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La faille cachée de Fécamp EarthCache

Hidden : 7/13/2026
Difficulty:
3.5 out of 5
Terrain:
2 out of 5

Size: Size:   other (other)

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Geocache Description:


Official EarthCache

 

Introduction

 

Vous voici face aux falaises de craie de Fécamp. Un paysage tranquille — et pourtant, sous vos pieds, passe la faille de Fécamp-Lillebonne, la plus grande cassure qui affecte la craie de toute la région, longue de plus de vingt-cinq kilomètres.

Le plus étonnant ? Vous aurez beau scruter la paroi, vous ne la verrez jamais. Aucun plan de faille, aucune cassure nette. Alors comment les géologues ont-ils démontré son existence, mesuré son ampleur, et même reconstitué son histoire ? En menant l’enquête, indice par indice — et c’est ce que cette EarthCache vous propose de faire à votre tour.

🎯 L’objectif de cette EarthCache est de comprendre comment une faille majeure, totalement invisible dans la falaise, peut être détectée, mesurée, et son origine reconstituée à partir de la seule lecture des couches de craie.

Rappel concernant les Earthcaches: Il n’y a pas de conteneur à rechercher ni de logbook à renseigner. Il suffit de se rendre sur les lieux, de répondre aux questions et de me renvoyer les réponses.

Précautions d’usage

 

⚠️ Sécurité : les falaises de craie sont très instables — éboulements fréquents et sans préavis (celui du 22 février 2023, au Cap Fagnet, a emporté 40 m de falaise et le Calvaire des Marins). Ne stationnez jamais au pied immédiat de la paroi. Le waypoint du pied de falaise ne s’atteint qu’à marée basse ou descendante : consultez l’horaire des marées et remontez largement avant le flot. Le poste principal (promenade, en haut) est, lui, accessible en sécurité toute l’année.

⚠️ Règlement : site naturel — aucun prélèvement de roche, de silex ou de fossile. L’observation seule suffit.

⚠️ Équipement : chaussures fermées à semelles crantées (galets et platier glissants). Évitez la visite après de fortes pluies.

Pour valider la Earthcache

 

Pour pouvoir valider cette EarthCache, vous devrez répondre correctement aux questions suivantes et ajouter à votre log une photo de vous, de votre GPS ou de votre pseudo au waypoint de la cache. Cette photo permettra de valider le « trouvé » en cas de mauvaise réponse aux questions. Attention : ne pas montrer les réponses sur votre photo. Merci d’envoyer vos réponses via mon profil ou via la messagerie geocaching.com, ne les donnez pas dans votre log. Les logs enregistrés sans réponses seront supprimés.

Vous pouvez loguer la cache “trouvé” sans attendre ma confirmation, je vous contacterai en cas de problème.

N’hésitez pas à lire le descriptif pour vous aider à répondre aux questions.

waypoint 1 : « Pied de falaise ouest », à marée basse :

Question 1 — Décrivez la craie à la base de la falaise : sa couleur générale, et son aspect (vous paraît-elle plutôt dure ou plutôt tendre ?).

Question 2 — Observez les lits de silex noirs. Comment se présentent-ils (rognons isolés ? lits continus ? largement espacés ou rapprochés ?), et quelle est leur couleur par rapport à la craie ?

waypoint 2 : au phare du port (promenade) :

Question 3 — De l’autre côté de la baie s’élève la falaise du Cap Fagnet (le haut promontoire coiffé du sémaphore). Comparez-la à la falaise du secteur du casino d’où vous venez. Citez au moins deux différences nettes visibles à distance — par exemple la hauteur, la teinte générale, ou l’allure d’ensemble (plutôt massive, ou au contraire finement litée). Si vous distinguez les lits de silex, précisez en outre laquelle des deux falaises en paraît la plus riche.

Question 4 — Un même mince niveau repère (une marne) se trouve à la base de la falaise côté ouest, mais au sommet du Cap Fagnet, à plus de 100 mètres de hauteur. Quel compartiment a donc été soulevé par rapport à l’autre, et le décalage vertical (le rejet) de la faille est-il de l’ordre de 12 m, 120 m ou 1200 m ?

Question 5 — À votre avis : les deux falaises ne montrent pas les mêmes couches simplement décalées, mais des craies d’épaisseurs et d’aspects différents. Qu’est-ce que cela suggère sur le moment où la faille a joué — avant, après, ou pendant le dépôt de la craie ? (Il n’y a pas de réponse unique : justifiez avec ce que vous observez.)

Géologie

 

La craie du Pays de Caux.

La roche des falaises est de la craie, un calcaire déposé au fond d’une mer chaude au Crétacé supérieur, il y a environ 95 à 86 millions d’années, par l’accumulation de squelettes microscopiques de plancton calcaire. Elle renferme deux hôtes discrets mais précieux pour l’enquête : des lits de silex (silice concentrée dans le sédiment après le dépôt) et de minces lits de marne (craie plus argileuse).

Deux craies superposées.

La craie locale n’est pas uniforme : on y empile deux ensembles distincts —

  • une craie inférieure, plus noduleuse, ponctuée de bancs durcis (des « hardgrounds ») et de silex plutôt irréguliers ;
  • une craie supérieure, plus régulière, rythmée par des lits de silex ;
  • et entre les deux, un mince lit-repère : la marne de Shoreham.

Savoir distinguer ces deux craies — et repérer laquelle domine devant vous — est au cœur de l’enquête.

Une faille que l’on ne voit pas.

Une faille est une cassure le long de laquelle les deux blocs voisins se sont déplacés l’un par rapport à l’autre. La craie est partout fracturée, mais la plupart des cassures n’ont pas bougé, ou de quelques mètres à peine.

La faille de Fécamp-Lillebonne, elle, déplace les terrains de plusieurs dizaines de mètres — mais son tracé, presque vertical, passe entre les deux caps, sous la ville, la vallée et la mer. On ne la voit jamais : on ne peut que la déduire du décalage des couches de part et d’autre de la plage. C’est pourquoi les deux falaises qui encadrent Fécamp, distantes de 1,2 km, n’exposent pas la même craie : la faille met face à face des niveaux qui, sans elle, seraient superposés. Laquelle des deux craies voyez-vous de chaque côté ?

Mesurer l’invisible.

Pour chiffrer le décalage — le rejet (h0) — les géologues suivent le lit-repère, la marne de Shoreham. Elle apparaît à la base de la falaise côté ouest, et au sommet du Cap Fagnet, à plus de 100 mètres de hauteur, de l’autre côté. Un même lit, en bas ici et tout en haut là-bas : l’écart de hauteur donne directement la mesure du rejet — et le sens du mouvement. À vous de conclure (question 4).

Comment cette faille s’est-elle formée ?

Son histoire se lit en plusieurs temps.

  • Un héritage très ancien.

La cassure prolonge en profondeur une fracture du vieux socle, formée il y a environ 300 millions d’années lors d’une chaîne de montagnes aujourd’hui disparue. Son orientation nord-ouest / sud-est (N150°) en est héritée ; elle appartient à la grande famille des failles de la Seine et de la Manche.

  • Des rejeux répétés.

La faille n’a pas joué en une seule fois. L’un de ces épisodes est même enregistré dans la craie elle-même : les deux compartiments n’ont pas accumulé la même épaisseur, ni le même faciès de craie. Ce simple constat renseigne sur le moment où la faille a joué par rapport au dépôt de la craie — c’est tout l’objet de la question 5.

  • Un serrage tardif.

Plus tard, la lente convergence des plaques africaine et européenne a comprimé la région. Le Pays de Caux s’est soulevé, et la faille a rejoué, cette fois avec une part de coulissement horizontal et de larges ondulations de la craie.

  • Une faille toujours vivante.

Elle n’est pas éteinte : des séismes de faible amplitude sont régulièrement enregistrés en Manche, et des secousses ont été ressenties à Fécamp en 1757, 1766, 1772, 1833 et 1881. Les minces lits de marne, imperméables, retiennent l’eau et fragilisent la paroi : ils commandent en partie les éboulements — comme celui de 2023 au Cap Fagnet, approximativement borné vers le haut par la marne de Shoreham. Le repère qui sert à mesurer la faille est aussi l’un de ceux qui font tomber la falaise.

Références

 

  • CRIANN / CRIHAN — Falaises de craie, pages « faille de Fécamp », « Cap Fagnet », « tectonique en blocs », « fracturation » (craies.crihan.fr)
  • INPN / INPG — géosite HNO0033, « Faille de Fécamp-Lillebonne à Fécamp »
  • Mortimore R.N. & Pomerol B. (1987) — Correlation of the Upper Cretaceous White Chalk (Turonian to Campanian) in the Anglo-Paris Basin. Proc. Geol. Assoc., 98, 97-143
  • Meire B. et al. (2019) — La faille de Fécamp-Lillebonne par méthodes géophysiques combinées (HAL, hal-02262164)
  • BRGM — Carte géologique de la France à 1/50 000, feuille Fécamp (n° à vérifier sur infoterre.brgm.fr)

Introduction

 

Here you stand before the chalk cliffs of Fécamp. A peaceful scene — and yet, beneath your feet runs the Fécamp-Lillebonne fault, the largest fracture affecting the chalk of the entire region, more than twenty-five kilometres long.

The most surprising part? However hard you scan the cliff face, you will never see it. No fault plane, no clean break. So how did geologists prove it exists, measure its size, and even reconstruct its history? By following the clues, one by one — and that is exactly what this EarthCache invites you to do in turn.

🎯 The aim of this EarthCache is to understand how a major fault, completely invisible in the cliff, can be detected, measured, and its origin reconstructed from the reading of the chalk layers alone.

A reminder about EarthCaches: there is no container to find and no logbook to sign. You simply need to go to the site, answer the questions and send me your answers.

Safety and rules

 

⚠️ Safety: chalk cliffs are highly unstable — rockfalls are frequent and happen without warning (the collapse of 22 February 2023 at Cap Fagnet carried away 40 m of cliff and the “Calvaire des Marins” cross). Never stand at the immediate foot of the cliff face. The foot-of-cliff waypoint can only be reached at low or falling tide: check the tide times and climb back up well before the flood. The main station (the promenade, at the top) is safely accessible year-round.

⚠️ Rules: protected natural site — no collecting of rock, flint or fossils. Observation alone is enough.

⚠️ Equipment: closed shoes with good grip (pebbles and the wave-cut platform are slippery). Avoid visiting after heavy rain.

To validate this EarthCache

 

To validate this EarthCache, you must answer the following questions correctly and add to your log a photo of yourself, your GPS or your username at the cache waypoint. This photo will allow the “found” to be validated in case of an incorrect answer. Please note: do not show the answers in your photo. Please send your answers via my profile or the geocaching.com messaging system; do not post them in your log. Logs recorded without answers will be deleted.

You may log the cache as “found” without waiting for my confirmation; I will contact you if there is a problem.

Feel free to read the description to help you answer the questions.

waypoint 1 : “Foot of the western cliff”, at low tide

Question 1 — Describe the chalk at the base of the cliff: its general colour, and its feel (does it look rather hard or rather soft?).

Question 2 — Look at the black flint bands. How do they occur (isolated nodules? continuous bands? widely or closely spaced?), and what is their colour compared to the chalk?

Waypoint 2 : promenade

Question 3 — Across the bay rises the Cap Fagnet cliff (the high headland topped by the signal station). Compare it with the cliff of the casino sector you have come from. Name at least two clear differences visible from a distance — for example height, overall colour, or general appearance (rather massive, or on the contrary finely bedded). If you can make out the flint bands, add which of the two cliffs looks the richer in them.

Question 4 — One and the same thin marker bed (a marl) lies at the base of the cliff on the western side, but at the top of Cap Fagnet, more than 100 metres up. Which block has therefore been raised relative to the other, and is the vertical offset (the throw) of the fault of the order of 12 m, 120 m or 1200 m?

Question 5 — In your opinion: the two cliffs do not show the same layers simply shifted, but chalk of different thicknesses and appearance. What does this suggest about when the fault moved — before, after, or during the deposition of the chalk? (There is no single right answer: justify it with what you observe.)

Geology

 

The chalk of the Pays de Caux.

The rock of the cliffs is chalk, a limestone laid down on the floor of a warm sea in the Late Cretaceous, about 95 to 86 million years ago, from the accumulation of microscopic skeletons of calcareous plankton. It holds two discreet but precious guests for the investigation: flint bands (silica concentrated in the sediment after deposition) and thin marl seams (more clay-rich chalk).

Two stacked chalks.

The local chalk is not uniform: it stacks two distinct units —

  • a lower chalk, more nodular, dotted with hardened beds (“hardgrounds”) and rather irregular flints;
  • an upper chalk, more regular, punctuated by flint bands;
  • and between the two, a thin marker bed: the Shoreham marl.

Learning to tell these two chalks apart — and to spot which one dominates in front of you — is at the heart of the investigation.

A fault you cannot see.

A fault is a fracture along which the two neighbouring blocks have moved relative to one another. The chalk is fractured everywhere, but most breaks have not moved, or by only a few metres. The Fécamp-Lillebonne fault, however, displaces the strata by several tens of metres — but its trace, almost vertical, runs between the two headlands, beneath the town, the valley and the sea. It is never seen: it can only be inferred from the offset of the layers on either side of the beach. This is why the two cliffs framing Fécamp, 1.2 km apart, do not expose the same chalk: the fault brings face to face levels that, without it, would be stacked one above the other. Which of the two chalks do you see on each side?

Measuring the invisible.

To quantify the offset — the throw — geologists follow the marker bed, the Shoreham marl. It appears at the base of the cliff on the western side, and at the top of Cap Fagnet, more than 100 metres up, on the other side. The same bed, low here and high over there: the difference in height gives directly the size of the throw — and the sense of movement. It is up to you to conclude (question 4).

How did this fault form?

Its history unfolds in several acts.

  1. A very ancient inheritance. The fracture continues, at depth, a fracture of the old basement, formed about 300 million years ago during a mountain range that has since vanished. Its north-west / south-east orientation (N150°) is inherited from it; it belongs to the great family of the Seine and Channel faults.
  2. Repeated movements. The fault did not move just once. One of these episodes is even recorded in the chalk itself: the two blocks did not accumulate the same thickness, nor the same type of chalk. This simple observation tells us about when the fault moved relative to the deposition of the chalk — which is the whole point of question 5.
  3. A late squeeze. Later, the slow convergence of the African and European plates compressed the region. The Pays de Caux was uplifted, and the fault moved again, this time with a component of horizontal slip and broad undulations of the chalk.
  4. A fault still alive. It is not extinct: small earthquakes are regularly recorded in the Channel, and tremors were felt at Fécamp in 1757, 1766, 1772, 1833 and 1881. The thin marl seams, being impervious, hold back water and weaken the cliff: they partly control the rockfalls — like the one in 2023 at Cap Fagnet, bounded roughly at the top by the Shoreham marl. The marker used to measure the fault is also one of those that bring the cliff down.

Additional Hints (No hints available.)

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