
Le beurre salé et les Bretons, c’est une histoire qui dure ! En effet depuis le Moyen-Âge, et ce jusqu’à la Révolution, une taxe royale sur le sel était prélevée : la gabelle. Sans réfrigérateur et autres facilités, le sel était le moyen le plus efficace pour conserver les aliments. Produit stratégique, l’or blanc faisait donc l’objet d’un monopole géré par l’État Royal.
La Bretagne était une région exemptée de cet impôt. L’idée reçue selon laquelle la Bretagne ne payait pas la gabelle pour des raisons politiques est fausse. C’est simplement et purement pour des raisons économiques. En effet, la Bretagne est une région productrice de sel avec ses marais salants à Guérande et ailleurs. L’Ancien Régime n’avait aucun intérêt à taxer leur principale source d’or blanc.
Le sel, alors disponible à très bas coût en Bretagne, était utilisé en plus grande quantité qu’ailleurs en France. Dans un soucis de conservation et pour contrer la rance, les paysans ajoutent du sel dans le beurre et créent en même temps le beurre salé.
Amann est la traduction bretonne du mot beurre. Avec son variant amannen, l’amann provient directement du proto-celtique emb-en et témoigne donc d’une origine linguistique que l’on situerait entre -3000 et -2000 avant J.C. Cette racine ancienne se trouve également dans le sanskrit (añj) ou dans le latin (ungu-ere) qui signifient tous deux oindre. La texture du beurre se rapproche de celle de nombreux baumes et onguents et en faisait parfois même office.

Le pardon de Notre-Dame du Krann ou le pardon du beurre
Spézet est la dernière commune du pays du Poher à conserver son pardon du beurre : le premier dimanche après la Pentecôte on offre, dans sa chapelle, à Notre-Dame du Krann une motte de beurre géante sculptée et décorée de motifs traditionnels avec des moules de bois. Cette motte de beurre ancestrale était autrefois offerte par les différents quartiers de Spézet, le beurre étant distribué aux nécessiteux après le pardon (*).
Si vous avez de la chance et passez entre 14h et 17h30 (horaires dépendant de la disponibilité des bénévoles) les portes de la chapelle Notre-Dame du Krann pourraient être ouvertes et vous donner l'occasion de découvrir les statues et les rétables de la chapelle ainsi que de splendides vitraux.
Pour la petite histoire (*)
Si certains textes parlent de partager le beurre avec les nécessiteux, d'autres parlent de vente :
Une semaine avant le pardon de la santé Trinité, le fabricien de la chapelle désignait des quêteuses de beurre : trois femmes mariées et trois jeunes filles pour les trois quartiers de la paroisse. À pied, par de mauvais chemins, chaque groupe allait ainsi visiter une quarantaine de villages, certains isolés sur les hauteurs, et collecter le beurre nouvellement barraté dans de grands paniers d'osier. L'avant-veille du pardon, c'était en char a bancs que les quêteuses et leur cargaison de beurre se rendaient à la chapelle pour y confectionner de grandes mottes, exposées ensuite sur d'anciens autels en pierre.
Tôt le matin du dimanche de la santé Trinité, la foule des pardonneurs envahissait la chapelle pour trois messes basses, puis les confessions se succédaient jusqu'à la grand-messe. À l'issue de la messe, le fabricien revendait les mottes aux enchères. "Ce sont là, comme on dit, les rentes de Notre-Dame de Crann. Il serait a souhaiter que le produit en fût assez élevé pour lui permettre de faire réparer et de tenir en état son admirable mobilier que menace ruine. "
A. Le Braz
Pour trouver la cache
Pour obtenir les coordonnées finales de cette géocache indiquez dans Certitudes ci-dessous le nom du dimanche où se tient le pardon du beurre dans cette chapelle du Crann !
[Terroir & Geocaching]

Cette géocache fait partie du projet [Terroir & Geocaching] portée par l'association du même nom qui a pour but de mettre en valeur les produits du terroir. Retrouvez plus d'infos sur ce projet sur le site internet de l'association et participez vous aussi en mettant un produit du terroir en avant par chez vous !
L'association [Terroir & Geocaching] ouvre aussi ce projet à l'artisanat local. Plus d'informations sur le site internet de l'association.