AVIEZ-VOUS REMARQUÉ DANS NOS CAMPAGNES CETTE SORTE DE SEAU RENVERSÉ DE PART ET D'AUTRE DE CERTAINES ROUTES ? CERTAINES D'ENTRE ELLES SONT BIEN MISES EN VALEUR DANS L'ENTITÉ DE LA BRUYÈRE, NOTAMMENT GRÂCE AU TRAVAIL DE LA MAISON DE LA MÉMOIRE RURALE DE LA BRUYÈRE. CES CURIEUSES BORNES SONT DISPOSÉES UN PEU PARTOUT LE LONG DES ROUTES SUIVANT UNE LIGNE TRACÉE ENTRE ANVERS ET WAVRE, AINSI QUE DANS SON PROLONGEMENT VERS L'ANCIENNE POSITION FORTIFIÉE DE NAMUR DONT LA BRUYÈRE RECÈLE ENCORE DEUX FORTS (ÉMINES ET COGNELÉE). CES BORNES SONT INÉVITABLEMENT LIÉES À LÉON EDMONT DE COINTET...
Léon Edmond de Cointet (1870-1948) - Général de division de l'Armée française ayant dirigé le Deuxième Bureau de de l'État-Major entre 1917 et 1921. Avec l'importance croissante des blindés dans les armées, il inventa en 1933 une barrière anti-char surnommée "Barrière Cointet" ou "Élément-C". Ces barrières étaient appelées à renforcer le dispositif de la ligne Maginot, mais il fut aussi rapidement adopté par l'Armée belge qui l'adapta.
Bien que jouissant d'un statut de neutralité garanti par la France et la Grande-Bretagne durant l'entre-deux-guerres, la Belgique étudia une stratégie en cas de nouvelle invasion allemande. Devant les progrès fulgurants de l'arme blindée éprouvés notamment dans la guerre d'Espagne (1936-1939), sur ordre du ministère de la Défense, une ligne de défense destinée à ralentir les troupes d'invasion vit le jour dans notre pays assez tardivement entre 1939-1940. Il s'agit de la ligne "KW", installée entre Koningshooikt (sud-est d'Anvers) et Wavre, avec son prolongement vers Namur. Celle-ci était constituée de nombreux bunkers de combat et de communication, ainsi que de fossés antichars et des fameuses "Barrières Cointet".

Bild240 - Denkfchrift über die belgifche Landesbefestigung, 1.10.1941
LES BARRIÈRES
Ces barrières ont été adoptées par l'Armée belge, d'où l'autre dénomination de "Portes belges", ces dernières se distinguant par l'ajout de huit cornières verticales sur la face avant destinées à empêcher tout franchissement aisé par des fantassins.

Le modèle belge en acier pèse environ 1,3 à 1,4 T pour une largeur avant de 2,88 mètres et une hauteur de 2,52 mètres, reposant sur trois rouleaux creux en acier galvanisé destinés à faciliter le déplacement de l'élément. 75000 exemplaires (77000 suivant une autre source) furent commandés par l'État belge auprès d'usines civiles (225 km prévus) et lors de l'invasion de mai 1940, 73600 éléments avaient été livrés et installés sur le terrain, solidement attachés les uns aux autres.

Non pas destinées à former une ligne continue, mais plutôt à perturber l'avancée de troupes d'invasion motorisées, ces barrières ont été installées à des endroits stratégiques : franchissement de ponts ou de tunnels, chemins de fer, routes ou encore postes frontières. Lors de l'invasion de la Belgique en mai 1940, ces barrières furent en définitive de peu d'utilité face à la stratégie d'invasion (Blitzkrieg ou guerre éclair) et aisément contournées par les 3e et 4e PanzerDivision.
Après la reddition de l'Armée belge le 28 mai 1940, les barrières ont été réquisitionnées par l'armée d'occupation et réaffectées à travers toute l'Europe sous le nom ce "C-Element", notamment sur le Mur de l'Atlantique. Durant le débarquement de Normandie, plusieurs barges de débarquement viendront d'ailleurs s'empaler sur ces solides structures, invisibles à marée haute. L'une d'entre elles découverte sur une plage en Charente-Maritime a été acquise en 2017 par le musée du Souvenir 40/45 à Malèves-Sainte-Marie (Perwez).

LES BORNES
Un obstacle doit comprendre au moins deux éléments. Ces éléments, amenés séparément, sont assemblés les uns aux autres en travers du passage à barrer. Les éléments une fois mis en place, et leurs rouleaux bloqués doivent former une chaîne présentant du côté de l'ennemi une courbure convexe, les éléments d'aile étant amarrés à des points fixes. Cette disposition de l'obstacle a pour but de permettre à celui-ci d'absorber, au moment du choc, une partie importante de la force vive du char, la courbure de la chaîne changeant de sens, avant que les câbles de liaison soient mis en tension. Extrait de Notice technique sur l'obstacle anti-chars du Général de Cointet, Ministère de la Défense Nationale et de la Guerre, Paris, 1937, p. 3-5.

Les "points fixes" sont appelés "Bornes Cointet" ou "Bornes-C" (points rouges)
Cache : N50° 30. (C - B) (E : A) (C - A) ; E004° 47. (D - A) (E - A) (A : 2)
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Source des informations : A. CRAHAY, L'armée belge entre les deux guerres, Bruxelles, Louis Musin Éditeur, 1978 ; P. LIBOUTON, LIGNE K.W. : de Wavre à Leuven et l'extension vers Rixensart, blog publié en avril 2021 ; Publication du Ministère de la Défense Nationale et de la Guerre. Notice technique sur l'obstacle anti-char du général de Cointet, Paris, 1937 ; vidéo barrière Cointet du Musée du Souvenir 40/45 à Malèves-Sainte-Marie : Inauguration barrière Cointet (2017).
POUR GARDER TOUT L'INTÉRÊT DU JEU, MERCI DE NE PAS DÉPOSER DE PHOTO DES INDICES À RÉCOLTER, NI DE LA CACHE, NI DE SES ENVIRONS IMMÉDIATS.