
#12
Va savoir si j'sortais d'un brindezingue avant d’sombrer dans l’coaltar.
Au noir.
M’en souviens plus. Quand l’dardant s’est décidé à percer le plafond des brumes, j’étais cul par-ci nez par-là. Mes abattis rassemblés traînaient en travers d’un banc.
Fondu au blanc.
Dans mon caberlot ça battait l’tambour et y’avait comme un slam en loop.
Une rengaine de pêcheur de lune:
Je logerai au vent
Habiterai la nuit,
Jetterai mes os en avant
Foulerai la rocaille de ce pays.
Je porterai à la bouche l’acide baie
Des accrocheurs églantiers.
D’étranges langues souffleront
Des voyelles folles éthérées.
L’harmonie envoutante du monde
Laissera ma cervelle en haillons.
Le vertige fracassera l’univers,
Je vivrai d’un sommeil debout.
Tes mots polis auront des parfums venimeux,
Tes sourires dessineront des orages.
Des vapeurs d’alcool gouachées de miel
ensorcelleront toute aube nouvelle.
L’averse lavera tout.
J’oublierai.
Sans fin,
Nous recommencerons.
J’ouvre mes billes. Je m’retrouve bugne à bugne avec un gniard ahuri à l’air ravi. Arghhh! Faut croire que j'suis à l’origine de ce sourire d’andouille jusqu’aux oreilles. Je ramène du fond de ma caverne un « grrrrr » guttural, histoire de lui fiche les foies pour qu’y s’trouve un autre gus à emmerder.
Y s'barre en s'bidonnant.
Au pied du banc un mot est dessiné dans la boue: paréidolie
Sont un peu drôles les gens du cru. Mais bon, je pense que je vais zoner encore un peu par ici.
Arghhh c'est beau c'te ville quand même.