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Les silences de la mémoire - Charles Traditional Cache

Hidden : 4/7/2023
Difficulty:
1.5 out of 5
Terrain:
1.5 out of 5

Size: Size:   micro (micro)

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Geocache Description:


Attention il y a des horaires d'ouverture: du 15 mars au 15 novembre: 8h - 18h30, du 16 novembre au 14 mars: 8h - 17h

Moi, Charles Hartignole, né le 26 Décembre 1888 à Vendresse, me suis engagé en 1915 pour vivre dans les tranchées et passer d’humain à rat.

J’ai connu dès l’âge de 7 ans la boue et la crasse, j’aidais ma mère à la ferme pendant qu’mon père n’avait rien d’autre à faire que de s’mouiller l’gosier avec ses « bons vieux copains ». Paul Hartignole qui s’appelait mon vieux, et sa « fidèle compagne » Marianne Dugadoit, ma mère. Je m’occupais surtout des bêtes, seulement 6 vaches et 2 brebis qu’on laissaient dehors qu’il pleuve ou qu’il vente, je les regardais souvent en pleurant à travers la fenêtre pendant les jours d’orages et j’suppliais les vieux d’les ramener à l’intérieur. Mais à chaque fois c’était un grand NON suivi d’un long discours méprisant sur les bêtes. Pendant qu'ma mère jouait d’la clarinette avec le voisin et qu'mon père se soûlait jusqu’à en baver et gerber d’la bière, moi je fouillais la boue pour trouver les bestiaux morts qui s’étaient fait dégosiller par les chiens.

Parfois je rêvais de tailler la pierre, je rêvais de cathédrale, d’église, il m’est même arrivé une fois de rêver de Rome. A 27 ans, après la mort du vieux, j’ai réussi à rejoindre les Compagnons, 2 mois ont passé puis un soir de Printemps j’ai rencontré Mathilde Vauxville, ma "nymphe du Printemps" comme je l’appelais. Quelques mois plus tard, on s’est mariés puis un joli petit bout de chou rose est arrivé qu'on a appelé Martin.

En 1914, la guerre était déclarée et les 3 frères de ma femme qu’étaient devenus de très bons amis ont juré de m’rapporter le casque du Kaiser, le seul truc qu’y nous ont ramené, c’était leurs tripes et leurs doigts. La guerre continuait et moi j’m’ennuyais, la radio débitait des horreurs mais moi j’voulais voir ça d’plus près alors j’me suis engagé. Dès qu’la journée a commencé, on nous a fait défiler dans la campagne pour « donner de l’espoir au peuple » qu’y disait, le seul peuple qu’on a croisé c’était deux ou trois campagnards qui pleuraient le long de la route. Quand on est entré dans la tranchée, l’odeur de mort était bien présente, les tripes et les cervelles des macchabées se mélangeaient parfaitement avec la boue, quelques heures plus tard les balles de ceux d’en face ont commencé à siffler puis ça a été au tour d'l’officier, on est sorti comme un troupeau d’moutons mais les mitrailleuses ont vite fait d’faucher la moitié du troupeau et même le berger y est passé. Malgré tout, on a réussi à s’engouffrer dans la tranchée qu’on a vite nettoyé mais l’ennemi a vite riposté et un obus m’a éclaté en deux. Actuellement, mes tripes recouvrent le sol et le sang coule de chaque trou de mon visage, je n’aurais connu que la misère et l’malheur à part la naissance d’un enfant dans cette immensité de crasse, je suis entouré de rats qui me regardent en train de me vider.

Je suis l'un d'eux, au vocabulaire un peu cru de la campagne picarde, je suis un soldat inconnu.

Cette histoire aurait pu être la sienne.

Une histoire écrite par Diego - élève en Taille de Pierre

Additional Hints (Decrypt)

Cerarm ha crh qr ercbf cbhe nibve har crafér cbhe gbhf yrf fbyqngf cnegvf gebc gôg. Cerarm ha crh qr grzcf nhffv cbhe yver yrf qrfpevcgvbaf.

Decryption Key

A|B|C|D|E|F|G|H|I|J|K|L|M
-------------------------
N|O|P|Q|R|S|T|U|V|W|X|Y|Z

(letter above equals below, and vice versa)

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