| La chapelle Saint-Hubert de Bois-d'Haine fut construite en 1755.
D'aucuns prétendent que sa construction eut pour origine un accident survenu à ce carrefour • L'affirmation est évidemment invérifiable, contrairement à celle qui veut que les chasseurs de la région s'y réunissaient le 3 novembre, jour de la fete patronale. Il semble que le village de Bois d'Haine ait constitué de temps immémorial, un lieu de rendez-vous prisé des chasseurs. La proximité du bois de la Haie du Roeulx en est une explication plausible. Par ailleurs, une tête de cerf gravée sur la pierre tombale de l'épouse du seigneur de la motte, datant de 1619, nous indique formellement l'importance de la chasse en ces lieux. Cette pierre, mise récemment en valeur, est visible à l'église.
La chapelle est surmontée d'un linteau cintré muni d'une pierre dont la forme est celle d'un demi-hexagone surbaissé. On peut y lire l'inscription suivante dont la signification reste inconnue: 2HPZ DIEU PX 1755
Malgré la présence des bâtiments voisins, elle est exposée aux vents dominants et de ce fait, particulièrement vulnérable. Un premier ravalement eut lieu après la guerre 1914-1918. Elle prit alors probablement l'aspect que lui attribue la description suivante datant de 1950: "Construite en moellons, pierres et briques, elle est couverte d'ardoises et son état laisse plutôt à désirer.... Il est assez regrettable que l'édifice soit couvert extérieurement d'une couche de ciment, nécessitée sans doute par l'humidité"
Nous appuyant sur ce qui précède, nous pouvons prétendre que son allure actuelle suggère une seconde restauration plus récente. De fait, d'importants travaux furent entrepris et menés à bien en 1957. Aujourd'hui, l'intérieur de la chapelle Saint-Hubert est faiblement éclairé par deux fenêtres latérales munies de vitraux et jadis équipées de barreaux. L'autel est celui de l'ancienne église de Bois d'Haine. En 1950, s'y trouvaient encore une statue en bois de saint Hubert en habits épiscopaux haute de 70 centimètres, une autre statue équestre avec chiens, un Ecce Homo en bois, bras liés et pied droit posé sur une tête grimaçante ainsi que diverses pièces de médiocre valeur. Un reliquaire contenait un morceau de vêtement. Depuis plusieurs années, seule subsistait une miniscule statue du saint.
D'après le curé Niels, celle-ci l'entretenait, la fleurissait et la garnissait. Petites, Louise et ses deux soeurs, selon un écrit de Paul Vrignault de 1890, jouaient "sur une grosse pierre ouvragée qui se trouve près de la chapelle de Saint-Hubert".
Cette pierre connut divers avatars qui méritent d'être contés. Une photographie récente nous la présente sous la forme d'un socle de base octogonale gravé d'inscriptions gothiques et creusé en son centre d'un orifice carré. Selon toute vraisemblance, il s'agit d'une ancienne pierre de potence qui figurait d'ailleurs sur les cartes militaires anciennes. Au début de ce siècle, M. Carton de Familleureux sollicita Mare Felix, secrétaire communal de l'époque, pour qu'il obtienne des autorités municipales la permission de recueillir à ses frais "cette vieille pierre abandonnée" qu'il croit être "le socle d'une statue antique sans doute érigée là dans les siècles passés" et qui " possède encore une inscription gothique circulaire mais devenue presque illisible."
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