinq soldats français trouvent la mort. Ils étaient bretons, originaires de la commune de Sainte-Anne d'Auray dans le Morbihan.
Ce petit monument, datant de 1794, a été érigé en leur mémoire. Il possède une niche qui abrite aujourd'hui encore la statue de Sainte-Anne.
Cinq tilleuls ont été plantés autour de ce monument en mémoire des cinq soldats. Il n'en reste plus que quatre (ou disons trois et demi) à ce jour.
En 1889, 100 ans après le début des révolutions française et liégeoise, une petite chapelle est érigée pour protéger le monument.
Lors d'une commémoration ultérieure, la grande croix celtique a été installée au voisinage de la chapelle.