
Par cette earthcache, nous vous proposons une petite balade au fond du Canyon de Bozouls à la découverte d'une particularité géologique au sein de cette incroyable particularité géologique que représente ce 'Trou".
Afin d'accéder à la cache, nous vous suggérons un parking, accessible en fonction de la fréquentation. De là, vous pourrez descendre dans le canyon en empruntant la rue des Angles. Après avoir traversé le pont, dirigez-vous vers la droite en parcourant le sentier au fond du gouffre. Vous pourrez, selon la période de votre visite et les précipitations hydriques récentes découvrir la cascade des fées peut être en activité.
Après avoir complété le "fer à cheval", vous pourrez traverser le Dourdou sur les quelques rochers prévus à cet effet lorsque le niveau d'eau n'est pas très haut. Auquel cas, il faudra vous mouiller (-;.
Vue d'ensemble :
Faisant partie des sept merveilles du Rouergue, le Canyon de Bozouls correspond à un méandre encaissé du Dourdou qui aura progressivement érodé la roche calcaire environnante. Cette reculée karstique en forme de doigt de gant présente des mensurations impressionnantes avec près de 400m de diamètre pour une profondeur avoisinant les 100 m.

Formation du Canyon :
Au cours du Lias, lorsque la mer était présente dans la région (mer peu profonde pendant environ 130 millions d'année), des sédiments calcaires se sont progressivement déposés pendant plusieurs millions d'années et, par diagénèse, se sont transformés en roche calcaire (calcaire détritique). Le calcaire est une roche compacte, dense de couleur claire à grise composée de débris englobé dans une matrice microgrenue.
Une fois le retrait de la mer effectué, le plateau calcaire du Causse Comtale, de faible altitude, ainsi constitué a commencé à subir un lent processus d'érosion qui abaissera petit à petit son niveau. Le temps verra se constituée des zones d'accumulation hydriques : méandres et zones marécageuses dont l'évacuation ne se ferra que très difficilement du fait de la platitude locale.
Ce n'est qu'il y a environ 30 millions d'années que l'activité érosive se met réellement en marche. En effet, l'orogénèse alpine entraîne alors la surélévation de tout le domaine sud-ouest du Massif Central et son basculement vers le Bassin Aquitain. C’est à la faveur de ce basculement que les cours d’eaux reprennent de l’énergie et surcreusent leurs anciens tracés en s’enfonçant dans leur soubassement : ainsi s’individualisent les vallées encaissées du Lot, de Dourdou et de l’Aveyron.
Un autre évènement aura également accentué les phénomènes énergétiques du Dourdou avec l'apparition il y a environ 6 à 7 millions d'année, par jeu tectonique de la faille de Villecomtal (ou faille de Kaymar) qui accentuera encore l'enfoncement du plateau calcaire favorisant de ce fait le débit du Dourdou et donc les processus érosifs. Actuellement, au niveau de Bozouls, la rivière franchit un dénivelé de 50 mètres sur environ 1 km de longueur.

L’eau est pratiquement absente de la surface des causses, car elle disparaît immédiatement dans les fissures, grandes et petites, qui garnissent les entablements calcaires ; elle se rassemble au dessus de niveaux marneux imperméables, où elle forme des nappes aquifères qui débouchent dans les entailles des vallées par des résurgences.
Formation du Tuf :
Comme vu précédemment, peu d'eau reste en surface du plateau et l'essentiel s'infiltre dans le réseau karstique calcaire. Les eaux ainsi infiltrées, dites de percolation, se chargent en minéraux. Lors de leur issues dans les cavités sous-terraines, celle-ci peuvent former des spéléothèmes (stalactites, stalagmites, draperies, etc ....)
Lorsque l'eau émerge de la roche à l'air libre, celle-ci, très chargée en calcaire, mais également en CO2 dissous, perd brutalement du dioxyde de carbone (CO2), ce qui déplace l'équilibre vers la droite de l'équation chimique ci-dessous, avec formation de calcaire (CaCO3). La photosynthèse (présence d'algues, de mousses, de bactéries qui absorbent le CO2) déplace cet l'équilibre dans le même sens que le dégazage physique, ce qui amplifie la précipitation de calcaire. Par ailleurs, les végétaux et leur cortège de baxtérie sur lesquels vont se déposer les cristaux lors du ruissellement vont servir de support de cristallisation ( biofilm).
La précipitation suit la réaction : Ca2++2(HCO3−)↔CaCO3+CO2+H2O
La roche sédimentaire ainsi formée prend le nom de tuf calcaire ou travertin.
L'aspect de tuf est marqué par la présence de vacuoles aériques très nombreuses de taille variable. La couleur varie du blanc à jaune-ocre en fonction de la présence et de l'importance d'oxydes ferriques.

De nombreux facteurs influencent la formation de tuf calcaire :
-une faible profondeur : si le cours d’eau est très agité et peu profond, le contact entre l’air et l’eau est important, ce qui favorise la formation des tufs.Le tuf s’accumule préférentiellement sur les obstacles, entraînant la formation de barrages s’amplifiant progressivement au fil du temps.
-la température de l'eau et le climat tempéré du milieu vont faciliter la formation du tuf.Une eau chaude contient plus de CO2 et dissout plus de calcaire lors de son trajet souterrain. Elle transportera plus de calcium dissous et fabriquera plus de tuf.
- l’ensoleillement en permettant une meilleure croissance des végétaux, entraîne une surconsommation de CO2 et favorise ainsi la formation des tufs autour d’eux.
-la présence de végétaux aquatiques: la présence de CO2 dissous dans l’eau favorise la croissance des végétaux. De fait, la précipitation du calcaire s’en trouve accélérée car ses derniers l’absorbent pour leur croissance.
-l’absorption du CO2 au cours de la photosynthèse favorise la précipitation du calcaire.
-la structure des plantes :l’organisation en maille des cellules des algues et des mousses favorise la fixation des cristaux de carbonate de calcium.
-la présence d’embâcles : le carbonate de calcium aura tendance à se déposer là où un obstacle rend le lit du ruisseau un peu moins profond ou encombré.
Dans ce cas, l’eau coule plus vite et est plus agitée; elle se dégaze mieux favorisant ainsi la précipitation du calcaire.
Question pour valider cette earthcache.
WP1 : Vue "Macro."
Après avoir traversé le Dourdou sur le passage à gué, dirigez-vous vers le cabanon situé après les "tables" rocheuses.
1 - Observez l' "orgue" tuffique et comparez-le à la roche environnante de la falaise. Quel est le rapport de dimension avec la falaise ? Quelles différences pouvez-vous constater ? (texture supposée, couleur d'ensemble, présence d'éléments supplémentaires, présence de strates)
2- Observez de près les "tables" rocheuses autour de vous. Selon vous, de quelle roche sont-elles constituées ? Sur quels arguments ?
3 - Prenez une photo de vous sur place en noir et blanc avec l'orgue en fond. Vous pouvez ( non impératif), histoire de rire un peu, utiliser le dispositif "souvenir" fourni sur place ( cf photo). Vous pourrez joindre cette photo à votre log pour valider votre log conformément aux Guidelines de 2019. Si vous préferez ne pas montrer votre visage, une photo d'un objet vous appartenant avec l'orgue en fond en noir et blanc sera acceptée.

WP2 : vue "Micro."
L'observation des Orgues de manière rapprochée n'étant possible; la zone n'étant pas accessible autrement qu'aux chèvres qui en font l'entretien, nous vous proposons une étude déportée. Après avoir retraversé le gué et emprunté le chemin du retour, traversez le pont et, en face de vous, se présentera une nouvelle formation (WP2).
3 - Observez la roche dans ses détails et décrivez là. Aspect, couleur, dureté/friabilité. Cela correspond t'il à l'aspect "macroscopique" observé sur les colonnes de l'orgue. Justifiez votre réponse.
4 - qu'est ce que cela implique quand à l'origine de la formation du Wp 2 ?
5 - A l'aller et au retour, vous serez donc passez devant la cascade des fées. Peut être aurez-vous pu la voir active ? Avez vous pu observer des formations tuffiques ? Pourquoi selon vous ?
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
For this earthcache, we suggest a short walk to the bottom of the Bozouls Canyon to discover an incredible geological feature: the "Hole."
To access the cache, we suggest an accessible parking lot. From there, you can descend the canyon on Rue des Angles. After crossing the bridge, head right into the park via the path at the bottom of the chasm. During your visits and during the recent rainfall, be sure to check out the Festivities Waterfall.
After crossing the "horseshoe," you can cross the Dourdou River on the rocks that are supposed to have this effect at the highest water level. In this case, you'll have to get wet (-;).
Overview:
One of the Seven Wonders of Rouergue, the Bozouls Canyon is a steep-sided meander of the Dourdou River that gradually eroded the surrounding limestone rock. This karst gorge, shaped like a glove finger, boasts impressive dimensions, measuring nearly 400 meters in diameter and nearly 100 meters deep.

Canyon Formation:
During the Liassic Period, when the sea was present in the region (shallow for approximately 130 million years), limestone sediments were gradually deposited over several million years and, through diagenesis, transformed into limestone rock (detrital limestone). Limestone is a compact, dense, light to gray rock composed of debris embedded in a micro-grained matrix.
Once the sea retreated, the low-lying limestone plateau of the Causse Comtale, thus formed, began to undergo a slow process of erosion that gradually lowered its water level. Over time, water accumulation zones developed: meanders and marshy areas, whose drainage was very difficult due to the local flatness.
It wasn't until about 30 million years ago that erosive activity really began. Indeed, the Alpine orogeny led to the elevation of the entire southwestern Massif Central and its shift towards the Aquitaine Basin. It was through this shift that rivers regained energy and deepened their former routes by plunging deeper into their bedrock: thus, the steep-sided valleys of the Lot, Dourdou, and Aveyron were formed.
Another event also accentuated the energetic phenomena of the Dourdou with the appearance, around 6 to 7 million years ago, of the Villecomtal fault (or Kaymar fault), due to tectonic action. This further accentuated the subsidence of the limestone plateau, thereby promoting the flow of the Dourdou and thus erosive processes. Currently, at the level of Bozouls, the river crosses a drop of 50 meters over approximately 1 km in length.

Water is virtually absent from the surface of the causses, as it disappears immediately into the large and small cracks that line the limestone entablatures; it collects above impermeable marl levels, where it forms aquifers that flow into the valley notches via resurgences.
Formation of Tuff:
As seen previously, little water remains on the surface of the plateau, and most of it infiltrates into the limestone karst network. The water that infiltrates, known as percolation, becomes laden with minerals. When it emerges into underground cavities, it can form speleothems (stalactites, stalagmites, draperies, etc.).
When water emerges from the rock into the open air, the rock, which is heavily laden with limestone and dissolved CO2, suddenly loses carbon dioxide (CO2), shifting the equilibrium to the right in the chemical equation below, with the formation of limestone (CaCO3). Photosynthesis (the presence of algae, mosses, and bacteria that absorb CO2) shifts this equilibrium in the same direction as physical degassing, amplifying limestone precipitation. Furthermore, plants and their procession of Baxteria, on which the crystals will be deposited during runoff, will serve as a support for crystallization (biofilm).
Precipitation follows the reaction: Ca2++2(HCO3−)↔CaCO3+CO2+H2O
The sedimentary rock thus formed is called calcareous tuff or travertine.
The tuff appearance is marked by the presence of numerous air vacuoles of varying size. The color varies from white to yellow-ochre depending on the presence and importance of ferric oxides.

Many factors influence the formation of calcareous tufa:
- Shallow depth: If the river is very choppy and shallow, there is significant contact between air and water, which favors the formation of tufa. Tufa preferentially accumulates on obstacles, leading to the formation of dams that gradually increase over time.
- Water temperature and the temperate climate of the environment facilitate the formation of tufa. Warm water contains more CO2 and dissolves more limestone during its underground journey. It will carry more dissolved calcium and produce more tufa.
- Sunlight, by allowing better plant growth, leads to overconsumption of CO2 and thus promotes the formation of tufa around them.
- The presence of aquatic plants: The presence of CO2 dissolved in the water favors plant growth. In fact, limestone precipitation is accelerated because plants absorb it for their growth.
-CO2 absorption during photosynthesis promotes limestone precipitation.
-Plant structure: The mesh-like organization of algae and moss cells promotes the fixation of calcium carbonate crystals.
-The presence of ice jams: Calcium carbonate will tend to be deposited where an obstacle makes the stream bed slightly shallower or clogged.
In this case, the water flows faster and is more agitated; it degasses better, thus promoting limestone precipitation.
Question to validate this earthcache.
WP1: "Macro" View
After crossing the Dourdou at the ford, head towards the cabin located after the rock "tables."
1 - Observe the tuff "organ" and compare it to the surrounding rock of the cliff. What is its dimensional relationship to the cliff? What differences can you see? (supposed texture, overall color, presence of additional elements, presence of strata)
2 - Take a close look at the rock "tables" around you. What rock do you think they are made of? What are the reasons for this?
3 - Take a black and white photo of yourself on site with the organ in the background. You can (but not mandatory) use the "souvenir" device provided on site (see photo). You can attach this photo to your log to validate your log in accordance with the 2019 Guidelines. If you prefer not to show your face, a photo of an object belonging to you with the organ in the background in black and white will be accepted.

WP2: "Micro" View
Since close observation of the Organ is not possible; the area is inaccessible except to the goats that maintain it, we propose a remote study. After crossing the ford again and taking the return path, cross the bridge and, in front of you, a new formation will appear (WP2).
3 - Observe the rock in detail and describe it. Appearance, color, hardness/friability. Does this correspond to the "macroscopic" appearance observed on the columns of the organ? Justify your answer.
4 - What does this imply about the origin of the formation of WP2?
5 - On both the outward and return journeys, you will have passed by the Fairy Waterfall. Perhaps you could have seen it active? Were you able to observe any tufa formations? Why do you think this is?