Au bout du sentier herbeux, resserré entre des clôtures de jardins à flanc de coteau et bordé dans le bas par un ruisseau, se découvre une fontaine qui ne manque pas d'intérêt.
Propriété de la commune à qui en incombe l’entretien, elle fut construite en 1817 sur une source de la rue des Oies. A cette époque, il n’y avait au village que dix-huit habitants et une dizaine de maisons. Baptisée « chambre des députés » tant les langues y allaient bon train, elle était louée à deux sous par jour et exclusivement réservée au lavage du linge dans de vastes bacs munis de pierres à lessiver.
Sous son toit d'ardoises à un seul pan, cette construction soignée fait belle impression. Deux basses fenêtres, percées dans le mur latéral orienté vers le sud, éclairent l’intérieur. Le pilier central et les pilastres terminant les murs latéraux sont réalisés en belle pierre de taille bajocienne et dotés de chapiteaux simples bien proportionnés. Le mur du fond est appuyé au talus. A l’intérieur, un vaste bac est accolé au mur pignon suivi de deux bacs également accolés au premier, l’ensemble étant muni d’une pierre à lessiver sur trois de ses côtés.
La "mare" a été aménagée et sécurisée par la commune.
La rue de la Fontaine est située au cœur de l’ancien hameau appelé Baranzy. Cette rue était anciennement nommée rue des Oies car il y en avait beaucoup dans ce quartier. Elle mène à la rue Niessen, au vivier où le bétail allait s’abreuver et à la fontaine toute proche.
Abondamment pourvu de linge apporté en dot par la jeune épouse, la plupart des ménages utilisait la provision tandis que le linge sale restait, entassé dans des mannes ou suspendu dans les greniers jusqu’au jour de la grande lessive qui se faisait 2 fois par an, au printemps et à l’arrière-saison.
Le lessivage hebdomadaire ou mensuel était alors méconnu et seulement quelques petites pièces de linge d’usage quotidien étaient lavées plus souvent.
Suivant l’importance de la famille, la grande lessive pouvait durer plusieurs jours : un pour le trempage, un pour le lessivage, un pour le lavage, un pour le séchage.
Le linge était mis à sécher sur des haies retenues à l’avance et les draps étendus sur les prés où une femme restait de faction pour remettre en place les pièces retournées par le vent et chasser les animaux. La grande plaie était alors l’apparition de mouchettes noires qui souillaient le linge.
Le repassage s’effectuait avec de petits fers chauffés alternativement, des lourds fers à braise ou des fers à « gaufre » dont la plaquette de fonte était préalablement chauffée.
Sources :
Patrimoine et Eau en Pays de Gaume - Maison du Tourisme de Gaume - Fontaines, abreuvoirs et lavoirs en Gaume - 2003.
Le Patrimoine monumental de la Belgique - Volume 19 - Arrondissement d’Arlon
M. YANS - Baranzy - Métamorphoses