Le mémorial de Bruneval est un lieu de souvenir.
Il remémore une des manœuvres alliées les plus audacieuses de la Seconde Guerre Mondiale : le Raid Britannique appelé Opération Biting, qui s'est déroulé la nuit du 27 au 28 février 1942 sur le radar allemand installé sur la commune.
Le parking prévu pour le stationnement propose quelques panneaux racontant l’histoire de ce lieu riche en événements, qui avant d’être un site de mémoire a eu sa période de villégiature, avec une tradition de bains de mer en famille.
Ici, 20 panneaux très détaillés narrent avec photos, cartes, textes explicatifs toute l’épopée du raid : en 1942, les Allemands mettent au point de nouveaux radars tout le long du mur de l’Atlantique de la Norvège au Pays basque. Après des repérages, les Anglais et les alliés décident de s’emparer de la station radar Würzburg sur les falaises d’Antifer. L’idée est d’évaluer le niveau technologique des Allemands dans ce domaine et de mettre au point un système de brouillage. En cette nuit du 27 au 28 février 1942 des avions de la Royal Air Force larguent 120 parachutistes au plus près de la station radar allemande sur la falaise d’Antifer. L’opération est un succès. Les parachutistes retournent en Angleterre par la mer grâce à la Royal Navy.
Avoir de la mémoire nous permet d’apprendre, car le passé est une source inépuisable d’apprentissages.
Sur ce site, vous verrez aussi que la terre a de la mémoire, et que le temps fait son œuvre pour elle tout autant que pour nous. Voici les questions auxquelles vous devrez répondre :
- Aux coordonnées, faites face au panneau portant le nom du mémorial. Sous les assises en bois, que constatez-vous sur la paroi ? A quoi est-ce dû ?
- A présent, retournez-vous et regardez la falaise. A votre avis, de quoi sont composées les lignes noires qui strient le blanc de la craie ?
- Sur la plage, que voyez-vous, tombé sur les galets ? A quoi est-ce dû ?
- Joignez à votre log une photo de vous ou d’un élément significatif vous représentant, près ou dans la barge de débarquement.
Le métal et le temps sur le littoral
Le fer est l'élément de transition le plus abondant, constituant 4,7 % en masse de la croûte terrestre. On ne le trouve pas sous l'état métallique à la surface terrestre. Par contre, on trouve les minerais principaux : Fe2O3 et Fe3O4. Dans l'industrie, l'extraction du fer consiste à séparer le fer de l'oxygène, et est réalisée selon un procédé utilisé dès la fin du XVIII éme siècle. Il est effectué à température élevée par un traitement de réduction par le carbone (ou coke) dans un haut fourneau (cf. figure ci-dessous). Le fer est recueilli à l'état liquide, formant en refroidissant la fonte. La fonte contient 4 à 5 % de carbone et en moindre quantité d'autres éléments (Si, Mn, P et S). La fonte est cassante, difficile à souder et peu résistante. Pour être utilisée, elle doit donc être transformée en acier.
- Propriétés
- Couleur : Le fer pur est un métal blanc argenté.
- Malléabilité et plasticité : Le fer est un métal très ductile et malléable.
- Degré d'oxydation et de réactivité
Le fer se limite aux degrés d'oxydation +2 et +3.
Le fer métallique est très sensible à la corrosion, réaction rédox sous l'action de l'oxygène présent dans l'air. Cette réaction a lieu en présence d'air humide transformant le métal en oxyde de fer (III), la rouille Fe2O3. Le mécanisme peut être décrit par les équations redox suivantes :
Oxydation:Fe𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑒+2.OH𝑎𝑞𝑢𝑒𝑢𝑥−→ Fe(OH)2𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑒+2.e−
éRéduction:2.H2O𝑎𝑞𝑢𝑒𝑢𝑥+O2𝑔𝑎𝑧𝑒𝑢𝑥+4.e−→4.OH𝑎𝑞𝑢𝑒𝑢𝑥−
L'hydroxyde de fer(II) formé est rapidement oxydé en hydroxyde de fer(III),
4. Fe(OH)2𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑒+O2𝑔𝑎𝑧𝑒𝑢𝑥+2.H2O𝑙𝑖𝑞𝑢𝑖𝑑𝑒→4. Fe(OH)3𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑒
qui se transforme spontanément en oxyde de fer(III), Fe2O3 hydraté.
2.Fe(OH)3𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑒→ Fe2O3∙3.H2O
La présence d'eau est indispensable pour amorcer la corrosion, milieu dans lequel se dissolvent les ions Fe(II) formés au cours de la réaction. Ainsi, l'eau contenant les sels de Fe(II) augmente les zones de contact entre les régions actives favorisant le phénomène (cf. figure ci-dessous). La couche d'oxyde formée à la surface ne protège pas le métal car elle se craquelle, et le processus de corrosion se poursuit conduisant à la destruction totale du métal.

Les falaises ont de la mémoire, mais ont-elles du temps ?
Les falaises géantes du littoral du Pays de Caux doivent paradoxalement leur origine à des organismes invisibles à l’oeil nu.
Au crétacé, il y a environ cent millions d’années, le niveau des océans était 200 à 300 mètres plus élevé qu’aujourd’hui. La Haute-Normandie actuelle était donc recouverte par la mer.
La craie est une roche sédimentaire d’origine marine qui résulte de l’accumulation sur les fonds marins, pendant des millions d’années, de particules calcaires issues d’algues unicellulaires. Ces particules calcaires, les coccolithes, ne mesurent que quelques millièmes de millimètre.
Plus faciles à observer et à ramasser sur les plages à marée basse, les fossiles les plus courants de la région sont les micraster, les echinocorys, les ammonites…
La baisse du niveau des mers ajoutée à la montée du plancher océanique permet aujourd’hui de découvrir les falaises de craie. Leur hauteur est très variable selon les zones, de 30 mètres à plus de 100 mètres. Les falaises sont composées de couches de craie et de lits de sile.x Localement, les falaises sont entaillées de valleuses ou vallées suspendues.
La falaise recule, de 10 à 50 cm par an, en moyenne 20 cm/an, mais de manière très irrégulière dans l’espace et dans le temps, généralement du fait d’effondrements brutaux de plusieurs centaines de mètres cube. Les basses mers de vive-eau découvrent parfois un abrupt de plusieurs mètres de hauteur lorsque des niveaux durcis sont présents dans la craie. Des incisions profondes, appelées « carniaux« , sont disposées dans le sens de la pente, abritant une riche faune.

L’érosion
Les éboulements ont des causes diverses mais on peut en retenir trois principales :
– l’érosion continentale : l’eau de pluie pénètre dans le massif crayeux et élargit les fissures par une action de dissolution. De plus, lorsqu’il gèle, cette eau contenue dans la falaise se dilate pour se transformer en glace et fait éclater la roche. La falaise ainsi fragilisée finit par s’ébouler.
– l’érosion marine : le ressac des vagues, la projection des galets contre la falaise creusent le pied de falaise.
– l’érosion biologique n’intervient pas directement sur la falaise mais sur le platier rocheux, en avant de la falaise. Là, des organismes marins comme les vers attaquent la roche en y creusant des galeries. Les pholades, des bivalves, s’enfoncent aussi dans la craie et fragilisent le platier. Le platier diminue, ce qui permet à l’action marine d’avoir un impact plus fort sur le pied de falaise.