Dancing, piscine, bar, lieu de rencontre, le Deauville a marqué l'histoire bragarde.
Tout commence avec Guy et Wanda Papini, des entrepreneurs visionnaires qui ne font pas les choses à moitié. Dans les années 40, Guy s’attaque à un terrain marécageux, le draine, aplanit une butte et construit un complexe de loisirs unique en son genre. Le Deauville, c’est une piscine avec plongeoirs, un bar chic, et surtout, un dancing très sélect. Le samedi soir et toute la journée du dimanche, ça swingue dur.
Mais attention, ici on ne danse pas n’importe comment ! Deux salles, deux ambiances :
En haut, au niveau de la route, un espace feutré pour des couples de la bourgeoisie et des commerçants du coin. Les filles chaperonnées par leurs parents, les couples un peu plus âgés, ou les commerçants de Saint-Dizier s’y donnent aussi rendez-vous.
En bas, une salle ouverte sur une magnifique terrasse qui surplombe la Marne, idéale pour les jeunes en quête de rencontres romantiques.
Et côté musique ? Wanda et Guy Papini ne lésinent pas sur les moyens ! Ils vont chercher leurs orchestres directement à Pigalle. Des pointures comme Eddy Warner, Benny Bennet et bien d’autres viennent enflammer les nuits bragardes. Twist, rumba, fox-trot, tout y passe !
Mais le clou du spectacle, c’est ce projet complètement fou de Guy Papini… Un aquarium géant en plein cœur de la salle de bal ! L’idée ? Y faire descendre des jeunes filles habillées en sirène pour envoûter les danseurs. Problème : le premier aquarium craque et inonde tout ! Panique à bord ! Mais Guy ne lâche rien : il fait appel à une entreprise parisienne et réussit son pari. Résultat ? Le deuxième plus grand aquarium de France, juste après Monaco ! Bon, pour les sirènes, on repassera… Aucune nymphe n’a jamais joué dans l’eau. Sauf peut-être au bord de Marne. Finalement, la seule personne à avoir plongé dans cet aquarium, c’était Guy Papini lui-même !
Le Deauville, c’était un état d’esprit, un style, une époque où Saint-Dizier vibrait au rythme des orchestres, des plongeons et des rires. Un temps où l’on savait faire la fête avec panache… et un brin de folie !
