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Sur la route de Lussac-les-Châteaux (D749), entre Chauvigny et Valdivienne, près de Saint-Martin-la-Rivière, à l'ombre d'un grand chêne en bordure de champ, se dresse un calvaire connu localement sous le nom de "Croix Rouge".
Le monument impressionne par sa construction en plusieurs niveaux : une base massive de blocs de pierre empilés, un bloc arrondi de transition, puis un corps architecturé comprenant une petite niche votive, et enfin la croix sommitale.
Mais le vrai trésor de ce calvaire se trouve juste sous la niche : une inscription latine gravée en cercle autour d'une croix en relief, qui se lit : "QUI PERCUSSUS ASPEXERIT VIVET" — "Celui qui, frappé, aura regardé, vivra." Cette formule fait référence à l'épisode biblique du serpent d'airain (Livre des Nombres, chapitre 21) : Moïse dresse un serpent de bronze sur un poteau, et quiconque le regarde, après avoir été mordu par les serpents envoyés en punition, est guéri. Ce récit est traditionnellement interprété comme une préfiguration de la Croix du Christ (Évangile de Jean, 3:14-15) : de même que le serpent élevé sauvait ceux qui le regardaient, le Christ élevé sur la croix sauve ceux qui se tournent vers lui.
Une inscription rare et symboliquement riche, qui suggère peut-être que ce calvaire a été érigé en lien avec une épidémie ou une calamité, la croix étant alors invoquée comme protection ou remède spirituel.
Pour les chercheurs de cache : approchez-vous du niveau juste sous la niche votive pour observer cette inscription circulaire — un bel exemple d'épigraphie religieuse rurale, assez rare dans la région.
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