Le cimetière du Vil est un des rares cimetières marins de France. Il est situé sur le front de mer.
Le monument aux morts
Le 19 janvier 1919, le conseil municipal décide d’élever un monument à l’aide d’une souscription, en souvenir des enfants de Roscoff, morts pour la patrie. Le sculpteur René Quillivic réalise les bas-reliefs en bronze et le monument de pierre est réalisé en kersanton par le sculpteur Donnart.
L’inauguration à lieu le 12 juin, après une grand-messe, en présence de nombreux élus, notables et familles des victimes de la guerre.
Sur les bronzes de Quillivic, le classique poilu est représenté de profil, arme au pied; sa tête est encadrée de deux cartouches : à gauche, une église surmontée du mot KER (ville). A droite, un paysage rural avec les mots XX.
De l’autre côté, le fusilier marin, en marinière et bonnet à pompon, est vu de trois-quarts; sa tête est encadrée de deux motifs : à gauche, une boussole surmontée du nom en breton AR COMPAZ et sa traduction en bas, LA ROSE DES VENTS. A droite, AR MOR pour LA MER.
Que relevez-vous sur la face Ouest du monument ?
KER "AR MOR" (A=3), KER " AR PARK" (A=5) ou KER AR ROSKO" (A=7) ?
Tombes des naufragés de l’Hilda
Le 17 novembre 1905, l’Hilda, steamer en acier de 70 m, quitte Southampton pour St Malo. Les conditions météo sont mauvaises, pas de visibilité. Il est pris dans une tempête de neige près des côtes de St Malo, il renonce d’abord à entrer dans le port par manque de visibilité. Lors d’un semblant d’accalmie, il s’approche mais se brise sur les rochers des Courtils à l’entrée des passes de St Malo vers 4 heures du matin,
dans la nuit du 18 au 19. Presque tous les passagers et membres d’équipage meurent noyés. On recueille seulement six rescapés, accrochés aux haubans et un réfugié sur un rocher, cinq marchands d’oignons revenant de leur campagne et un matelot.
Ce naufrage déclenche une très vive émotion dans toute la France. Six corps de Roscovites sont retrouvés rapidement et leurs cercueils arrivent en gare le 22 novembre. Le corps d’Yves Simon est retrouvé à Paramé et identifié en janvier 1906.
Les sept corps sont ensuite réinhumés côte à côte dans sept tombes semblables aux coffres en granit clair. Sur les sept tombales en schiste ardoisier sont gravés le nom de chacun, l’âge et pour trois d’entre eux, le nom de leur épouse. La compagnie maritime de Londres a contribué pour moitié au paiement des concessions perpétuelles.
B = âge auquel est décédé Eugène KERBIRIOU
Tombe de Charles Marty
Après des séjours en 1868-1869 et 1870 à Roscoff, Henri de Lacaze-Duthiers décide d’y créer un laboratoire. Son garçon de laboratoire à la faculté des sciences de Paris l’accompagne. Celui-ci loge rue du quai, chez Joseph Robinaud. Il épouse la fille de lamaison, Joséphine Robinaud, en 1876. Cette année-là, Lacaze-Duthiers parvient à le faire nommer à l’année à Roscoff.
Lacaze-Duthier l’apprécie beaucoup et donne son nom à une espèce de bryozoaire récoltée en 1876-77. Son successeur, Yves Delage, a autant d’estime pour le gardien qui est cosignataire d’un de ses articles de zoologie. Il reçoit la distinction d’officier de l’Instruction publique. Trouvez sa tombe particulière et voyez l’épitaphe gravée, rédigée par Yves Delage.
C = le dernier chiffre de l'année du décès de cet homme très apprécié de la station biologique
Tombe de F.W. Stout
Contre le mur ouest est enterré le néo-zélandais Frank W.Stout, second pilote du Liberator GR. VI EV 897, abattu par l’artillerie allemande de l’Ile de Batz, le 18 juin 1944.
Quelques Roscovites ont un souvenir précis de l’évènement, en particulier ceux qui suivaient ce jour là la procession du Sacré-Cœur, sur le boulevard Carnot. Ils ont vu l’avion tourner en rond avec un ou plusieurs moteurs en feu avant de tomber en mer au nord de l’Ile de Batz. Le lundi 19 juin, les habitants de Roscoff et des environs ont bravé l’occupant en rendant hommage au copilote mais ils n’ont pas pu accompagner
sa dépouille jusqu’au cimetière. Les Allemands l’ont enterré la nuit venue. Après le départ des Allemands, le corps de F.W. Stout est exhumé et réinhumé dans un cercueil. Une première stèle est placée en 1950 mais la commission impériale des sépultures militaires britanniques constate une erreur de nom sur la plaque de marbre. Une nouvelle stèle la remplace. La famille n’a pas demandé le rapatriement en Nouvelle-Zélande ni le transfert dans un des cimetières du Commonwealth.
En 1951, Marian Crouch, Anglaise passant ses vacances à Roscoff écrit à la famille Stout : « je ne peux penser à un meilleur endroit loin de sa maison ou en Angleterre où le Flying Officer F W McD Stout puisse reposer… Nulle part on ne pourrait en prendre mieux soin que dans cet endroit béni »
D = les trois derniers chiffres de son matricule
Les coordonnées finales sont : N48°43.(A)(B-13)(C) W003°59.(D-66)
Textes extraits de « histoire de Roscoff à travers ses cimetières » de Dany Guillou Beuzit