Si vous regardez bien sur le mur vous verrez le niveau de cette crue.
L'été 1840 est assez sec, mais un premier épisode pluvieux occasionne un petite crue en septembre. A partir du 19 octobre de nouvelles pluies élèvent les niveaux des cours d'eau et saturent les sols. Ces pluies s'intensifient à la fin du mois, provoquant un premier débordement de la Saône sur le haut du bassin, sans trop de conséquences.
Cependant, du 27 au 30 octobre des vents violents et chauds venant du sud apportent de nouvelles pluies intenses. Cet épisode provoque la crue des affluents avals, notamment la Seille, la Reyssouze, la Veyle, la Chalaronne et l'Azergues. Ces crues alimentent la crue générale de la Petite Saône et du Doubs, et provoquent une première série de débordements, inondant la plaine de la Saône à l'aval de Chalon-sur-Saône.
Les averses torrentielles reprennent début novembre. La Saône subit l'action combinée de l'apogée de sa crue principale, causée par la succession des précipitations précédentes et de nouvelles averses au nord, et une crue importante de ses affluents aval, principalement l'Azergues et la Turdines.
De nombreux récits ont rapporté la violence de cet événement. C'est le cas notamment du récit du Docteur Pierre-Casimir Ordinaire qui rapporte en ces termes : « la nuit du dimanche au lundi fut affreuse ; la moitié de la ville de Mâcon était envahie, et les déménagements continuaient. On n'entendait que cris et lamentations ; le tocsin qui retentissait dans toutes les communes de la Bresse, le bruit des maisons qui s'écroulaient, l'obscurité produite par le manque d'éclairage (les conduits de gaz étant obstrués), les mugissements des eaux, jetaient dans l'âme un sentiment d'horreur impossible à dépeindre. »