Cette description est un extrait du site officiel de la commune de Montesquiou (https://montesquiou.org/presentation/) sur l'histoire du village, le castelneau, l'église saint-martin du village et la chapelle du cimetière mise en valeur par cette cache.
Histoire
Ce castelnau qui s’étire sur la crête d’un coteau surplombant I’Osse, fut un site de prédilection pour la surveillance et la défense dès l’époque néolithique. Montesquiou, de l’occitan « esquiu » : « sauvage, farouche », difficile à attaquer, a donné son nom aux barons de Montesquiou, dont descendront Blaise de Montluc et d’Artagnan.
Montesquiou participe à l’Histoire au Moyen Age, pendant les Croisades, la Guerre de Cent Ans, les Guerres de Religion et, sous Louis XIII, à l’époque des Mousquetaires. Pendant le règne de Louis XIV, les Bordes du Haget sont officiers dans les armées du roi. Au XIXème siècle, les familles Barris et Lacave-Laplagne donneront d’éminents juristes au Conseil d’Etat et à la Cour des Comptes.
Le castelnau
Vers l’an 1000, l’ancienne forteresse gallo-romaine qui avait protégé les populations des grandes invasions barbares au Vème siècle, normandes et sarrasines (820-990) est remplacée par un château et des remparts sur les trois versants nord, ouest et sud. Le château fermait l’accés à l’est.
Raymond Aimery, fondateur de la famille des barons de Montesquiou fortifie le village autour du château pour rassembler les habitants, mieux les défendre et les protéger. Le village, castelnau à l’ouest et barry à l’est, s’articule autour d’une rue centrale qui aboutissait à deux portes fortifiées. Celle de l’Ouest est toujours là avec les remparts de l’enceinte fortifiée C’est alors le chef-lieu de la baronnie d’Angles, devenu après la Révolution de 1789, canton de Montresquiou.
Au cours des siècles, la baronnie restera dans la même famille. Blaise de Montluc, son fils Fabien et son petit-fils Adrien vinrent y finir leurs jours après leurs campagnes militaires au XVI ème siècle.
Vendu, acheté, le château fut repris par Anne-Pierre de Montesquiou-d’Artagnan (1739-1798). Après avoir été lieutenant des armées, académicien, député et général, il fut exproprié de son château familial pendant qu’il commandait l’armée du Midi en Savoie et dans le Milanais.
Par un décret du 9 ventose an II (27 janvier 1794), le château médiéval fut saisi et vendu aux enchères. Pour l’honneur des Montesquivais, les premières tentatives de vente publiques furent vaines et c’est un cordonnier auvergnat qui acheta la batisse principale qu’il démolit. Les matériaux furent employés pour bâtir et faire des chemins. On retrouve des élément sculptés dans les façades de plusieurs maisons de la place.
La rue centrale, entre le château et l’église, allait de la Porte à l’est, hélas démolie après la Révolution, à la Porte fortifiée à l’ouest dans les remparts. C’est la partie remarquable du castelnau. On voit encore, dépassant les toits des maisons, une tour massive qui était accolée au donjon.
En contrebas de la Porte fortifiée, la Grangette est une belle maison Art Déco en bordure des Promenades. L’actrice Joséphine Baker y passa des vacances dans les années 30 avec la famille Dupeyron.
Remontant vers l’est du castelnau, la rue du Barry (faubourg en gascon) est bordée de belles maisons construites du XVIIème au XIXème siècle.
L’église Saint Martin
De l’église construite au XIIe, orientée à l’Est, il reste la tour carrée du clocher, haute de 12,60 m en moyen appareil et quelques éléments du mur sud. Au XVème, le chœur a été agrandi par Jean 1er de Montesquiou et son épouse Catherine d’Aspremont qui voulurent une église « plus digne de Dieu ». Ils entreprirent la construction du choeur et des chapelles latérales en 1491. Les voûtes furent bâties en pierre avec de vigoureuses nervures toujours visibles aujourd’hui. Les armoiries des barons de Montesquiou sont à la clé de voûte.
En 1828, le toit du clocher est détruite par un incendie et remplacé par une flèche en charpente couverte d’ardoises. La flèche actuelle en éteignoir ne correspond pas au style du pays, mais finalement fait partie du paysage de notre village.
Le mur nord est en pierres de moyen appareil, le portail en arc brisé a un seul battant. Le mur sud en crépi tout venant est prolongé par le mur du clocher qui s’intercale avant le mur de la chapelle sud. On devine, cachés par les murs de la maison voisine, les deux contreforts qui, de chaque côté, soutiennent le chevet plat. Le mur pignon de l’ouest à fronton triangulaire a un oculus situé en haut. Le portail est gothique dont l’archivolte est soutenue par deux consoles sculptées de basilics accroupis . A l’intrados, deux voussures elliptiques sont posées sur les chapiteaux de colonnettes engagées.
Avant la Révolution le clocher avait cinq cloches. Une seule échappa à la fonte: « Hadriane » donnée en 1787 par Anne-Pierre de Montesquiou. Une cloche moyenne est suspendue sous la croix de fer, au sommet du clocher. Elle provient de l’ancienne église Si Martin du hameau de Pis. Les deux autres furent données par Raymond Lacave-Laplagne-Barris, président de Cour de Cassation et son fils Cyprien Lacave-Laplagne-Barris.
En 1844, la paroisse reçut un don de 12000 francs-or qui permit de reprendre les travaux de la nef. Ceux-ci furent conduits par un agent voyer « particulièrement ignorant en architecture et d’un goût détestable ». Le curé doyen obtint de rabaisser le sol de la nef par rapport au chœur. On creusa alors à 70 centimètres et on enleva toutes les sépultures des siècles passés qui furent transportées au cimetière.
L’intérieur de l’église:
La rosace et de part et d’autre les trois fenêtres à vitraux de couleurs vives sont modernes. (R.G. Létienne 1959)
Les murs nord et sud sont peints de motifs religieux ou végétaux. A leur base, un lambris de bois et marbre.
Dans le mur nord, la crédence est ornée de moulures de style flamboyant, rehaussées de peintures.
La nef est séparée des deux bas-côtés par des colonnes cylindriques en bois peint, imitant le marbre. Elles sont posées sur des soubassements en pierre et supportent la voûte en berceau au-dessus de la nef, avec des plafonds à caissons au-dessus des bas-côtés. La voûte et les caissons sont du XIX ème en bois peintt.
De part et d’autre du sanctuaire, les chapelles : au nord, N.D. du Rosaire ; au sud, Notre-Dame de Pitié.
Le chœur est précédé d’un arc triomphal, soutenu par quatre colonnes engagées sans base. La voûte gothique flamboyant est remarquable: liernes et tiercerons, par l’intermédiaire de neuf clés dessinent une étoile ; ces clés portent des armoiries : au centre, celles des barons de Montesquiou. Les voûtes des chapelles ont chacune six clés.
La Chapelle du Cimetière
Au cimetière, la Chapelle dédiée à St Fabien et St Sébastien fut construite en 1817 à l’initiative de Jeanne-Marie Barris et de son frère Joseph-Lupercule.
Restaurée en 2015, on remarquera son joli clocher et les belles proportions de cet édifice. A l’intérieur, l’autel est surplombé d’un rétable sur bois représentant la Crucifixion du Christ entouré par sa Mère et les saints patrons de la chapelle Sébastien et Fabien. Sur les murs blanchis à la chaux sont peints les noms des familles et des consuls au XIVème et XVIIème siècle, des curés et vicaires et des maires depuis la Révolution et la généalogie des barons de Montesquiou depuis le XIème siècle. Beaucoup de familles montesquivaises y retrouvent leurs ancêtres. Plusieurs tombes de prêtres de la paroisse sont dans la chapelle.
La réhabilitation de la chapelle (toiture, carrelage, peintures, rétable et autel) a été réalisée grâce aux dons des familles de Montesquiou via la Fondation du Patrimoine, du sénateur Aymeri de Montesquiou et aux aides de l’État, de la Région et du Département.