

Introduction
Vue de loin, la falaise de la Côte d’Albâtre n’est qu’un grand mur blanc, lisse et uniforme. Mais à ses pieds, entre deux marées, la roche raconte tout autre chose. Là, la mer et de minuscules organismes gravent la craie sans relâche — et ce travail met à nu ce que la falaise cache : les silex enfouis dans la masse et un discret réseau de traces grises. Cette EarthCache vous invite à regarder de près une roche qui, ici seulement, se dévoile.
🎯 L’objectif de cette EarthCache est de comprendre comment l’érosion différentielle au bas de la falaise révèle des structures cachées de la craie — les silex et les traces grises internes — que la paroi blanche dissimule.
Rappel concernant les Earthcaches : Il n’y a pas de conteneur à rechercher ni de logbook à renseigner. Il suffit de se rendre sur les lieux, de répondre aux questions et de me renvoyer les réponses.
Précautions d’usage
⚠️ Sécurité : Falaise vive en recul actif (chutes de blocs, éboulements). Ne stationnez jamais au pied direct de la paroi ni sous les surplombs, surtout après la pluie. Accès à marée basse uniquement : consultez horaires et coefficient (port de Fécamp) et surveillez la marée montante pour ne pas être piégé. Réseau mobile parfois absent.
⚠️ Règlement : Littoral protégé (secteur vraisemblablement Natura 2000 – Littoral cauchois). On observe sans rien prélever ni dégrader : ne détachez, ne cassez et n’emportez aucun silex, galet ou fragment de craie.
⚠️ Équipement : Chaussures à semelles crantées (rochers et algues très glissants), montre + table des marées, vêtements adaptés au vent.
Pour valider la Earthcache
Pour pouvoir valider cette EarthCache, vous devrez répondre correctement aux questions suivantes et ajouter à votre log une photo de vous, de votre GPS ou de votre pseudo au waypoint de la cache. Cette photo permettra de valider le « trouvé » en cas de mauvaise réponse aux questions. Attention : ne pas montrer les réponses sur votre photo. Merci d’envoyer vos réponses via mon profil ou via la messagerie geocaching.com, ne les donnez pas dans votre log. Les logs enregistrés sans réponses seront supprimés.
Vous pouvez loguer la cache “trouvé” sans attendre ma confirmation, je vous contacterai en cas de problème.
N’hésitez pas à lire le descriptif pour vous aider à répondre aux questions.

Question 1 — Repérez un silex bien dégagé au pied de la falaise. Par rapport à la surface de la craie qui l’entoure, est-il en creux, au même niveau, ou en relief (il dépasse) ? Qu’en concluez-vous sur sa résistance à l’érosion comparée à celle de la craie ?
Question 2 — Observez le fin réseau gris dans la craie. Décrivez sa forme : plutôt des rubans ondulés parallèles aux lits de la roche, ou plutôt des taches et tubes ramifiés qui semblent recouper la roche ?
Question 3 — Regardez les galets de la plage : sont-ils plutôt anguleux ou bien arrondis et lisses ? En comparant leur matière à celle des éléments durs vus dans la falaise (Question 1), quelle roche reconnaissez-vous dans ces galets, et d’où proviennent-ils selon vous ?
Question 4 — Comparez la craie au ras des galets (humide, gravée) et la paroi blanche sèche plus haut : citez une différence d’aspect. Selon vous, pourquoi les silex et les traces grises ressortent-ils ici, et pas sur le mur blanc du dessus ?
Présentation du site
Vous êtes au pied des falaises de la Côte d’Albâtre, au nord de Fécamp (secteur de Senneville-sur-Fécamp). Ces falaises blanches sont faites de craie, un calcaire tendre du Crétacé supérieur, riche en silex — ces rognons noirs qui soulignent les bancs. La mer a dégagé au pied de la falaise une plate-forme d’érosion (le platier) et attaque en permanence la base de la roche. Le modelé se lit mieux hors plein été, lorsque les algues vertes recouvrent moins la surface.
Géologie
La craie de la Côte d’Albâtre est un calcaire tendre, fait de milliards de coquilles microscopiques de plancton déposées au fond d’une mer chaude et peu profonde. À Senneville, la base de la falaise expose une craie à silex du Crétacé supérieur (Turonien supérieur à Coniacien selon le niveau exact), déposée il y a plusieurs dizaines de millions d’années. Les silex — rognons noirs à cœur sombre et cortex clair — sont nés plus tard dans la craie, par précipitation de silice. Ils sont constitués de plus de 98 % de silice : le silex est ainsi bien plus dur que la craie et quasi inaltérable. Deux matières de résistances opposées cohabitent donc dans une même roche.
Au pied de la paroi, dans la zone atteinte par les marées, trois érosions travaillent ensemble (BRGM 0057N ; craies.crihan.fr) : l’érosion marine (vagues et galets projetés qui usent et sapent la base), l’érosion biologique (micro-organismes endolithes à sécrétion acide, mollusques brouteurs comme les patelles et les bigorneaux qui raclent la craie), et, par l’arrière, l’érosion continentale (gel et eaux de pluie qui fragilisent la falaise et provoquent les éboulements). Face à ces agents, la craie tendre et le silex très dur ne s’usent pas à la même vitesse : c’est l’érosion différentielle.
Une roche qui se révèle.
Sur la haute paroi sèche, la craie paraît uniforme. Mais au ras des galets, l’attaque conjointe de la mer et du vivant grave la surface et met à nu ce que la craie cachait — au premier chef un fin réseau gris ondulé, absent du grand mur blanc. Ce réseau correspond à des structures internes à la craie, exhumées par l’érosion :
- soit un lacis marneux : de fins rubans un peu plus argileux que la craie pure, sub-parallèles aux bancs ;
- soit des traces de bioturbation : les remplissages de terriers creusés par des animaux qui fouissaient le fond marin crétacé, en taches et tubes ramifiés ;
- souvent, les deux mêlés.
Légèrement plus argileuses ou autrement tassées que la craie pure, ces zones réagissent un peu différemment à l’érosion et retiennent davantage l’humidité : la gravure du bas de falaise les fait ressortir en relief et en teinte, alors qu’elles restent masquées sur la paroi sèche.
Pourquoi seulement ici ?
Parce que seule la base, régulièrement mouillée et attaquée par la mer et les organismes, subit cette gravure sélective qui joue le rôle de révélateur — comme un bain de développement fait apparaître une image latente. À cela s’ajoute le très faible pendage des couches (~5 ‰ vers le NNE, notice BRGM) qui amène précisément à hauteur d’estran, à cet endroit, un banc riche en traces grises. Sur la falaise sèche au-dessus, ou sur un bloc fraîchement éboulé, la même craie garde son masque blanc et uniforme.
Phénomènes principaux — l’érosion, révélateur de la craie
Le « wow » de ce site tient en une idée : au pied de la falaise, l’érosion différentielle dévoile l’anatomie interne de la craie. Parce que ses composants (craie tendre, silex dur, rubans un peu plus argileux, terriers fossiles) ne résistent pas de la même façon, l’attaque marine et biologique les sépare et les fait apparaître. La craie, si lisse et uniforme vue de loin, se révèle ici structurée et riche d’histoire — à condition de regarder de près, au bon niveau, entre deux marées.
Références
- BRGM (0057N). TERNET Y. (1969). Notice explicative de la carte géologique de Fécamp à 1/50 000 (feuille XVIII-8-9). Orléans : BRGM. http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/0057N.pdf
- NESTEROFF W. D. & MÉLIÈRES F. (1967). L’érosion littorale du Pays de Caux. Bull. Soc. Géol. Fr., t. 9, p. 160-169.
- HOYEZ B., GIRARD J. & COTTARD N. — Falaises de craie (pages « le platier » et « roches »). https://craies.crihan.fr

Introduction
Seen from afar, the cliff of the Côte d’Albâtre is just a great white wall, smooth and uniform. But at its foot, between two tides, the rock tells a very different story. There, the sea and tiny living organisms endlessly etch the chalk — and this work lays bare what the cliff hides: the flints buried in its mass, and a discreet network of grey traces. This EarthCache invites you to look closely at a rock that, here alone, reveals itself.
🎯 The aim of this EarthCache is to understand how differential erosion at the foot of the cliff reveals hidden structures within the chalk — the flints and the internal grey traces — that the white wall conceals.
A reminder about EarthCaches: there is no container to find and no logbook to sign. You simply go to the site, answer the questions, and send me your answers.
Safety and rules
⚠️ Safety: This is a live, actively retreating cliff (rockfalls, collapses). Never stand directly at the foot of the wall or beneath overhangs, especially after rain. Access at low tide only: check tide times and coefficient (port of Fécamp) and watch the rising tide so you are not cut off. Mobile coverage may be absent.
⚠️ Rules: Protected shoreline (the area is likely Natura 2000 – Littoral cauchois). Observe without removing or damaging anything: do not detach, break or take away any flint, pebble or fragment of chalk.
⚠️ Equipment: Shoes with a good grip (rocks and algae are very slippery), a watch and a tide table, clothing suited to the wind.
To validate the EarthCache
To validate this EarthCache, you must answer the following questions correctly and add to your log a photo of yourself, your GPS or your username at the cache waypoint. This photo allows the “found” to be validated in case of a wrong answer. Please do not show the answers on your photo. Send your answers via my profile or the geocaching.com messaging system; do not give them in your log. Logs recorded without answers will be deleted.
You may log the cache as “found” without waiting for my confirmation; I will contact you if there is a problem.
Feel free to read the description to help you answer the questions.

Question 1 — Find a well-exposed flint at the foot of the cliff. Compared with the surface of the chalk around it, is it recessed (in a hollow), level with it, or standing out (in relief)? What do you conclude about its resistance to erosion compared with that of the chalk?
Question 2 — Look at the fine grey network in the chalk. Describe its shape: rather wavy ribbons running parallel to the beds of the rock, or rather branching patches and tubes that seem to cut across the rock?
Question 3 — Look at the pebbles on the beach: are they mostly angular, or rounded and smooth? Comparing their material with the hard elements seen in the cliff (Question 1), which rock do you recognise in these pebbles, and where do you think they come from?
Question 4 — Compare the chalk just above the pebbles (wet, etched) with the dry white wall higher up: name one difference in appearance. In your opinion, why do the flints and the grey traces stand out here, and not on the white wall above?
About the site
You are at the foot of the cliffs of the Côte d’Albâtre, north of Fécamp (Senneville-sur-Fécamp area). These white cliffs are made of chalk, a soft Late Cretaceous limestone, rich in flint — the black nodules that pick out the beds. The sea has cleared a rocky erosion platform (the shore platform) at the cliff foot and constantly attacks the base of the rock. The relief reads best outside high summer, when green algae cover the surface less.
Geology
The chalk of the Côte d’Albâtre is a soft limestone made of billions of microscopic plankton shells laid down on the floor of a warm, shallow sea. At Senneville, the base of the cliff exposes a flint-bearing chalk of the Late Cretaceous (Upper Turonian to Coniacian, depending on the exact level), deposited several tens of millions of years ago. The flints — black nodules with a dark core and a paler cortex — formed later, within the chalk, by the precipitation of silica. They are made of more than 98 % silica: flint is therefore far harder than chalk and almost unalterable. Two materials of opposite resistance thus coexist in one and the same rock.
At the foot of the wall, in the tidal zone, three kinds of erosion work together (BRGM 0057N; craies.crihan.fr): marine erosion (waves and hurled pebbles that wear and undercut the base), biological erosion (acid-secreting endolithic micro-organisms, and grazing molluscs such as limpets and periwinkles that rasp the chalk), and, from behind, continental erosion (frost and rainwater that weaken the cliff and cause the collapses). Faced with these agents, the soft chalk and the very hard flint do not wear away at the same rate: this is differential erosion.
A rock that reveals itself.
On the high, dry wall, the chalk looks uniform. But just above the pebbles, the combined attack of the sea and living things etches the surface and lays bare what the chalk was hiding — first and foremost a fine, wavy grey network, absent from the great white wall. This network corresponds to structures internal to the chalk, exhumed by erosion:
- either a marly network: fine ribbons slightly more clay-rich than the pure chalk, running roughly parallel to the beds;
- or traces of bioturbation: the infills of burrows dug by animals that churned the Cretaceous sea floor, as branching patches and tubes;
- often, the two combined.
Slightly more clay-rich or differently compacted than the pure chalk, these zones react a little differently to erosion and hold more moisture: the etching at the cliff foot brings them out in relief and in colour, whereas they stay masked on the dry wall.
Why only here?
Because only the base, regularly wetted and attacked by the sea and by organisms, undergoes this selective etching that acts as a developer — just as a developing bath brings out a latent image. Add to this the very gentle dip of the beds (about 5 ‰ towards the NNE) that brings exactly to foreshore level, at this spot, a bed rich in grey traces. On the dry cliff above, or on a freshly fallen block, the same chalk keeps its uniform white mask.
Main phenomenon — erosion, developer of the chalk
The “wow” of this site comes down to one idea: at the foot of the cliff, differential erosion unveils the internal anatomy of the chalk. Because its components (soft chalk, hard flint, slightly clay-rich ribbons, fossil burrows) do not resist in the same way, the marine and biological attack separates them and brings them out. The chalk, so smooth and uniform from afar, reveals itself here as structured and rich in history — provided you look closely, at the right level, between two tides.