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Du galet au silt : un classement granulométrique EarthCache

Hidden : 6/21/2026
Difficulty:
2.5 out of 5
Terrain:
1.5 out of 5

Size: Size:   other (other)

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Geocache Description:


Official EarthCache

 

Introduction

 

Le pavage de la Rue de Bretagne cache une leçon de géologie à ciel ouvert. Parmi les pavés gris-bleu et pourpres, certains ne sont pas faits d'une pierre uniforme : on y voit des éléments clairs et arrondis soudés dans une matrice rouge. Ces éléments ont roulé dans un courant il y a des centaines de millions d'années — bien avant que la Normandie, la craie ou Le Havre n'existent.

🎯 L'objectif de cette EarthCache est de reconnaître un conglomérat (poudingue) parmi les pavés, de comprendre ce que la taille et la forme de ses éléments révèlent sur l'énergie du courant qui les a transportés, et de retrouver dans un même pavage le tri des matériaux du galet au silt.

Rappel concernant les Earthcaches: Il n'y a pas de conteneur à rechercher ni de logbook à renseigner. Il suffit de se rendre sur les lieux, de répondre aux questions et de me renvoyer les réponses.

Précautions d'usage

 

⚠️ Sécurité : Vous êtes sur une voie ouverte à la circulation et au stationnement. Restez attentif aux véhicules et aux piétons ; le pavage est glissant par temps humide.

⚠️ Règlement : Observation uniquement. Ne pas gratter, frapper ni prélever de pierre. Respectez les riverains et les commerces.

⚠️ Équipement : Aucun matériel spécial. Une loupe (×10) est un plus, non indispensable.

Pour valider la Earthcache

 

Pour pouvoir valider cette EarthCache, vous devrez répondre correctement aux questions suivantes et ajouter à votre log une photo de vous, de votre GPS ou de votre pseudo au waypoint de la cache. Cette photo permettra de valider le « trouvé » en cas de mauvaise réponse aux questions. Attention : ne pas montrer les réponses sur votre photo.

Merci d'envoyer vos réponses via mon profil ou via la messagerie geocaching.com, ne les donnez pas dans votre log. Les logs enregistrés sans réponses seront supprimés.

Vous pouvez loguer la cache "trouvé" sans attendre ma confirmation, je vous contacterai en cas de problème.

N'hésitez pas à lire le descriptif pour vous aider à répondre aux questions.

Question 1 — Le pavé aux galets Au point GPS, repérez le pavé fait d'éléments distincts noyés dans une matrice plus fine.

a) Quelle est la taille (en mm) du plus gros élément visible ?

b) Combien de natures différentes d'éléments comptez-vous (d'après leur couleur et leur aspect) ?

Question 2 — Anguleux ou émoussé ?

a) Le contour des éléments clairs est-il anguleux, ou arrondi et émoussé ?

b) D'après cette forme, le transport subi a-t-il été important ou faible ? (une phrase)

Question 3 — Du galet au sable À quelques pas, trouvez un pavé uniforme à grain fin, sans élément grossier.

a) Lequel a les éléments les plus grossiers : ce pavé fin, ou le pavé à galets ?

b) Classez les deux pavés, du courant le plus fort au plus faible.

Question 4 — Réflexion Ces galets, roulés il y a ~470 millions d'années à l'ouest puis amenés ici, pavent aujourd'hui une rue d'un port bâti sur la craie. Qu'évoque pour vous le fait de marcher dessus ? (réponse libre)

Présentation du site

 

La Rue de Bretagne, dans le quartier Saint-François, conserve un pavage de pierres dures venues de loin. Là où la craie normande, blanche et tendre, fait de piètres pavés, on a importé des roches paléozoïques résistantes, taillées dans le Massif Armoricain, à l'ouest. Le résultat est une mosaïque de couleurs et, pour qui sait regarder, une véritable leçon de sédimentologie sous les pieds.

Géologie

 

Qu'est-ce qu'un poudingue ?

Le pavé central de cette cache est un conglomérat, appelé aussi poudingue. C'est une roche sédimentaire détritique, formée de débris d'autres roches. Deux choses se distinguent à l'œil nu :

  • les galets : des éléments de plus de 2 mm, ici dominés par le quartz clair, mais accompagnés d'autres éléments de couleurs et de natures variées ;
  • la matrice : la pâte plus fine, ici un grès rouge-violacé, qui enrobe et soude les galets.

Quand les galets proviennent de plusieurs roches sources différentes, le conglomérat est dit polygénique ; quand ils sont tous identiques, monogénique. À vous de regarder de près combien de natures cohabitent dans ce pavé.

La forme des débris : une mémoire du transport

La forme d'un fragment de roche raconte son histoire. Un débris fraîchement détaché d'un relief est anguleux, à arêtes vives. Il ne s'arrondit qu'en se frottant longuement contre d'autres, roulé par l'eau — rivière, torrent ou vagues. Plus le transport est long et énergique, plus les angles s'émoussent.

C'est ce qui sépare deux roches voisines : le poudingue, à débris arrondis (transport notable), et la brèche, à débris anguleux (presque pas de transport). En examinant la forme des éléments, vous pouvez donc estimer vous-même l'importance du voyage qu'ils ont subi. Le quartz, très dur, est l'un des rares minéraux à survivre intact à un long transport, là où des roches plus tendres seraient réduites en sable.

Classer les roches sédimentaires par la taille des grains

Les pavés de cette cache appartiennent tous à une même famille : les roches sédimentaires détritiques, faites de débris d'autres roches transportés, déposés puis cimentés. On les classe selon la taille de leurs grains, d'après une échelle standard (dite de Udden-Wentworth).

Et cette taille n'est pas un simple détail de vocabulaire : elle indique directement la force du courant qui a déposé les grains — un courant rapide ne laisse sur place que ses plus gros éléments, un courant lent dépose les plus fins.

chaque taille correspondent donc un sédiment meuble, une roche consolidée et une énergie de dépôt :

  • galets et graviers (> 2 mm) → conglomérat (poudingue ou brèche) → courant fort ;
  • sable (2 à 0,063 mm) → grès → courant modéré ;
  • silt (0,063 à 0,004 mm) → siltite → courant faible ;
  • argile (< 0,004 mm) → argilite → eau quasi immobile.

Nommer l'une de ces roches revient donc surtout à mesurer ses grains. Ce pavage rassemble justement, côte à côte, des pavés conglomératiques (galets), gréseux (sable) et silteux (très fins) : à vous de retrouver, d'un pavé à l'autre, cette gamme d'énergies, du courant le plus violent au plus paisible.

Cette famille détritique se distingue d'ailleurs de la craie sur laquelle est bâti Le Havre : la craie n'est pas faite de débris transportés, mais de l'accumulation de restes de micro-organismes marins. C'est une roche biochimique, et non détritique — deux mondes que tout sépare, et que ce pavage met côte à côte.

Une histoire vieille d'environ 470 millions d'années

Ces pierres appartiennent vraisemblablement à une même série de roches du Massif Armoricain, la « Série rouge »(Formation de Pont-Réan), datée de l'Ordovicien, autour de 470 millions d'années. À cette époque, ni la France, ni l'Atlantique, ni la craie normande n'existaient : la future Bretagne se trouvait dans l'hémisphère sud, en bordure d'un grand continent aujourd'hui disparu, le Gondwana.

Le matériel de ces conglomérats a été arraché à un socle plus ancien encore (les terrains briovériens, vieux de plus de 540 millions d'années), érodé puis redéposé. Selon les chercheurs, ce dépôt grossier s'est fait soit dans un système continental(cônes de débris, deltas), soit à la base d'une mer envahissant le continent ; les deux interprétations sont défendues. La couleur rouge-violacé vient d'un pigment de fer, l'hématite, formé lors de l'enfouissement de la roche — un processus appelé diagenèse (les transformations chimiques qui durcissent un sédiment).

Pourquoi ces pierres ont voyagé jusqu'au Havre ?

Vers 300 millions d'années, une grande collision de continents — l'orogenèse hercynienne, qui édifia une chaîne de montagnes aujourd'hui rabotée — a comprimé et durci ces roches, les rendant compactes et très résistantes à l'usure. C'est cette dureté, héritée de leur richesse en quartz et de cette histoire, qui en fait d'excellents pavés.

Or Le Havre repose sur de la craie, calcaire blanc et tendre qui s'userait en quelques années sous les roues et les pas. Il a donc fallu importer des pierres dures. Le Havre étant un grand port, il était facile et économique d'acheminer par bateau ces matériaux du Massif Armoricain (le faciès conglomératique évoque plus précisément la Bretagne centrale, à environ 250 km). C'est ainsi que des galets roulés dans un courant de l'hémisphère sud, il y a près d'un demi-milliard d'années, pavent aujourd'hui une rue havraise.

Références bibliographiques

 

  1. BRGM (0097N). Notice explicative de la carte géologique du Havre à 1/50 000. Orléans : BRGM. Disponible sur : http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/0097N.pdf
  2. Cogné J. (1974). Le Massif Armoricain. In : Autran A. et al., Géologie de la France. BRGM/Dunod.
  3. Nichols G. (2009). Sedimentology and Stratigraphy. Wiley-Blackwell. ISBN 978-1-405-13592-4.
  4. Foucault A. & Raoult J.-F. (2014). Dictionnaire de Géologie. Dunod. ISBN 978-2-10-059735-2.
  5. Lagabrielle Y., Maury R., Renard M. (2013). Mémo visuel de Géologie. Dunod. ISBN 978-2-10-058499-4.

Introduction

 

The paving of Rue de Bretagne hides an open-air geology lesson. Among the blue-grey and purple cobbles, some are not made of a uniform stone: you can see pale, rounded elements set in a red matrix. These elements rolled along in a current hundreds of millions of years ago — long before Normandy, the chalk, or Le Havre existed.

🎯 The aim of this EarthCache is to recognise a conglomerate (puddingstone) among the cobbles, to understand what the size and shape of its elements reveal about the energy of the current that transported them, and to find, within a single pavement, the sorting of material from pebble to silt.

Reminder about EarthCaches: There is no container to look for and no logbook to sign. Simply visit the location, answer the questions, and send me your answers.

Safety & Rules

 

⚠️ Safety: You are on a road open to traffic and parking. Watch out for vehicles and pedestrians; the paving is slippery when wet.

⚠️ Rules: Observation only. Do not scratch, strike or remove any stone. Please respect local residents and businesses.

⚠️ Equipment: No special equipment required. A hand lens (×10) is a plus, but not essential.

How to log this EarthCache

 

To validate this EarthCache, you must answer the questions below correctly and include in your log a photo of yourself, your GPS device or your username at the cache waypoint. This photo will be used to validate your "Found it" if your answers are incorrect. Do not show the answers in your photo. Please send your answers through my profile or via the geocaching.com messaging system — do not post them in your log. Logs submitted without answers will be deleted.

You may log the cache as "Found it" without waiting for my confirmation — I will contact you if there is a problem.

Feel free to read the full description before answering the questions.

Question 1 — The cobble with pebbles At the GPS point, find the cobble made of distinct elements set in a finer matrix.

a) What is the size (in mm) of the largest visible element?

b) How many different natures of elements can you count (by their colour and appearance)?

Question 2 — Angular or rounded?

a) Is the outline of the pale elements angular, or rounded and blunted?

b) Based on that shape, was the transport they underwent significant or minor? (one sentence)

Question 3 — From pebble to sand A few steps away, find a uniform, fine-grained cobble with no coarse elements.

a) Which has the coarsest elements: this fine cobble, or the cobble with pebbles?

b) Rank the two cobbles, from the strongest current to the weakest.

Question 4 — Reflection These pebbles, rolled some 470 million years ago far to the west and then brought here, now pave a street in a port city built on chalk. What does it evoke for you to walk on them? (free answer)

About the Site

 

Rue de Bretagne, in the Saint-François district, preserves a pavement of hard stones brought from far away. Where the soft white Norman chalk makes poor cobbles, hard and durable Palaeozoic rocks were imported, quarried in the Armorican Massif to the west. The result is a mosaic of colours and, for those who look closely, a true lesson in sedimentology beneath their feet.

Geology

 

What is a puddingstone?

The central cobble of this cache is a conglomerate, also called puddingstone. It is a detrital sedimentary rock, made of debris from other rocks. Two things stand out to the naked eye:

  • the pebbles: elements larger than 2 mm, here dominated by pale quartz but accompanied by other elements of varied colours and natures;
  • the matrix: the finer paste, here a red-purple sandstone, which wraps and binds the pebbles.

When the pebbles come from several different source rocks, the conglomerate is polygenic; when they are all identical, monogenic. Look closely to see how many natures coexist in this cobble.

The shape of the debris: a memory of transport

The shape of a rock fragment tells its story. A fragment freshly broken off a relief is angular, with sharp edges. It only becomes rounded by rubbing against others for a long time, rolled by water — river, torrent or waves. The longer and more energetic the transport, the more the edges are worn down.

This is what separates two neighbouring rocks: the puddingstone, with rounded debris (significant transport), and the breccia, with angular debris (almost no transport). By examining the shape of the elements, you can estimate for yourself how far they travelled. Quartz, being very hard, is one of the few minerals to survive long transport intact, where softer rocks would be reduced to sand.

Classifying sedimentary rocks by grain size

The cobbles of this cache all belong to one family: detrital sedimentary rocks, made of debris from other rocks that was transported, deposited and cemented. They are classified by the size of their grains, using a standard scale (the Udden-Wentworth scale).

And that size is no mere matter of vocabulary: it directly indicates the strength of the current that deposited the grains — a fast current leaves behind only its largest elements, a slow current deposits the finest.

Each size therefore corresponds to a loose sediment, a consolidated rock and a depositional energy:

  • pebbles and gravel (> 2 mm) → conglomerate (puddingstone or breccia) → strong current;
  • sand (2 to 0.063 mm) → sandstone → moderate current;
  • silt (0.063 to 0.004 mm) → siltstone → weak current;
  • clay (< 0.004 mm) → claystone → almost still water.

Naming one of these rocks therefore comes down mainly to measuring its grains. This pavement gathers, side by side, conglomeratic cobbles (pebbles), sandy cobbles (sand) and silty cobbles (very fine): see if you can find, from one cobble to the next, this whole range of energies, from the most violent current to the calmest.

This detrital family is, moreover, quite distinct from the chalk on which Le Havre is built: chalk is not made of transported debris, but of the accumulation of the remains of marine micro-organisms. It is a biochemical rock, not a detrital one — two worlds set side by side in this very pavement.

A story about 470 million years old

These stones probably belong to a single rock series of the Armorican Massif, the "Red Series" (Pont-Réan Formation), dated to the Ordovician, around 470 million years ago. At that time, neither France, nor the Atlantic, nor the Norman chalk existed: the future Brittany lay in the southern hemisphere, on the margin of a vast, now-vanished continent, Gondwana.

The material of these conglomerates was torn from an even older basement (the Brioverian terrains, more than 540 million years old), eroded and then redeposited. According to researchers, this coarse deposit formed either in a continental system (debris fans, deltas) or at the base of a sea advancing over the continent; both interpretations are defended. The red-purple colour comes from an iron pigment, haematite, formed during the rock's burial — a process geologists call diagenesis (the chemical transformations that harden a sediment).

Why these stones travelled to Le Havre ?

Around 300 million years ago, a great continental collision — the Hercynian orogeny, which raised a mountain range now worn flat — compressed and hardened these rocks, making them compact and highly resistant to wear. It is this hardness, inherited from their quartz richness and from this history, that makes them excellent paving stones.

But Le Havre sits on chalk, a soft white limestone that would wear away within a few years under wheels and footsteps. Hard stones therefore had to be imported. As Le Havre is a major port, it was easy and economical to bring this material by ship from the Armorican Massif (the conglomeratic facies points more precisely to central Brittany, about 250 km away). And so pebbles rolled by a current in the southern hemisphere, nearly half a billion years ago, today pave a Le Havre street.

Additional Hints (No hints available.)

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