
#6
J’reste scotché sur mon banc pour un bail. J’attends, des fois qu’la sylphe ensorceleuse renaisse des brumes du Rhône.
Ouais, j’ai raté la barje! Bah, si j’avais eu les tripes de lui téléphoner un regard ou d’lui donner du grelot, sûr, elle aurait senti mon palpitant sur techno beats.
Y disent que ma langue est pas taillée dans l’Dior, que j’ai pas d’style. Tant pis, je ne dis rien.
Vrai, y'a bien longtemps que je nacquete au bord du monde.
Mais c’est pas parce que j’ai rien à dire que j’me tais. C’est parce que j’garde ça à l’intérieur et que je trimbale tout mon saint frusquin en loucedé pour le faire briller quand viendra l’occase.
Ok, j’suis pas le balèze de la tchatche, mais j'suis pas un gueuch de la pensée, ni une pince du verbe, pas plus qu'un moelleux d'la prose.
Je veux le droit d’être sourd aux bruits du monde et aveugle à son baccara. J’vis dans l’économie, loin de la pollution du turlututu. c’est tout.
La nuit arrive pour tout unir, donner dans l’piron-pareil. C’est là que je m’vaporise dans le noir. Là que j’existe, que je suis libre.
Est-ce qu’on peut être tout et rien à la fois? une lumière brillante et un coin d’ombre profonde.
La prochaine fois que j’prends ma craie, j’laissse un nouveau blaze sur le background:
syzygie
Sont un peu drôles les gens du cru. Mais bon, je pense que je vais zoner encore un peu par ici.
Arghhh c'est beau c'te ville quand même.