Bourdonnais du Clézio
Jean-François Bourdonnay du Clézio est né à Pontivy en 1752. Négociant, il est membre de la communauté de la ville et est élu député de 1788 à 1789. Après avoir épousé une Concarnoise, il devient maire en 1790. En 1791, il quitte la fonction de maire mais reste dans la municipalité. Il co-signe en 1792 la lettre de reproches que la ville adresse au Roi Louis XVI. En 1794, il est membre de la municipalité du district de Pontivy. En 1795, il devient aussi capitaine de la garde nationale puis commissaire du Directoire exécutif auprès de la municipalité et enfin, commissaire du Directoire cantonal. En 1796, il redevient officier municipal puis commissaire inspecteur chargé de la vérification du courrier destiné aux localités où l'on « chouanne ». Par la suite, il semble se consacrer uniquement à son négoce. Il décède à Pontivy en 1835, à 84 ans.
Où vous vous situez se trouve la colonne des fédérés.

Description historique
Inscription sur la colonne, rappelant l'événement commémoré : "à la glorieuse mémoire des jeunes volontaires et des représentants de Bretagne et d'Anjou qui se fédérèrent à Pontivy les 19 janvier et 13 février 1790 pour adhérer solennellement à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, resserrer les liens d'une amitié fraternelle, proclamer leur nationalité française et affirmer l'unité de la patrie" ; ce texte s'accompagne de 4 autres inscriptions relatant les serments des 19 janvier et 13 février 1790, des déclarations de l'abbé Darlot, recteur de Saint-Samson, et de M.Bourdonnay du Clézio, maire de Pontivy ; le panneau de bronze figurant le serment des fédérés porte la signature : L. Chavallaud et le cachet : E. Gruet jeune fondeur Paris 44 av. de Chatillon ; l'ensemble du monument, érigé en 1894, a été inauguré en 1896 par le président de la République Félix Faure.
A votre gauche se trouve le bureau de poste

qui fut avant la prison, située juste derrière le tribunal, de Pontivy. La première décision d'implanter une prison à Pontivy date du 17 semptembre 1802. L'idée est reprise en 1805 par Chabrol pour le projet de Napoléonville. Ses travaux débuteront en 1807 et s'achèveront en 1813. Au cours de la première guerre mondiale, elle ferme puis ne rouvre que de 1936 à 1939 pour accueillir des réfugiers fuyant la guerre d'Espagne. Au cours de la 2nde Guerre Mondiale, elle est réutilisée avant de ne tomber dans l'abandon une nouvelle fois puis détruite dans les années 60.
La prison est mixte et seules les personnes ayant des petites peines de quelques mois y séjournent.

Eglise Notre Dame de Joie

Eglise de style gothique flamboyant du début du XVIème siècle.Elle a été transformée à la fin du XVIIIe siècle, grâce aux libéralités des Ducs de Rohan, ainsi qu'à la fin du XIXe siècle. Elle conserve néanmoins des parties originelles, notamment la tour d'entrée dont la façade occidentale porte la date 1533.
Reconstruite au début du XVIe siècle à l'emplacement d'une église plus ancienne, Notre Dame de Joie a été fortement transformée à la fin du XVIIIe siècle, notamment grâce aux libéralités des Ducs de Rohan, ainsi qu'à la fin du XIXe siècle afin de répondre à l'accroissement de la population des fidèles. Elle conserve néanmoins des parties originelles, notamment la tour d'entrée -exception faite de la flèche- dont la façade occidentale porte la date 1533. A l'intérieur, le retable majeur, architecturé, en marbre et tuffeau, date de 1725. L'église est également ornée d'une série de statues de saints des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, dont une partie proviendrait de l'ancien couvent des Récollets de Pontivy, aujourd'hui disparu.
Petite anecdote concernant l’époque de l’occupation nazie…
Créé en août 1931, le PNB (Parti Nationaliste Breton) est dissout le 29 juillet 1939 suite à un décret de loi d’Edouard Daladier, qui assimile la propagande nationaliste à de l’espionnage et à de la haute trahison. Certains cadres partent alors en Allemagne, menacés d’arrestation en France.
A la fin du mois de juin 1940, les Allemands s'installent à Pontivy ainsi que le PNB revenu, qui organise le 3 juillet de la même année un congrès en vue de la création d’un état breton, idée à laquelle Adolf Hitler n’était pas défavorable.
Le PNB réquisitionne le château de Pontivy, jusque-là loué par l’association sportive de la GSI.
Le 11 juillet, le gouvernement Allemand fait volt-face, soutenant le gouvernement de Vichy qui est défavorable à la création de cet état. Il est alors interdit d’évoquer en public les termes d’ “état breton”, de “nation bretonne” “d’autonomie”, de “séparatisme” ou d’ “indépendance”.
Le 23 juillet 1940, un groupe de jeunes pontivyens plante un drapeau tricolore sur le Monument de la Fédération où les séparatistes ont eux-mêmes collé des tracts. Avec le drapeau, un écriteau proclame “Bretons, voici vos couleurs”. Réplique séparatiste : le drapeau est déchiré. Deux autres le remplacent aussitôt avec de nouveau un écriteau : “Français, plus que jamais”.
Pour la troupe cantonnée au château, c’en est trop ! le 24 à minuit trente, Ange Coëtmeur, fils du Boulanger de la rue du Fil, lui-même porte-drapeau de l’UNC (Union Nationale des Combattants) est enlevé. Emmené au château, attaché à un poteau, il est roué de coups jusqu’à 10h30 du matin.
Libéré grâce à l’intervention de son père et d’Eugène Frotté (maire de la ville), l’histoire de son rapt fait le tour de la ville. La colère monte. Dans quelques jours d’ici, les Pontivyens vont lui donner libre cours en participant à la première manifestation patriotique et populaire de l’histoire de l’occupation en Bretagne.
Sources :
https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00010424
- Patrimoines et Archives du Morbihan
https://rechercher.patrimoines-archives.morbihan.fr/archive/fonds/FRAD056_00000026W
Photos anciennes : Archives municipales de Pontivy