
Après une longue journée de géocaching, Christian et Maria décidèrent de faire une pause dans un chalet pour déguster une tartiflette bien méritée. Christian, en grand amateur de fromage, se laissa emporter… une assiette, puis deux, puis trois.
"Christian… tu devrais peut-être ralentir, là," dit Maria en le regardant vider sa troisième assiette.
"Je maîtrise la tartiflette, t’inquiète," répondit-il fièrement, en tapotant son ventre bien rempli.
Mais quelques minutes plus tard, son visage changea. Une douleur soudaine lui tordit le ventre.
"Maria… je crois que… que…" Son teint vira au blanc. "URGENCE ! JE REVIENS !"
Il s’élança dans les bois et s’accroupit derrière un buisson.
Première explosion. Puis une deuxième. Une troisième. Et… une quatrième.
Christian n’avait jamais autant regretté une décision gastronomique.
Alors qu’il essayait de reprendre ses esprits, il sentit des regards posés sur lui. Il releva la tête lentement… et vit quatre écureuils alignés sur une branche, le fixant comme un jury silencieux.
"Non… pas vous… PAS MAINTENANT !" murmura-t-il, au bord des larmes.
Le chef des écureuils s’approcha et posa devant lui quatre grandes feuilles.
"Tiens. Fais-en bon usage," dit-il d’un ton sérieux.
Christian, sous le choc, attrapa les feuilles. "Euh… merci ?"
À peine eut-il le temps de souffler qu’un deuxième écureuil, plus agressif, se mit à lui lancer huit noisettes, directement dans ses noisettes.
"AÏE ! MAIS T’ES MALADE OU QUOI ?!" hurla Christian en essayant de protéger son honneur.
L’écureuil haussa les épaules. "T’es entré sur notre territoire. Considère ça comme un droit d’entrée."
Alors qu’il se remettait de cette attaque sournoise, un autre écureuil, plus vieux et marqué par la vie, s'approcha et le regarda droit dans les yeux.
"Moi, j’ai eu des problèmes avec la Team Écureuil," dit-il d’une voix rauque. "Depuis… je leur sectionne le troisième doigt."
Mais c’est là qu’un bruit de portière se fit entendre derrière lui. La porte s’ouvrit lentement et une femme avec de longues tresses, une mini jupe, tout droit sortie du pont apparû.
"Bon sang, ça fait sept heures que je dors là-dedans… C’est pas bon pour le dos."
Puis elle posa enfin son regard sur Christian, toujours accroupi derrière son buisson.
Un silence gênant s’installa.
Olga cligna des yeux. "Ah. Une urgence champêtre, hein ?"
Christian, mort de honte, ne répondit pas.
Olga sortit alors un énorme tas de magnifiques grandes feuilles, qu’elle tenait soigneusement dans un sac.
"Tiens, gamin. J’ai toujours ça avec moi. Faut être prévoyant ! ."
Christian, en larmes, prit les feuilles. "Vous êtes un ange, Melle…"
Olga haussa les épaules. "On a tous connu des tartiflettes traîtresses." Puis elle remonta dans sa voiture et disparut dans un nuage de fumée.
Finalement, Christian réussit à s’essuyer dignement, éviter d’autres projectiles et quitter le buisson avec le peu de dignité qu’il lui restait.
Maria, qui avait suivi la scène de loin, pleurait de rire. "Alors, ça s’est bien passé ? Tu t’es fait de nouveaux amis ?"
Christian, encore sous le choc, hocha la tête.
Maria tapota son épaule. "Allez, viens. Mais la prochaine fois, tu manges UNE assiette. Sinon, tu risques de perdre un doigt toi aussi."
N 47 34.


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