La paroisse de Sainte-Urielle trouvait son origine dans des territoires qui furent confiés vers l'an 560 par Judual, roi de Domnonée et aïeul de sainte Urielle, à Saint Samson, premier abbé-évêque de Dol-de-Bretagne. Jusqu'à la Révolution, sainte Urielle fut donc une enclave de l'évêché de Dol dans celui de Saint-Malo.
La cure de Sainte-Urielle possédait le moulin à fouler près de Rocherel, le clos du Petit-Pont, une chênaie, le Pré des Noes et le Pré Ménard. Le recteur levait la dîme sur la douzième gerbe pour tous les grains et les petits pois. Soumis à la corvée pour l'entretien du chemin royal, les paroissiens de Sainte-Urielle étaient également invités chaque année au jeu de soule organisé par le seigneur du Bois-Robert.
En 1792, l'église fut fermée, ses biens confisqués et vendus, mais le culte persista dans la clandestinité grâce à son frère Frédéric Goirand, dernier prieur et à messire René Coulombel, prêtre natif de la paroisse où il resta caché toute la Révolution. A la réorganisation du culte en 1802, la paroisse de Sainte-Urielle fut rattachée à celle de Trédias et les deux communes réunies en 1819.
Construite au bord de la Rosette, longue de 12 mètres et large de 8 mètres, la petite église a disparu mais a laissé sé quelques traces : les osssements retrouvés sur le sol témoignent de la présence, autour de l'église, de l'ancien cimetière, ainsi que les pierres de taille jonchant le sol. A quelques distances, on montre encore l'emplacement de l'ancien presbytère, du vieux puits où reposerait un trésor, et du jardin du prieur, tout près d'un châtaignier multiséculaire mutilé par la foudre. En 1839, l'église et le presbytère furent démolis et les matériaux réincorporés dans la nouvelle église de Trédias.
L'église de Trédias abrite désormais la statue de sainte Urielle (bois peint, 16ème siècle), les pierres tombales aux armes des Milon, seigneurs de la Baillie et du Chênay (15ème siècle), le confessionnal commandé par Messire Louis Renouvel, recteur, en 1785 et la chaire à prêcher. L'emplacement de l'église fut vendu par la paroisse à la famille Guillemot, qui y fit élever la croix actuelle en 1886. Les anciens registres paroissiaux de Sainte-Urielle, rédigés par les recteurs à partir de 1601, sont aujourd'hui conservés à la mairie de Trédias. Précieux témoignages sur le passé, ils nous permettent aussi de retracer l'histoire de ces familles, qui, établies ici depuis des siècles, avaient su préserver et se transmettre leur patrimoine naturel et culturel.
La princesse Urielle ou Eurielle, patronne de cette église, avait marqué le peuple par sa sagesse et sa vie exemplaire. Née vers l'an 600, elle était fille de Hoel III, roi des Bretons de Domnonée, et de la vénérable Pritelle. Ceux-ci auraient eu, selon la légende, seize garçons et six filles, dont huit saints. Quinze d'entre eux furent massacrés par le tyran Rethwal, qui s'empara du pouvoir à la mort du roi Hoel. L'aîné, saint Judicael, se réfugia auprès de saint Méen, abbé de Gael, et prit l'habit dans ce monastère avant d'être rappelé au pouvoir. Quant à sainte Onnen, sœur d'Urielle, elle est toujours vénérée à Tréhorenteuc et fêtée avec elle le premier jour d'octobre.
