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Silex et craie : deux roches de la même mer EarthCache

Hidden : 5/28/2026
Difficulty:
2.5 out of 5
Terrain:
1 out of 5

Size: Size:   other (other)

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Geocache Description:


Official EarthCache

 

Introduction

 

Dans la haute ville médiévale de Saint-Valery-sur-Somme, l’église Saint-Martin se reconnaît de loin à ses murs en damier, où alternent des blocs clairs et des éléments sombres selon des motifs géométriques — damiers, chevrons, croix. Cette parure n’est pas un simple choix esthétique : elle raconte directement la géologie du sous-sol picard.

🎯 L’objectif de cette EarthCache est de distinguer les matériaux qui composent les murs, de comprendre que la pierre claire tendre et le silex sombre proviennent vraisemblablement d’une même roche locale — la craie du Crétacé —, de lire sur les pierres pourquoi l’un résiste quand l’autre se creuse, et de reconnaître les formes d’altération qui marquent la craie.

Rappel concernant les Earthcaches : Il n’y a pas de conteneur à rechercher ni de logbook à renseigner. Il suffit de se rendre sur les lieux, de répondre aux questions et de me renvoyer les réponses.

Précautions d’usage

 

⚠️ Sécurité : L’église se trouve en centre-ville, accessible toute l’année. Les observations se font depuis l’espace public, au pied des murs. Aucun risque particulier ; ne pas grimper sur les soubassements.

⚠️ Règlement : L’église Saint-Martin est un édifice patrimonial. Il est interdit de toucher, gratter ou prélever le moindre fragment de pierre ou de silex. Saint-Valery-sur-Somme est intégrée au site Natura 2000 de la Baie de Somme — respectez l’ensemble du patrimoine bâti et naturel.

⚠️ Équipement : Aucun matériel particulier requis. Une loupe 10× enrichit l’observation des textures et des cavités, sans être indispensable.

Pour valider la Earthcache

 

Pour pouvoir valider cette EarthCache, vous devrez répondre correctement aux questions suivantes et ajouter à votre log une photo de vous, de votre GPS ou de votre pseudo au waypoint de la cache. Cette photo permettra de valider le « trouvé » en cas de mauvaise réponse aux questions. Attention : ne pas montrer les réponses sur votre photo.

Merci d’envoyer vos réponses via mon profil ou via la messagerie geocaching.com, ne les donnez pas dans votre log. Les logs enregistrés sans réponses seront supprimés.

Vous pouvez loguer la cache “trouvé” sans attendre ma confirmation, je vous contacterai en cas de problème.

N’hésitez pas à lire le descriptif pour vous aider à répondre aux questions.

Question 1 — Observez attentivement le mur. Combien de matériaux différents parvenez-vous à distinguer ? Pour chacun, indiquez sa couleur, son aspect de surface (lisse, rugueux, cavités…) et son état de conservation apparent.

Question 2 — Examinez de près les faces de cassure des blocs sombres. Quelle forme prennent ces surfaces (planes, courbes, irrégulières…) ? En quoi le fait que ce matériau casse de façon régulière et prévisible a-t-il aidé les bâtisseurs à le débiter en blocs équarris ?

Question 3 — Le matériau clair tendre et le matériau sombre proviennent vraisemblablement d’une même roche locale. En vous aidant du descriptif et de ce que vous voyez (couleur, dureté apparente, porosité), nommez cette roche et la grande période géologique à laquelle elle se rattache, puis expliquez en une phrase comment chacun s’est formé à partir d’elle.

Question 4 — Concentrez-vous sur les blocs clairs tendres. Plusieurs formes d’altération s’y superposent. Citez-en au moins deux que vous observez et décrivez leur aspect (cavités creusées, plages sombres, écailles…).

Question 5 — Des deux matériaux principaux (clair tendre et sombre), lequel est le plus dégradé ? Proposez une explication géologique à cette différence de résistance face aux intempéries.

Présentation du site

Saint-Valery-sur-Somme domine la rive nord de la Baie de Somme, là où le fleuve rejoint la Manche. La haute ville a conservé ses remparts, ses portes médiévales et ses ruelles pavées.

L’église Saint-Martin s’élève en son cœur, près de la Porte de Nevers. Consacrée en 1500, elle résulte de reconstructions successives depuis le XIIe siècle, avec une grande campagne au XVe siècle après un incendie. Comme beaucoup d’églises du littoral picard et normand (Ault, Le Tréport, Eu), elle est bâtie de pierre claire et de galets de silex éclatés, agencés en motifs décoratifs variés.

Regardez bien : le mur mêle en réalité plusieurs matériaux. Une pierre claire tendre forme, avec le silex sombre, les panneaux en damier ; une pierre de taille plus ferme, mieux conservée, a servi aux éléments finement sculptés (remplages des baies, gargouilles, chaînages d’angle) ; et quelques blocs rougeâtres trahissent des réfections en brique. L’essentiel de l’histoire géologique se joue cependant entre deux d’entre eux — la pierre claire tendre et le silex — qui, malgré leur opposition d’aspect, sortent probablement du même sous-sol.

Géologie

 

La haute ville de Saint-Valery-sur-Somme s’élève sur un promontoire de craie blanche du Crétacé supérieur. Dans cette région, la craie appartient au Sénonien (étages Coniacien à Campanien, soit environ 89 à 72 millions d’années) ; le détail du banc affleurant ici figure sur la carte géologique du BRGM de Saint-Valery-sur-Somme.

À cette époque, la Picardie était recouverte d’une mer chaude, claire et peu profonde. Des microorganismes à squelette calcaire (coccolithophoridés, foraminifères) y sédimentaient en masse pour former la craie : une roche blanche, tendre et finement poreuse. D’autres organismes — éponges, radiolaires — bâtissaient, eux, des squelettes de silice.

Après l’enfouissement, lors de la diagenèse (la transformation de la boue en roche), cette silice biogène, instable, s’est dissoute, a migré dans la craie et s’est recristallisée en concrétions très dures : les silex, en nodules et rognons noirs dont l’abondance varie d’un niveau à l’autre de la craie.

Ainsi, le matériau clair tendre du damier et les blocs de silex sont, selon toute vraisemblance, deux produits d’une même craie locale — deux enfants de la même mer crétacée. Les silex, libérés par l’érosion ou roulés en galets sur l’estran, se ramassaient aisément ; la pierre claire provenait de bancs de craie de la région. Deux matériaux d’une même origine, mais de chimie opposée.

Phénomènes principaux

1 — La cassure du silex

Le silex est de la silice (SiO₂) cryptocristalline, très dure : on ne le raye pas à la lame d’un couteau. Parce qu’il est homogène et cassant, il se brise de façon régulière et prévisible, selon une fracture dite conchoïdale : ses surfaces de cassure sont courbes, concaves, en forme de coquille, et leurs arêtes sont vives. C’est cette cassure contrôlable — et non une quelconque facilité à former des faces planes — qui permit aux hommes préhistoriques de tailler le silex en outils, et aux bâtisseurs médiévaux de l’« éclater » en blocs équarris pour le damier. Sur les blocs sombres du mur, ces surfaces courbes sont encore parfaitement lisibles.

2 — L’altération différentielle : la craie souffre, le silex résiste

Posés côte à côte sur le mur, les deux matériaux divergent radicalement après cinq siècles d’exposition. La craie, faite de carbonate de calcium (CaCO₃), est soluble dans les eaux de pluie légèrement acidifiées par le CO₂ de l’air, et sa forte porosité accélère l’attaque. Le silex, fait de silice quasi insoluble, demeure intact. Sur un seul mur se lit ainsi la résistance différentielle des roches face aux agents météoriques.

3 — Les formes d’altération de la craie

Regardez de près les blocs clairs tendres : plusieurs altérations s’y superposent.

L’alvéolisation est la plus spectaculaire : des cavités arrondies, parfois réunies en « nid d’abeilles », creusent la surface. L’eau pénètre les pores de la craie ; en séchant, les sels qu’elle transporte — dont, sur ce site littoral, le sel marin des embruns — y cristallisent, et la croissance des cristaux désagrège les grains. Les mécanismes exacts de l’alvéolisation restent discutés, mais la cristallisation des sels y joue un rôle reconnu.

Le noircissement marque au contraire les zones abritées de la pluie, sous les saillies et dans les creux. Son origine est double : en partie une croûte de gypse (le calcaire réagissant avec les composés soufrés de l’air et piégeant les poussières), en partie une colonisation par des micro-organismes (cyanobactéries, lichens). Sur ce petit site côtier peu industriel, la part biologique n’est pas négligeable.

La desquamation se traduit par le détachement de fines écailles parallèles à la surface : la pellicule durcie, minée par les sels, finit par se décoller en exposant une craie fraîche et friable.

Le détail le plus élégant se lit à l’échelle du mur entier : les zones directement lavées par la pluie restent pâles et creusées, tandis que les zones protégées noircissent. La répartition du clair et du sombre dessine ainsi, fidèlement, la carte de là où la pluie atteint — ou n’atteint pas — la pierre. Le silex, indifférent à tout cela, garde ses arêtes vives.

Références

 

• BRGM. Notice explicative de la carte géologique de Saint-Valery-sur-Somme à 1/50 000. Orléans : BRGM. Feuille à confirmer sur https://infoterre.brgm.fr (feuilles voisines : Eu 0032N, Abbeville 0033N).

• BRGM. Notice explicative de la feuille Abbeville (0033N) à 1/50 000. http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/0033N.pdf

• Foucault A. & Raoult J.-F. (2014). Dictionnaire de Géologie. Dunod. ISBN 978-2-10-059735-2.

• Michel F. (2005). Roches et Paysages. BRGM / BELIN Pour la Science.

Introduction

 

In the medieval upper town of Saint-Valery-sur-Somme, Saint-Martin church is recognisable from afar by its chequerboard walls, where pale blocks alternate with dark elements in geometric patterns — chequers, chevrons, crosses. This decoration is not merely an aesthetic choice: it speaks directly of the geology of the Picardy subsoil.

🎯 The aim of this EarthCache is to tell apart the materials that make up the walls, to understand that the soft pale stone and the dark flint in all likelihood come from one and the same local rock — Cretaceous chalk —, to read on the stones why one resists while the other hollows out, and to recognise the forms of weathering that mark the chalk.

A reminder about EarthCaches: There is no container to find and no logbook to sign. You simply need to go to the location, answer the questions and send me your answers.

Safety and rules

 

⚠️ Safety: The church stands in the town centre, accessible all year round. Observations are made from public space, at the foot of the walls. No particular hazard; do not climb on the bases of the walls.

⚠️ Rules: Saint-Martin church is a heritage building. It is forbidden to touch, scratch or remove any fragment of stone or flint. Saint-Valery-sur-Somme lies within the Natura 2000 site of the Baie de Somme — please respect the built and natural heritage as a whole.

⚠️ Equipment: No special equipment required. A 10× hand lens enhances the observation of textures and cavities but is not essential.

To validate the EarthCache

 

To validate this EarthCache, you must answer the following questions correctly and add to your log a photo of yourself, your GPS or your username at the cache waypoint. This photo allows the “found it” to be validated in case of a wrong answer to the questions. Caution: do not show the answers on your photo.

Please send your answers via my profile or via the geocaching.com messaging system; do not post them in your log. Logs recorded without answers will be deleted.

You may log the cache as “found” without waiting for my confirmation; I will contact you if there is a problem.

Feel free to read the description to help you answer the questions.

Question 1 — Look carefully at the wall. How many different materials can you tell apart? For each one, state its colour, its surface appearance (smooth, rough, cavities…) and its apparent state of preservation.

Question 2 — Look closely at the fracture faces of the dark blocks. What shape do these surfaces take (flat, curved, irregular…)? How did the fact that this material breaks in a regular and predictable way help the builders to split it into squared blocks?

Question 3 — The soft pale material and the dark material in all likelihood come from one and the same local rock. Using the description and what you can see (colour, apparent hardness, porosity), name this rock and the major geological period to which it belongs, then explain in one sentence how each one formed from it.

Question 4 — Focus on the soft pale blocks. Several forms of weathering are superimposed on them. Name at least two that you can observe and describe their appearance (hollowed cavities, dark patches, flakes…).

Question 5 — Of the two main materials (soft pale and dark), which is the more degraded? Propose a geological explanation for this difference in resistance to weathering.

Site presentation

 

Saint-Valery-sur-Somme overlooks the northern shore of the Baie de Somme, where the river meets the English Channel. The upper town has kept its ramparts, its medieval gates and its cobbled streets.

Saint-Martin church stands at its heart, near the Porte de Nevers. Consecrated in 1500, it is the result of successive rebuildings since the 12th century, with a major campaign in the 15th century after a fire. Like many churches of the Picardy and Norman coast (Ault, Le Tréport, Eu), it is built of pale stone and split flint cobbles, arranged in varied decorative patterns.

Look closely: the wall actually combines several materials. A soft pale stone forms the chequerboard panels together with the dark flint; a firmer, better-preserved freestone was used for the finely carved elements (window tracery, gargoyles, corner quoins); and a few reddish blocks betray repairs in brick. The heart of the geological story, however, lies between two of them — the soft pale stone and the flint — which, despite their contrasting appearance, probably come from the same subsoil.

Geology

 

The upper town of Saint-Valery-sur-Somme stands on a promontory of white chalk from the Upper Cretaceous. In this region the chalk belongs to the Senonian (Coniacian to Campanian stages, about 89 to 72 million years ago); the detail of the bed outcropping here appears on the BRGM geological map of Saint-Valery-sur-Somme.

At that time, Picardy was covered by a warm, clear, shallow sea. Microorganisms with calcareous skeletons (coccolithophores, foraminifera) settled there in vast quantities to form chalk: a white, soft, finely porous rock. Other organisms — sponges, radiolarians — built skeletons of silica instead.

After burial, during diagenesis (the transformation of mud into rock), this biogenic silica, being unstable, dissolved, migrated through the chalk and recrystallised into very hard concretions: the flints, as black nodules whose abundance varies from one level of the chalk to another.

Thus the soft pale material of the chequerboard and the flint blocks are, in all likelihood, two products of one and the same local chalk — two children of the same Cretaceous sea. The flints, freed by erosion or rolled into cobbles on the foreshore, were easily gathered; the pale stone came from chalk beds in the region. Two materials of a single origin, but of opposite chemistry.

Main phenomena

1 — The way flint breaks

Flint is cryptocrystalline silica (SiO₂), very hard: it cannot be scratched with a knife blade. Because it is homogeneous and brittle, it breaks in a regular, predictable way, with what is called a conchoidal fracture: its fracture surfaces are curved, concave, shell-shaped, with sharp edges. It is this controllable fracture — not any tendency to form flat faces — that allowed prehistoric people to knap flint into tools, and medieval builders to “split” it into squared blocks for the chequerboard. On the dark blocks of the wall, these curved surfaces are still perfectly legible.

2 — Differential weathering: chalk suffers, flint resists

Set side by side on the wall, the two materials diverge radically after five centuries of exposure. Chalk, made of calcium carbonate (CaCO₃), is soluble in rainwater slightly acidified by atmospheric CO₂, and its high porosity accelerates the attack. Flint, made of almost insoluble silica, remains intact. On a single wall one can thus read the differential resistance of rocks to weathering agents.

3 — The forms of weathering on the chalk

Look closely at the soft pale blocks: several forms of weathering are superimposed on them.

Alveolisation is the most spectacular: rounded cavities, sometimes joined into a “honeycomb”, hollow out the surface. Water enters the pores of the chalk; as it dries, the salts it carries — including, on this coastal site, the sea salt of the spray — crystallise within it, and the growth of the crystals breaks up the grains. The exact mechanisms of alveolisation are still debated, but salt crystallisation plays a recognised part in it.

Darkening marks, on the contrary, the zones sheltered from rain, beneath overhangs and in recesses. Its origin is twofold: partly a gypsum crust (the limestone reacting with sulphur compounds in the air and trapping dust), partly colonisation by microorganisms (cyanobacteria, lichens). On this small, lightly industrialised coastal site, the biological share is far from negligible.

Desquamation appears as the detachment of thin scales parallel to the surface: the hardened film, undermined by salts, eventually flakes off, exposing fresh, friable chalk.

The most elegant detail is read at the scale of the whole wall: the zones washed directly by the rain stay pale and hollowed, while the sheltered zones darken. The distribution of light and dark thus faithfully maps out where the rain does — and does not — reach the stone. The flint, indifferent to all this, keeps its sharp edges.

Additional Hints (No hints available.)