Vous vous engagez de votre propre initiative dans la recherche de cette cache à vos risques et périls. Je décline donc toute responsabilité en cas de problème.
Il s'agit d'une Earthcache, il n'y a pas de récipient à chercher, mais il faut répondre aux questions à la fin du descriptif.
Micro-tourbière de Gorré-Ménez
A Loperhet au lieu-dit Gorré-Ménez se trouve une micro-tourbière de pente. Jadis il y avait un sentier de découverte nature dont on peut retrouver les restes d’aménagements. Aujourd’hui même sans ce sentier on peut y découvrir les milieux naturels présents sur les coteaux de l’Elorn : la flore et la faune de la tourbière et de la lande humide.
Tourbière
Une tourbière est une zone humide caractérisée par la présence de sphaignes. Ces mousses, en mourant, s'accumulent progressivement pour former de la tourbe, un sol caractérisé par sa très forte teneur en matière organique, peu ou pas décomposée, d'origine végétale. La synthèse de matière organique y est plus importante que sa dégradation. Les écosystèmes tourbeux couvrent 3 % à 5 % des surfaces terrestres émergées, mais la biodiversité y est très élevée, et ils stockent le carbone de façon très efficace.
Tourbe
La tourbe en place est donc un dépôt sédimentaire carboné et peu consolidé, qui dans la tourbière active est gorgé d’eau et supporte une végétation qui contribue à l’édifier. Un sol tourbeux (histosol) à l’instar des autres sols, n’est pas monolithique.
Les conditions d’apparition des tourbières
Eau
L’eau est un facteur primordial dans le processus de production de la tourbe par la végétation que l’on nomme tourbification.
Les apports d’eau à la tourbière par les précipitations, le ruissellement, les sources, un plan d’eau doivent être supérieurs aux pertes de cette eau dues à l’écoulement de surface hors de la tourbière, le drainage naturel vers la nappe phréatique, l’évaporation physique et la transpiration de la végétation. Le bilan hydrique étant positif, le substrat est saturé d’une eau très généralement stagnante donc appauvrie en oxygène ce qui provoque des conditions de vie le plus souvent asphyxiants aux organismes (anaérobiose).
Dans le cas des milieux tourbeux à sphaignes, l’eau est acide, et a une faible teneur en éléments nutritifs (conditions oligotrophes : très pauvres en minéraux).
Matière organique
Ces conditions hydriques vont avoir une action vis-à-vis de la production de la matière organique et du bilan de celle-ci dans la tourbière. Dans la plupart des autres milieux naturels, la matière organique élaborée par les végétaux, une fois morte est plus ou moins rapidement décomposée et complètement recyclée par les micro-organismes du sol (les décomposeurs : bactéries et champignons).
Dans la tourbière à sphaignes les conditions deviennent défavorables à cette activité microbiologique qui est ralentie du fait d’une certaine anaérobiose, ralentissement aggravé par l’acidité et l’oligotrophie (acidité et pauvreté en minéraux) du milieu, et la production de substances antibiotiques et inhibitrices par les mousses, sphaignes et lichens, ainsi que par des températures moyennes restant assez basses. Aussi les décomposeurs sont moins efficaces, et bien qu’agissant tout de même ils ne réussissent pas à recycler tout le carbone produit par les végétaux sous forme de gaz carbonique. Une petite partie s’accumulera sous forme de tourbe dans la couche sous-jacente de la tourbière où le processus de décomposition deviendra extrêmement faible.
Le bilan est donc également positif pour la matière organique qui s’accumule au fil du temps, il est dit que les tourbières agissent comme des « puits de carbone », les seuls pérennes à long terme, en mode terrestre.

sphaigne
Carbone
Par sa haute teneur en carbone (souvent plus de 50%), la tourbe est aussi un matériau que l’on peut extraire et exploiter comme combustible. Les tourbes riches en fibres sont aussi un support utilisé en horticulture. Ces utilisations ne sont pas sans conséquence sur la problématique de la conservation des tourbières ainsi que celle de l’effet de serre.
Archives de l’environnement
Du fait de l’accumulation de la matière organique, la tourbe conserve « en mémoire » des éléments de la végétation qui a environné la tourbière dans le passé, ainsi que des traces des peuplements humains ayant séjourné à proximité. On peut ainsi mesurer l’impact de l’homme sur la nature par ses défrichements, ses brûlis pour mise en pacage ou culture des terrains avoisinant les zones humides. C’est environ à partir de 5000 avant J.C. que la déforestation se traduit par une baisse des pollens d’arbres au profit de ceux de graminées et qu’apparaissent des pollens de céréales et autres plantes cultivées ainsi que les rudérales témoignant d’habitats proches.
Sols des milieux tourbeux acides
La Bretagne appartient au Massif Armoricain qui est un massif géologique ancien constitué principalement par des roches cristallines, métamorphiques et sédimentaires, à réponse globalement acide. Les sols générés par ces roches le sont également, et si les conditions hydriques le permettent, cette acidité naturelle peut favoriser l’installation des sphaignes.
Les grès à ciment siliceux et les quartzites, les plus riches en silice, sont très acides et de plus, pauvres en éléments minéraux nutritifs pour les plantes. Les sols granitiques ont une acidité généralement plus modérée et une plus grande richesse en éléments par l’apport des silicates du granite.

Types de tourbières à sphaignes conditionnés par topographie
Généralement sous nos attitudes, les seules précipitations directes restent insuffisantes pour constituer tout l’apport d’eau nécessaire, les conditions particulières de la topographie doivent alors entrer en jeu pour que le bilan hydrique reste positif.

Alimentation par l’eau plus ou moins minéralisée :
Tourbière de pente (soligène)
Des tourbières se trouvent alors sur les pentes ou les replats, le long d’un versant, lorsqu’il existe un écoulement régulier d’eau provenant de sources et lorsque les eaux de ruissellement convergent au même endroit. L’eau d’alimentation est mobile et a été en contact avec le sol. C’est une tourbière soligène. Ces tourbières sont les plus nombreuses sur les collines de Bretagne, elles sont généralement peu étendues et l’épaisseur de tourbe y reste faible.
Tourbière de vallée (topogène)
D’autres tourbières se situent nettement dans un fond formant cuvette, où l’eau est stagnante. L’écoulement de l’eau a pu être entravé par un accident du relief formant « verrou », ou bien une accumulation d’argile dans le sol profond imperméabilise la cuvette.
Tourbière de queue d’étang (limnogène)
Moins fréquemment en Bretagne, une tourbière peut être localisée en queue d’étang et participer à l’atterrissement de celui-ci. Dans de très rares cas c’est peut-être l’étang qui a pu être à l’origine de l’édification de la tourbière, mais le plus souvent une tourbière de vallée préexistait et la création de l’étang à cet endroit ne l’a pas totalement détruite. Le phénomène de tourbification s’est alors poursuivi mais modifié par l’influence de la lame d’eau libre de l’étang. La végétation turfigène et la couche de tourbe qu’elle élabore s’avance sur l’étang formant un radeau instable. C’est une tourbière limnogène.
Alimentation par l’eau de pluie (sans minéraux):
Tourbière bombée
Tourbière bombée (ou tourbière haute) qui après une phase initiale minérotrophe a ensuite vu leur large partie centrale s’exhausser par la production d’une tourbe blonde due à l’accumulation des sphaignes ombrothropes.
Tourbière de couverture
Des stades initiaux très réduits des tourbières de couverture sont connus sur la crête septentrionale des Monts d’Arrée. Elles sont très indépendantes du substrat et pouvant recouvrir toutes les formes du relief. L’apport des pluies et brouillards semble prépondérant pour expliquer la présence des tourbières actives à sphaignes ombrotrophes pratiquement en situation de crête.
Ombrotrophe vient de « ombros » qui veut dire « pluie » et « trophê » : « nourriture ». Donc cela veut dire celui qui se nourrit uniquement de pluie.
Sources
Wikipedia
Durfort, José et al. (2007) - Les Tourbières de Bretagne. Collection Les Cahiers Naturalistes de Bretagne. FCBE. Edition Biotope : 176p.
http://infoterre.brgm.fr/
Questions pour valider cette Earthcache :
Suivez bien les sentiers indiqués par les waypoints 1 et 2 pour venir jusqu’à la tourbière. Ne montez pas sur les restes de pontons. C’est un endroit fragile plein de biodiversité. Merci de ne pas piétiner les plantes.
- Quel est le type de la petite tourbière à Gorré Ménez ?
- Selon la carte géologique quelles sont les roches du socle à l’endroit de la tourbière ? Ce sont des roches basiques ou acides ?
- Regardez autour de vous, quel est élément essentiel à la formation de la tourbière ?
- Regardez bien les trois zones de la Photo 1, quelle est la différence entre les trois ?
- Sous quelle(s) zone(s) se trouve(nt) les sphaignes ?
- Prenez une photo de vous ou d’un objet vous représentant sur le site avec une sphaigne.

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English version
You engage in the search for this cache on your own initiative at your own risk. I therefore decline all responsibility in the event of a problem.
This is an Earthcache, there is no container to look for.
Micro-peat bog of Gorré-Ménez
In Loperhet at a place called Gorré-Ménez is a micro-peat bog on the slope. Formerly there was a nature discovery trail, the remains of which can be found. Today, even without this path, you can discover the natural environments present on the slopes of the Elorn: the flora and fauna of the peat bog and the wet moor.
Bog
A peat bog is a wetland characterized by the presence of sphagnum. These mosses, as they die, gradually accumulate to form peat, a soil characterized by its very high organic matter content, little or not decomposed, of vegetable origin. The synthesis of organic matter is more important than its degradation. Peat ecosystems cover 3% to 5% of the land surface, but biodiversity is very high there, and they store carbon very efficiently.
Peat
The peat in place is therefore a carbonaceous and poorly consolidated sedimentary deposit, which in the active peat bog is waterlogged and supports vegetation that contributes to building it. A peat soil (histosol) like other soils, is not monolithic.
Conditions for the appearance of peat bogs
Water
Water is an essential factor in the process of peat production by vegetation, which is called peatification.
Inputs of water to the bog by precipitation, runoff, springs, a body of water must be greater than the losses of this water due to surface runoff out of the bog, natural drainage to the water table , physical evaporation and transpiration from vegetation. The water balance being positive, the substrate is saturated with very generally stagnant water and therefore depleted in oxygen, which causes living conditions that are most often asphyxiating to organisms (anaerobiosis).
In the case of sphagnum peatlands, the water is acidic and has a low nutrient content (oligotrophic conditions: very poor in minerals).
Organic material
These water conditions will have an effect on the production of organic matter and its balance in the peat bog. In most other natural environments, the organic matter developed by plants, once dead, is more or less rapidly decomposed and completely recycled by soil microorganisms (decomposers: bacteria and fungi).
In the sphagnum peat bog, the conditions become unfavorable to this microbiological activity which is slowed down due to a certain anaerobiosis, a slowdown aggravated by the acidity and oligotrophy (acidity and lack of minerals) of the environment, and the production of antibiotic substances. and inhibiting by mosses, sphagnum and lichens, as well as by average temperatures remaining quite low. Also the decomposers are less efficient, and although acting all the same they do not succeed in recycling all the carbon produced by the plants in the form of carbon dioxide. A small part will accumulate as peat in the underlying layer of the bog where the decomposition process will become extremely weak.
The balance is therefore also positive for the organic matter that accumulates over time, it is said that peatlands act as "carbon sinks", the only long-term perennials, in terrestrial mode.

sphagnum
Carbon
Due to its high carbon content (often more than 50%), peat is also a material that can be extracted and exploited as fuel. Fibre-rich peat is also a medium used in horticulture. These uses are not without consequence on the problem of the conservation of peatlands as well as that of the greenhouse effect.
Environment Archive
Due to the accumulation of organic matter, the peat retains “in memory” elements of the vegetation that surrounded the peat bog in the past, as well as traces of human settlements that have stayed nearby. We can thus measure the impact of man on nature through his clearing, his burning for grazing or cultivation of land neighboring wetlands. It is approximately from 5000 BC that deforestation results in a drop in tree pollens in favor of those of grasses and that pollens of cereals and other cultivated plants appear as well as the ruderals testifying to nearby habitats.
Soils of acid peatlands
Brittany belongs to the Armorican Massif, which is an ancient geological massif consisting mainly of crystalline, metamorphic and sedimentary rocks, with an overall acid response. The soils generated by these rocks are also, and if the water conditions allow it, this natural acidity can promote the installation of sphagnum.
Sandstones with siliceous cement and quartzites, the richest in silica, are very acidic and, moreover, poor in mineral nutrients for plants. Granite soils generally have a more moderate acidity and a greater richness in elements due to the contribution of granite silicates.

Types of sphagnum peatlands conditioned by topography
Generally under our attitudes, the only direct precipitations remain insufficient to constitute all the water supply necessary, the particular conditions of the topography must then come into play so that the water balance remains positive.
Feeding with more or less mineralized water:
Slope bog (soligene)
Peat bogs are then found on slopes or flat areas, along a slope, when there is a regular flow of water from springs and when runoff water converges in the same place. Feed water is mobile and has been in contact with the ground. It is a soligenous bog. These bogs are the most numerous on the hills of Brittany, they are generally not extensive and the thickness of peat remains low.
Valley bog (topogen)
Other bogs are clearly located in a bottom forming a basin, where the water is stagnant. The flow of water may have been impeded by an accident in the relief forming a "lock", or else an accumulation of clay in the deep soil waterproofed the basin.
Pond tail bog (limnogene)
Less frequently in Brittany, a peat bog can be located at the tail of a pond and contribute to its landing. In very rare cases it is perhaps the pond which could have been at the origin of the construction of the peat bog, but most often a valley peat bog pre-existed and the creation of the pond at this place does not did not completely destroy it. The phenomenon of peat then continued but modified by the influence of the open water layer of the pond. The turf-producing vegetation and the layer of peat that it develops advances over the pond forming an unstable raft. It is a limnogenic bog.
Feeding by rainwater (without minerals):
Raised bog
Domed bog (or raised bog) which after an initial minerotrophic phase then saw their large central part rise by the production of a blond peat due to the accumulation of ombrotrophic sphagnum.
Blanket bog
Very small initial stages of blanket bogs are known on the northern ridge of the Monts d'Arrée. They are very independent of the substrate and can cover all forms of relief. The contribution of rains and fogs seems to be preponderant in explaining the presence of active peatlands with ombrotrophic sphagnum practically in a ridge situation.
Ombrotrophe comes from “ombros” which means “rain” and “trophê”: “food”. So that means the one who feeds only on rain.
Questions to validate this Earthcache:
Be sure to follow the paths indicated by the waypoints to come to the bog. Do not climb on the remains of pontoons. It is a fragile place full of biodiversity. Please do not trample the plants.
- What is the type of the small peat bog in Gorré Ménez?
- According to the geological map, what are the basement rocks at the location of the bog? Are they basic or acidic rocks?
- Look around you, what is essential to the formation of the bog?
- Take a good look at the three areas in Photo 1, what is the difference between the three?
- In which zone(s) are the sphagnum moss found?
- Take a photo of yourself or an object representing you on the site with a sphagnum moss.

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