Cette cache ne contient pas de stylo
Dans cette chapelle se trouve la tombe d'un grand chef chouan mayennais, surnommé Grand-Pierre. Marin-Pierre Gaullier dit Grand-Pierre, né à Morannes le 6 mars 1766, mort à Bouère le 9 avril 1817, colonel dans l'Armée catholique et royale du Maine, était l'un des chefs des chouans en Mayenne. Il dut son surnom à sa taille de près de 6 pieds (soit environ 1,95 m), à son grade, son instruction, sa bravoure et sa prudence
il est probable qu'il alla rejoindre les Vendéens, ou se joignit à eux, au mois de juin 1793, lorsqu'ils occupèrent Angers. Après la bataille de Savenay, il vint avec Sarrazin, Jacques Bruneau de la Mérousière, d'Anthenaise, de Terves et autres, se cacher autour de Segré et prit part aux premiers combats livrés par les chouans d'Anjou aux républicains.
Quand Sarrazin envoya Jacques Bruneau de la Mérousière pour soulever les royalistes des environs de Chàteauneuf, il le suivit et devint son lieutenant.
Commandant de la 5e division de l'armée de Scépeaux avec comme lieutenants Louis Coquereau (frère de Joseph-Juste Coquereau), Chevreul, Pichon et Mercier. Il réunissait la compagnie de Fromentières avec Lezay dit Sabretout, Mercier, Mathurin Garreau, celle de Ruillé avec Michel Menant dit Francœur, celle de Bouessay avec Rozay dit La Gaîté, de Bouère avec Poirier dit La Justice, de Bierné avec Renard dit Giroflée de Souvigné avec Leroy dit Risque-Tout d'Auvers-le-Hamon, avec Chevreul dit Armand.
Sa division, solide et aguerrie, tint la campagne de février 1795 jusqu'à la pacification d'avril 1796. Fin mai 1796, Gaullier conduisit une partie de ses hommes jusqu'au château de Beaumont à Saint-Laurent-des-Mortiers pour le désarmement, et les fit manœuvrer devant le général Delaage, qui fut surpris de leur bonne tenue et de leur instruction militaire5.
Retiré à Bouère, Grand-Pierre, exposé à des vexations continuelles et même décrété d'arrestation le 21 novembre 1797, se cacha, et, dès le premier appel des chefs royalistes, se mit de nouveau à la tête de sa division qui compta 2400 hommes. Dans l'armée catholique et royale du Maine du général de Bourmont, en 1799-1800, il commande la 1re légion (Château-Gontier)
Il refusa l'année suivante de rentrer dans l'armée avec un grade correspondant au sien. Lors des Cent-Jours, il reprit les armes. Louis XVIII le nomma Chevalier de Saint-Louis, lui donna une pension de 900 francs., et en 1817, des lettres de noblesse, pour lui et son fils. Il mourut cette même année, le 9 avril.
Ses exploits ont servi à Victor Hugo pour son roman Quatre vingt-Treize:
« [...] Sachez d’abord que monseigneur le marquis, avant de s’enfermer dans cette tour où vous le tenez bloqué, a distribué la guerre entre six chefs, ses lieutenants ; il a donné à Delière le pays entre la route de Brest et la route d’Ernée ; à Treton le pays entre la Roë et Laval ; à Jacquet, dit Taillefer, la lisière du Haut-Maine ; à Gaullier, dit Grand-Pierre, Château-Gontier ; à Lecomte, Craon ; Fougères, à monsieur Dubois-Guy, et toute la Mayenne à monsieur de Rochambeau ; de sorte que rien n’est fini pour vous par la prise de cette forteresse, et que, lors même que monseigneur le marquis mourrait, la Vendée de Dieu et du Roi ne mourra pas. [...]10 »