Pascalet. L'immense cocardier avec un C majuscule qui fut couronné du titre de Biòu d'Or en 1980. Cette année-là, il fit coup double avec la Cocarde d'Or, et non pas face à 15 raseteurs mais face à 36 à la capelado et une cinquantaine ensuite ! Excusez du peu. Respect ! Donc tout au long de cette mirifique et méritante temporada, à toutes ses courses il n'était pas rare de voir ses supporters avec des banderoles sur lesquelles il était inscrit " Pascalet Biòu d'Or " et ce dès le mois de juillet notamment pendant les courses de la Palme d'Or. C'était les années d’estrambord avec la vedette du crochet d'alors Christian Chomel qui déplaçait les foules à toutes les courses sans exception, mais aussi Jacky Siméon puisque ce duo-là a permis, à Pascalet, d'atteindre les sommets de la course camarguaise et de décrocher la consécration suprême.
Un taureau Roi, certes, mais quel taureau, citons volontiers aussi les vaches. Foraine, mais surtout la célèbre Miraillette drainant les foules de spectateurs aux vaches cocardières tant le spectacle était au rendez-vous. La manade fut créée en 1927 par Jean Rébuffat le père d'André. Le premier taureau ayant fait connaitre l'élevage du Domaine de l'Hournède à Saint Nazaire de Pezan (Hérault), fut Cigalier, lequel tragiquement blessa mortellement le raseteur d'Arles Antoine Tosi dans les arènes de Saint Rémy de Provence en 1956. C’est cette même année que décéda Jean. Il ne put donc voir la suite, la Royale qui tenait la route dans les années 1960, de même que Boumian remporta à son tour la Cocarde d'Or de 1969, puis le filon d'Or Pascalet statufié à Lunel, à quelques enjambées des arènes pescalune.
Cette manadière a connu une vie hors du commun, étant avec Fanfonne Guillerme l’unique femme à avoir mené seule une manade au décès de son mari André. Avec lui, Nicole Rébuffat avait même travaillé des toros en rejón, et en course camarguaise, ses pupilles ont connu quelques succès retentissants, notamment avec son taureau Pascalet qui a raflé tous les principaux trophées en 1980 et dont elle ne pouvait pas être dissociée.
En ce qui concerne le rond point en lui-même : Sur la partie qui donne sur le Canal, ce sera l’histoire du taureau dans son environnement naturel : marais, roseau, flamant rose et la barque du pêcheur seront représentés sur cette partie du rond-point, avec un aspect très naturel et sauvage. Autant du point de vue des essences plantées que des représentations identitaires. La légende du pêcheur d’anguille sera signifiée par l’implantation d’une barque sur l’eau et les flamants roses seront quant à eux incarnés par des représentations métalliques qui pourront au gré du soleil projeter des ombres sur le site. La seconde moitié du rond-point qui va vers l’avenue des Abrivados, et donc vers le côté urbain de Lunel et ses arènes, apportera tout le caractère camarguais au site. Il y aura du sable pour signifier la piste des arènes, une silhouette en fer qui projettera l’ombre d’un raseteur, des barrières rouges avec contre-marche blanche viendront symboliser la course camarguaise, l’entrée du taureau en piste face aux hommes en blanc.
C’est donc tout l’ADN de Lunel qui sera présent dans ce rond-point : Lunel, portes de la Petite Camargue et son patrimoine environnemental et les traditions camarguaises, le rôle phare du taureau-roi que l’on célèbre tout au long de l’année dans les rues et les arènes de la cité pescalune, Reine de la course libre ! À l’image de Lunel, ce rond-point entre nature et urbain annoncera dès cette entrée de ville aux usagers qu’ils soient du territoire ou de passage dans notre ville, que Lunel est une ville de caractère, fière de ses traditions et de son environnement !