Côté pile, le château de Labuissière est mentionné pour la première fois en 1217, ce qui en fait le plus ancien édifice du Béthunois-Bruaysis. À l'origine, il s'agissait d'une demeure de plaisance appartenant aux seigneurs de Béthune, perchée sur une colline boisée connue sous le nom de Mont-Royal.
En 1309, Mahaut d’Artois hérite du comté et perçoit le potentiel stratégique du site. Dès l'année suivante, elle fait ériger un donjon de vingt mètres de haut, doté d’une salle des gardes voûtée à sa base. Le château restera habité jusqu’au décès de la dernière comtesse le 6 octobre 1910. Par la suite, il est laissé à l'abandon jusqu'en 1917, année où la compagnie des mines de Bruay en fait l’acquisition afin d’y installer les bureaux de la Société béthunoise d’éclairage et d’énergie. Durant les deux guerres mondiales, le château devient un poste occupé successivement par les forces britanniques, allemandes et françaises.
En 1963, l’État en prend possession pour le compte du ministère de la Justice. Mais le coût élevé d’une restauration entraîne rapidement la démolition de l’édifice. En 1964, seul le donjon construit sous Mahaut d’Artois est épargné et sera inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en avril 1965.
Aujourd’hui, ses quatre-vingt-quatorze marches restent interdites au public.
Côté face, sur le flanc EST de ce domaine de plusieurs hectares, le paysage oscille entre des bâtiments vides et décharnés d’un côté, et une clôture grillagée s’étirant à perte de vue de l’autre. Derrière, un terrain de basket et deux bâtisses aux couleurs tristes semblent comme pris au piège. Un chemin traverse ce décor désenchanté. Puis entre les grilles, une porte surmontée d’une plaque à l’effigie du ministère de la Justice se dévoile. Bienvenue au Centre éducatif fermé (CEF).