La guerre d'indépendance de la Corse(1729-1743) et la République corse (1755-1769) fondent une large partie de l'identité corse d'aujourd'hui. Pascal Paoli est l'une des figures les plus représentatives de cette période.
Il naît à Morosaglia, petit village du centre-nord de la Corse, le 8 avril 1725. En 1729, l’île se révolte contre la domination génoise. Son père, Giacinto, devenu l’un des chefs des insurgés, doit prendre, avec son fils, le chemin de l’exil en 1739, Pasquale est alors âgé de 15 ans. À Naples, le jeune Pascal acquiert une solide formation largement ouverte sur l’ « illuminismo » et, de retour dans l’île en avril 1755, l’homme assume les destinées d’une Corse indépendante, Il fut proclamé général en chef par l'assemblée des Corses en juillet 1755. Il crée la première constitution corse, il perd l'ultime bataille qui l'oppose à l'armée royale française en 1769. Sa personnalité et son action intéressent bien au-delà des seuls Corses ou des historiens. créant les structures d’un État qui s’effondre en 1769 sous les coups des armées de Louis XV.
L’Angleterre lui offre l’hospitalité mais, le 30 novembre 1789, la Constituante l’amnistie, d’autant plus que Paoli est largement favorable aux idées de la Révolution française. Le voici à nouveau sur le sol natal en juillet 1790 pour prendre la présidence du conseil général et le commandement de la garde nationale. Cependant, la radicalisation des événements l’inquiète, l’amène à prendre ses distances avec la Convention, pendant qu’il est la cible des jeunes Jacobins insulaires. En mai 1793, la rupture est consommée, qui débouchera sur l’éphémère royaume anglo - corse (juin 1794 - octobre 1796). Dès octobre 1795 d’ailleurs, en désaccord avec les orientations de plus en plus ouvertement contre-révolutionnaires du nouveau système, Paoli retourne à Londres pour y finir sa vie le 5 février 1807. Homme des Lumières, il aura tissé des relations d'amitié ou épistolaires à travers toute l'Europe et inspiré la constitution des États Unis d'Amérique .
Par-delà ce bref résumé reste le mythe à multiples facettes qui prend corps dès le XVIIIe siècle. Il est tour à tour présenté comme le précurseur de la Révolution, le père de la Démocratie mais aussi, souvent par les mêmes, comme un tyran. Ainsi, il fut à la fois un général corse, le chef de la République corse indépendante, un démocrate, un patriote et un homme des Lumières.
Sources : Ange Rovere, agrégé d’histoire et Wikipedia.