

Introduction
À l’entrée de la Gare du Havre, un monument discret attire rarement l’attention des voyageurs pressés. Il s’agit pourtant d’un objet géologique intéressant: la “Première Pierre” de la gare, posée le 5 mai 1931 en présence du Député-Maire Léon Meyer, du Président du Conseil d’Administration A. Fontaine et du Directeur Général des Chemins de fer de l’État, L. Autry.
Ce monument a traversé la Seconde Guerre mondiale et la destruction massive du Havre en 1944. La ville fut reconstruite par l’architecte Auguste Perret, qui imposa le béton armé comme matériau de la renaissance. Mais cette pierre, elle, a survécu — et elle raconte une autre histoire, celle des matériaux nobles choisis pour les grands édifices publics français de l’entre-deux-guerres.
🎯 L’objectif de cette EarthCache est de vous faire observer et comparer les deux roches distinctes qui composent ce monument, de comprendre leur origine géologique différente, et de découvrir pourquoi certaines pierres parcourent des milliers de kilomètres pour orner nos bâtiments.
Rappel concernant les Earthcaches : il n’y a pas de conteneur à rechercher ni de logbook à renseigner. Il suffit de se rendre sur les lieux, de répondre aux questions et de me renvoyer les réponses.
Précautions d’usage
⚠️ Sécurité : Vous êtes dans une gare en activité. Restez attentif aux passages de voyageurs et respectez les consignes de sécurité de la SNCF.
⚠️ Règlement : Ne touchez pas la plaque gravée. L’observation se fait uniquement à vue. Ne gênez pas la circulation dans le hall.
⚠️ Équipement : Aucun matériel spécial requis. Une bonne lumière naturelle ou la lumière de votre téléphone suffit pour observer les textures.
Pour valider la EarthCache
Pour pouvoir valider cette EarthCache, vous devrez répondre correctement aux questions suivantes et ajouter à votre log une photo de vous, de votre GPS ou de votre pseudo au waypoint de la cache. Cette photo permettra de valider le « trouvé » en cas de mauvaise réponse aux questions. Attention : ne pas montrer les réponses sur votre photo.
Merci d’envoyer vos réponses via mon profil ou via la messagerie [geocaching.com](http://geocaching.com), ne les donnez pas dans votre log. Les logs enregistrés sans réponses seront supprimés.
Vous pouvez loguer la cache “trouvé” sans attendre ma confirmation, je vous contacterai en cas de problème.
N’hésitez pas à lire le descriptif pour vous aider à répondre aux questions.

Question 1 — Deux roches, un monument
Le socle et le cadre du monument sont taillés dans une pierre de couleur grise. Décrivez cette pierre en deux ou trois mots : quelle est sa couleur dominante, et quelle est la couleur des taches ou veines qui la parcourent ?
Question 2 — Observer une texture
Regardez attentivement la surface de la roche grise, de préférence en lumière rasante (le flash de votre téléphone tenu sur le côté fonctionne bien). Y voyez-vous des lignes sombres, ondulées ou légèrement irrégulières, qui semblent traverser la roche ? Si oui, sont-elles plutôt droites ou contournées ? Ces structures s’appellent des stylolithes — elles se forment par compression lente de la roche sous des millions de tonnes de sédiments. Décrivez ce que vous voyez.
Question 3 — Comparer les deux matériaux
La plaque d’inscription (le rectangle beige sur lequel est gravé le texte) est faite d’une roche différente. Comparez-la avec la roche grise du socle : laquelle vous semble la plus fine de grain ? Laquelle vous semble plus locale, d’après ce que vous savez de la géologie normande ?
Question 4 — Question ouverte
La gare de 1931 utilisait des pierres ornementales importées. La gare reconstruite après 1944 par Auguste Perret est entièrement en béton. Selon vous, qu’est-ce que cela nous dit sur l’évolution des pratiques de construction au XXᵉ siècle ? Aucune réponse unique n’est attendue — c’est votre réflexion personnelle qui compte.
Présentation du site
La gare du Havre est l’une des grandes gares de province françaises. Sa reconstruction après les bombardements de 1944 en a fait un symbole de l’architecture de béton du XXᵉ siècle, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2005. Le quartier Perret tout entier, conçu selon une trame urbaine rigoureuse en béton modulaire, constitue aujourd’hui l’un des rares exemples complets d’urbanisme de reconstruction d’après-guerre.
Mais ce monument, lui, appartient à la gare d’avant — celle de 1931, dont la Première Pierre est l’unique vestige. Posée lors d’une cérémonie officielle en présence des plus hautes autorités civiles et ferroviaires de l’époque, cette pierre fut le point de départ d’un chantier qui ne verrait jamais sa pleine réalisation : treize ans plus tard, la guerre effaçait tout.
Ce fragment de 1931, intact au milieu d’une gare reconstruite de toutes pièces, est à lui seul une leçon d’histoire. Et une leçon de géologie.
Géologie
Ce monument discret est une leçon de géologie à lui seul : deux roches d’origines radicalement différentes se côtoient à quelques centimètres l’une de l’autre, témoins de deux histoires géologiques longues de plusieurs centaines de millions d’années.
La roche grise du socle — une roche carbonatée venue de loin
Regardez le socle et le cadre qui encadrent la plaque d’inscription. La roche est d’un gris moyen à gris-bleu, traversée de plages blanches aux contours flous et tourbillonnants. Sa surface, polie, ne révèle aucun grain à l’œil nu : on parle de texture microcristalline, c’est-à-dire que les cristaux qui la composent sont si petits — moins d’un dixième de millimètre — qu’aucun grossissement ordinaire ne permet de les distinguer.
Cette roche est entièrement constituée de calcite, le minéral qui compose la craie, le calcaire et le marbre. À l’origine, il y a plusieurs centaines de millions d’années, des êtres vivants microscopiques — foraminifères, algues calcaires, coraux — mouraient et s’accumulaient par milliards au fond d’une mer chaude. Leurs coquilles et squelettes formaient un sédiment mou, la vase calcaire.
Sous le poids des couches suivantes, cette vase s’est compactée, les cristaux de calcite se sont réorganisés, et la roche s’est durcie progressivement. Dans certains contextes — enfouissement profond, contrainte tectonique, voisinage d’une chaîne de montagnes — ce calcaire peut encore évoluer : les cristaux recristallisent, la roche durcit davantage, et elle devient ce que les géologues appellent un marbre au sens strict. Au sens populaire, on appelle “marbre” toute roche carbonatée dure, polie, utilisée comme pierre ornementale — ce qui inclut des calcaires très comprimés sans être techniquement métamorphisés.
Cette pierre grise n’est pas normande. La Normandie est un pays de craie — une roche blanche, tendre, facile à entailler, formée il y a 90 à 100 millions d’années dans une mer épicontinentale peu profonde. Pour un monument de prestige comme une gare, les architectes de 1931 ont choisi une roche bien différente : plus dure, plus dense, plus apte à prendre le poli, et surtout plus décorative. Ce type de pierre grise à plages blanches était extrait de grandes carrières situées probablement dans les Pyrénées françaises (où l’orogenèse alpine a métamorphisé d’anciens calcaires paléozoïques) ou en Italie (marbres de Carrare, région de Toscane). Le développement du réseau ferroviaire français au XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle avait précisément rendu ces matériaux accessibles : il était désormais possible d’expédier en quelques jours des blocs de plusieurs tonnes depuis les Pyrénées jusqu’au Havre par le rail.
Les plages blanches que vous voyez sur la roche grise ne sont pas des impuretés : ce sont des zones où la calcite, dissoute ailleurs sous l’effet de la pression, a reprécipité sous forme de cristaux plus gros et plus purs. Ce phénomène est au cœur d’un autre phénomène observé dans cette roche — nous y reviendrons avec les stylolithes.
La plaque beige — le calcaire de chez nous
La plaque rectangulaire sur laquelle sont gravés les noms des personnalités de 1931 est dans une tout autre roche : un calcaire à grain fin, beige à crème, homogène, facile à tailler et à graver. Cette pierre appartient à la grande famille des calcaires de taille régionaux, abondamment utilisés dans le bâti normand et du Bassin de Paris depuis l’époque romaine.
Elle pourrait être du calcaire bathonien de Caen — une roche jurassique (environ 165 millions d’années) extraite depuis l’Antiquité dans les carrières du Calvados, utilisée pour construire des cathédrales, des châteaux et des hôtels particuliers — ou un calcaire fin du Bassin de Paris. Ce type de calcaire, plus tendre que la roche grise, se grave bien mais résiste moins au poli. C’est pourquoi on le réserve ici à la plaque d’inscription, protégée par le cadre gris.
Comparer ces deux roches sur un même monument, c’est lire en quelques instants deux chapitres de l’histoire géologique de l’Europe : d’un côté, une roche locale, sédimentaire, formée dans une mer normande peu profonde ; de l’autre, une roche venue d’une ancienne chaîne de montagnes, comprimée, recristallisée, durcie, transportée jusqu’ici par la géographie et par le rail.
Phénomène principal — Les stylolithes : lire la mémoire de la pression dans la pierre

Observez attentivement la surface de la roche grise, de préférence en lumière rasante (le flash de votre téléphone tenu sur le côté fonctionne bien). Vous y verrez — peut-être — des lignes sombres, irrégulières, légèrement sinueuses ou en zigzag, qui traversent la masse grise en séparant parfois des zones claires des zones plus foncées. Ces structures s’appellent des stylolithes (du grec stylos, colonne, et lithos, pierre — en référence aux colonnes dentées qu’elles forment parfois en coupe).
Comment se forment-ils ?

Imaginez une roche calcaire enfouie sous plusieurs centaines de mètres de sédiments. Le poids des couches supérieures crée une pression considérable. La calcite, soumise à cette pression, commence à se dissoudre préférentiellement aux points de contact entre les grains — c’est ce qu’on appelle la dissolution sous pression. La calcite dissoute part en solution dans les eaux circulant dans la roche et peut reprécipiter plus loin, dans les fractures ou les vides, sous forme de calcite blanche et pure. Ce sont ces zones de reprécipitation qui donnent les plages blanches tourbillonnantes que vous voyez sur cette pierre.
Ce qui reste à la place de la calcite dissoute ? Tout ce que la calcite n’emporte pas avec elle : les argiles, les oxydes de fer, la matière organique fossilisée. Ces résidus insolubles s’accumulent sur une surface de plus en plus mince et de plus en plus irrégulière, formant une pellicule sombre — c’est le stylolithe. Sa forme en dents de scie ou en colonnes irrégulières résulte de la compétition entre les zones qui se dissolvent le plus vite et celles qui résistent mieux.
Que nous apprend un stylolithe ?
Un stylolithe est un enregistreur de contrainte géologique. Son existence confirme que la roche a été soumise à une compression verticale significative, pendant une durée géologiquement longue. L’amplitude des dents d’un stylolithe — c’est-à-dire la profondeur de ses irrégularités — est proportionnelle à la quantité de calcaire dissous : une dent de 1 cm peut représenter 10 à 30 cm de roche originelle qui a été entièrement dissoute et exportée en solution. Sur les surfaces polies de cette pierre, si vous observez une dent de quelques millimètres, vous lisez en réalité plusieurs centimètres de compaction effacée par le temps.

Par ailleurs, stylolithes et veines blanches de calcite fonctionnent toujours en tandem et racontent une histoire mécanique cohérente : les stylolithes marquent les directions de compression (la roche se dissout perpendiculairement à la contrainte maximale), tandis que les veines blanches remplissent les micro-fractures qui s’ouvrent dans les directions perpendiculaires, là où la pression est moindre. Observer les deux ensemble sur une même surface permet aux géologues de reconstituer l’orientation des contraintes tectoniques qui ont agi sur la roche — parfois à des milliers de kilomètres d’une zone de collision.
Une roche comprimée, polie, et posée ici
La pierre que vous regardez a donc connu plusieurs vies : d’abord sédiment marin, puis roche comprimée par une charge sédimentaire ou une tectonique de montagne, puis extraite en blocs dans une carrière, débitée en plaques, polie jusqu’à refléter la lumière, transportée sur des centaines ou des milliers de kilomètres par le rail, et finalement taillée par un marbrier pour encadrer une plaque commémorative dans une gare normande.
Les stylolithes que vous observez aujourd’hui sont les cicatrices de cet enfouissement profond — une mémoire géologique gravée dans la roche bien avant que la gare du Havre n’existe, bien avant que Le Havre n’existe, bien avant même que l’Atlantique n’ait atteint sa largeur actuelle.
Ce monument, que personne ne remarque, contient en lui des centaines de millions d’années de géologie active.
Références bibliographiques
- BRGM (0097N). Notice explicative de la carte géologique Le Havre à 1/50 000. Orléans : BRGM. Disponible sur : http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/0097N.pdf
- Foucault A. & Raoult J.-F. (2014). Dictionnaire de Géologie. Dunod. ISBN 978-2-10-059735-2
- Mercier D. (2013). Géomorphologie de la France. Dunod/GFG/BRGM. ISBN 978-2-10-058804-6
- Sabouraud C. (2008). Guide de la Géologie en France. SGF/BELIN. ISBN 978-2-7011-4748-2
- Lagabrielle Y., Maury R., Renard M. (2013). Mémo visuel de Géologie. Dunod. ISBN 978-2-10-058499-4

Introduction
At the entrance of Le Havre railway station, a discreet monument rarely catches the eye of hurrying travellers. Yet it is a remarkable geological object: the “Foundation Stone” of the station, laid on 5 May 1931 in the presence of Deputy Mayor Léon Meyer, the President of the Board of Directors A. Fontaine, and the Director General of the State Railways, L. Autry.
This monument survived the Second World War and the massive destruction of Le Havre in 1944. The city was rebuilt by architect Auguste Perret, who imposed reinforced concrete as the material of the renaissance. But this stone survived — and it tells a different story: that of the noble materials chosen for France’s great public buildings between the wars.
🎯 The aim of this EarthCache is to get you to observe and compare the two distinct rocks that make up this monument, understand their different geological origins, and discover why certain stones travel thousands of kilometres to adorn our buildings.
A reminder about EarthCaches: there is no container to find and no logbook to sign. Simply visit the location, answer the questions, and send me your answers.
Safety notes
⚠️ Safety: You are inside an active railway station. Stay alert to passing travellers and follow SNCF safety guidelines.
⚠️ Rules: Do not touch the engraved plaque. Observation is visual only. Do not obstruct the flow of passengers in the concourse.
⚠️ Equipment: No special equipment required. Natural light or the torch of your phone is sufficient to observe the textures.
To validate this EarthCache
To validate this EarthCache, you must answer the questions below correctly and add to your log a photo of yourself, your GPS device, or your caching name at the cache waypoint. This photo will allow validation of a “Found it” log in the event of incorrect answers. Do not show the answers in your photo.
Please send your answers via my profile or through [geocaching.com](http://geocaching.com) messaging — do not include them in your log. Logs submitted without answers will be deleted.
You may log the cache as “Found it” without waiting for my confirmation; I will contact you if there is a problem.
Feel free to read the description — it is designed to help you answer the questions.

Question 1 — Two rocks, one monument
The base and frame of the monument are carved from a grey stone. Describe this stone in two or three words: what is its dominant colour, and what colour are the patches or veins running through it?
Question 2 — Observing a texture
Look carefully at the surface of the grey stone, ideally in raking light (holding your phone torch to the side works well). Can you see dark, wavy, or slightly irregular lines running through the rock, sometimes separating lighter and darker zones? If so, are they fairly straight or more winding? These structures are called stylolithes — they form through the slow compression of rock under millions of tonnes of sediment. Describe what you see.
Question 3 — Comparing the two materials
The inscription plaque (the beige rectangle bearing the engraved text) is made of a different rock. Compare it with the grey stone of the base: which appears to have the finer grain? Which seems more likely to be local, based on what you know of Norman geology?
Question 4 — Open question
The 1931 station used imported ornamental stones. The station rebuilt after 1944 by Auguste Perret is entirely in concrete. What does this tell you, in your view, about the evolution of construction practices in the 20th century? No single answer is expected — your personal reflection is what counts.
About the site
Le Havre station is one of France’s great provincial railway stations. Its post-war reconstruction has made it a landmark of 20th-century concrete architecture, inscribed on the UNESCO World Heritage List since 2005. The entire Perret quarter, designed around a rigorous modular concrete grid, stands as one of the few complete examples of post-war urban reconstruction anywhere in Europe.
But this monument belongs to the station that came before — the 1931 building, of which this Foundation Stone is the only surviving trace. Laid in an official ceremony attended by the highest civil and railway authorities of the day, this stone marked the beginning of a construction project that would never be completed: thirteen years later, the war erased everything.
This fragment of 1931, intact within a station rebuilt from scratch, is in itself a lesson in history. And in geology.
Geology
This modest monument is a geological lesson in its own right: two rocks of radically different origins stand side by side within centimetres of each other, witnesses to two geological histories spanning hundreds of millions of years.
The grey stone of the base — a carbonate rock from far away
Look at the base and frame surrounding the inscription plaque. The rock is a medium to blue-grey, crossed by white patches with blurred, swirling outlines. Its polished surface reveals no grain to the naked eye: geologists call this a microcrystalline texture — the crystals making up the rock are so small (less than a tenth of a millimetre) that no ordinary magnification can resolve them.
This rock is made entirely of calcite, the mineral that makes up chalk, limestone and marble. Hundreds of millions of years ago, microscopic living organisms — foraminifera, calcareous algae, corals — died and accumulated in their billions on the floor of a warm sea. Their shells and skeletons formed a soft sediment: calcareous mud. Under the weight of subsequent layers, this mud compacted, the calcite crystals reorganised, and the rock gradually hardened. In certain settings — deep burial, tectonic stress, proximity to a mountain range — limestone can evolve further: crystals recrystallise, the rock hardens still more, and it becomes what geologists strictly call marble. In everyday usage, “marble” refers to any hard, polished carbonate rock used as an ornamental stone — including highly compressed limestones that are not technically metamorphic.
This grey stone is not Norman. Normandy is a land of chalk — a white, soft, easily worked rock formed 90 to 100 million years ago in a shallow epicontinental sea. For a prestige monument such as a railway station, the architects of 1931 chose something very different: harder, denser, better suited to taking a polish, and above all more decorative. This type of grey stone with white patches was quarried from major sources probably in the French Pyrenees (where Alpine tectonics metamorphosed ancient Palaeozoic limestones) or in Italy (marbles of Carrara, Tuscany). The expansion of the French rail network in the 19th and early 20th centuries had made these materials newly accessible: multi-tonne blocks could now be shipped from the Pyrenees to Le Havre in a matter of days.
The white patches you see in the grey stone are not impurities or paint: they are zones where calcite, dissolved elsewhere under pressure, has re-precipitated as larger, purer crystals. This process is at the heart of the mystery of this rock — as we will see with the stylolithes.
The beige plaque — the limestone of home
The rectangular plaque bearing the names of the 1931 dignitaries is made of an entirely different rock: a fine-grained limestone, beige to cream, homogeneous, easy to cut and engrave. This stone belongs to the great family of regional freestones that have been used in Norman and Parisian Basin construction since Roman times.
It may be Caen stone — a Jurassic limestone (around 165 million years old) quarried since Antiquity in Calvados, used to build cathedrals, castles and manor houses — or a fine-grained limestone from the Paris Basin. This type of limestone, softer than the grey stone, carves well but takes little polish. That is why it is used here for the inscription plaque, protected by the grey frame.
Comparing these two rocks on a single monument means reading, in an instant, two chapters of European geological history: on one side, a local sedimentary rock formed in a shallow Norman sea; on the other, a rock that originated in an ancient mountain chain, compressed, recrystallised, hardened, and transported here by geography and by rail.
Main phenomenon — Stylolithes: reading the memory of pressure in stone
Look carefully at the surface of the grey stone, ideally in raking light (holding your phone torch to the side works well). You may see dark lines — irregular, slightly wavy or zigzagging — crossing the grey mass and sometimes separating lighter zones from darker ones. These structures are called stylolithes (from the Greek stylos, column, and lithos, stone — a reference to the toothed columns they sometimes form when seen in cross-section).
How do they form?
Imagine a limestone buried under hundreds of metres of sediment. The weight of the overlying layers creates enormous pressure. Calcite, under this pressure, begins to dissolve preferentially at the contact points between grains — a process known as pressure solution. The dissolved calcite migrates away in solution through the rock’s pore waters and may re-precipitate elsewhere — in fractures or voids — as white, pure calcite. These re-precipitation zones are the swirling white patches you can see in this stone.
What remains where the calcite has dissolved? Everything that calcite cannot carry away: clays, iron oxides, fossilised organic matter. These insoluble residues accumulate into an ever-thinner and ever-more-irregular surface, forming a dark film — the stylolithe. Its saw-tooth or irregular columnar shape results from the competition between zones that dissolve fastest and those that resist.
What does a stylolithe tell us?
A stylolithe is a recorder of geological stress. Its presence confirms that the rock was subjected to significant vertical compression over a geologically long period. The amplitude of a stylolithe’s teeth — that is, the depth of its irregularities — is proportional to the amount of limestone dissolved: a tooth 1 cm deep may represent 10 to 30 cm of original rock that was entirely dissolved and exported in solution. On the polished surfaces of this stone, a tooth of just a few millimetres means you are reading several centimetres of compaction that time has erased.
Moreover, stylolithes and white calcite veins always work in tandem and tell a coherent mechanical story: stylolithes record the directions of compression (the rock dissolves perpendicular to the maximum stress), while white veins fill micro-fractures that open in perpendicular directions, where pressure is lower. Observing both together on the same surface allows geologists to reconstruct the orientation of the tectonic stresses that acted on the rock — sometimes thousands of kilometres from any collision zone.
A compressed, polished rock — placed here
The stone you are looking at has therefore lived several lives: first marine sediment, then rock compressed by sedimentary loading or mountain tectonics, then extracted as blocks from a quarry, cut into slabs, polished to a reflective surface, transported hundreds or thousands of kilometres by rail, and finally shaped by a stonemason to frame a commemorative plaque in a Norman railway station.
The stylolithes you see today are the scars of that deep burial — a geological memory engraved in the rock long before Le Havre station existed, long before Le Havre existed, long before the Atlantic even reached its present width.
This monument, which nobody notices, contains within it hundreds of millions of years of active geology.