LA TORTUE ET LES DEUX CANARDS
Après cinq années passées à chercher des petites boites posées par les amis Géocacheurs, à nous désormais de vous proposer une promenade dans le bois de la Forêt de Landerneau.
Ce parcours composé de 24 caches traditionnelles avec pour thème « Les Fables de la Fontaine » constitue une boucle de 8 km. Chacune de ces caches vous permettra de vous remémorer certaines fables ou d’en découvrir de nouvelles.
Ce circuit ne présente pas de difficultés majeures et peut être réalisé en famille à pied, mais également en VTT. Selon les conditions météo, de bonnes chaussures étanches peuvent être nécessaires.
La zone étant fortement boisée, les points GPS peuvent être imprécis. N’hésitez pas à vous aider des indices et des photos spoilers pour guider vos recherches et préserver l’espace naturel.
Merci de remettre soigneusement les caches en place.
Bon géocaching !
LA TORTUE ET LES DEUX CANARDS
Une Tortue était, à la tête légère,
Qui, lasse de son trou, voulut voir le pays,
Volontiers on fait cas d'une terre étrangère :
Volontiers gens boiteux haïssent le logis.
Deux Canards à qui la commère
Communiqua ce beau dessein,
Lui dirent qu'ils avaient de quoi la satisfaire :
Voyez-vous ce large chemin ?
Nous vous voiturerons par l'air en Amérique .
Vous verrez mainte république,
Maint royaume, maint peuple ; et vous profiterez
Des différentes mœurs que vous remarquerez.
Ulysse en fit autant. On ne s'attendait guère
De voir Ulysse en cette affaire.
La Tortue écouta la proposition.
Marché fait, les Oiseaux forgent une machine
Pour transporter la pèlerine.
Dans la gueule en travers on lui passe un bâton.
Serrez bien, dirent-ils ; gardez de lâcher prise.
Puis chaque Canard prend ce bâton par un bout.
La Tortue enlevée on s'étonne partout
De voir aller en cette guise
L'animal lent et sa maison,
Justement au milieu de l'un et l'autre Oison.
Miracle, criait-on. Venez voir dans les nues
Passer la Reine des Tortues.
La Reine : vraiment oui ; Je la suis en effet ;
Ne vous en moquez point. Elle eût beaucoup mieux fait
De passer son chemin sans dire aucune chose ;
Car lâchant le bâton en desserrant les dents,
Elle tombe, elle crève aux pieds des regardants.
Son indiscrétion de sa perte fut cause.
Imprudence, babil, et sotte vanité,
Et vaine curiosité,
Ont ensemble étroit parentage.
Ce sont enfants tous d'un lignage.
Jean de La Fontaine, Fables de La Fontaine