
L'église Sainte-Gertrude
Un diplôme de 1187 par lequel l’archidiacre de l’église Saint-Lambert à Liège approuve la donation de l’église de Gentinnes à l’abbaye de Bonne-Espérance, en Hainaut, est la première trace documentée de l’église. Plusieurs bâtisses se succéderont au même lieu. En 1863, le plan de la reconstruction partielle de l’église est approuvé par la Commission royale d’art et d’archéologie. L’architecte provincial Émile Coulon a conservé la tour de 1784 et ses annexes et a dessiné les agrandissements de l’église dans le style néoclassique. Le chevet gothique disparaît. L’église doit pouvoir réunir 750 personnes, selon la très ferme volonté du bourgmestre et en dépit du très vif désir du curé de garder son église en l’état. La reconstruction se terminera en 1865. Le bourgmestre meurt la même année. Le curé avait déjà démissionné en 1863. Conflit épique. Personne n’est gagnant. En 2018, un grand vitrail créé par Bernadette Bihin, financé par un mécénat privé et d’entreprise, est placé dans le chœur de l’église. Il représente la réconciliation, c’est-à-dire la concorde, l’entente, la paix. 2. Les fonts baptismaux romans de l’église Sainte-Gertrude Les fonts baptismaux de l’église Sainte-Gertrude à Gentinnes ont leur place dans l’histoire de la statuaire romane au niveau européen. Ils sont datés du 12e s. En pierre de Meuse, ils possèdent une ornementation sculptée dans la masse représentant une scène et des motifs champêtres symboliques ainsi que les représentations – également symboliques – des quatre évangélistes : le lion (Marc), l’Homme (Mathieu), le taureau (Luc) et l’aigle (Jean). 3. L’ancienne cure Projet du presbytère de Gentinnes dessiné par Émile Coulon en 1869. (Source : Liège, Centre d’Archives et de Documentation de la CRMSF, fonds de la CRMSF – dossier Chastre 1.6.) Promenade à la découverte de Saint-Géry et de Gentinnes ● Juillet 2020 ● 7 La saga de la construction d’un nouveau presbytère à Gentinnes est à l’inverse de celle de l’église. Le curé le veut, le conseil communal n’en veut pas. Demandé en 1857 pour remplacer une bâtisse du 18e s., le presbytère sera finalement construit en 1869, d’après les plans de l’architecte provincial Émile Coulon, également auteur des plans de la nouvelle église en 1863. Le presbytère du 18e s. se signalait par une tour-porche majestueuse. Le nouveau presbytère, devenu une résidence privée depuis 2017 et magnifiquement restauré, répondra aux désirs de la Commission royale d’art et d’archéologie, qui soulignait (1862) : les auteurs [de projet] sont notamment invités à ne pas perdre de vue qu’il importe de donner aux presbytères un caractère spécial qui ne permette pas de les confondre avec les habitations particulières. C’était réussi, dans un style soigné et attrayant.

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