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Description :
Port - vendres [pɔʁ'vɑ̃ːdʁə] (Portvendres en catalan) est une commune française, située dans le sud-est du département des Pyrénées-Orientales en région Occitanie. Ses habitants sont appelés les Port-Vendrais.
Exposée à un climat méditerranéen altéré, elle est drainée par divers petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable : un site Natura 2000 (la « côte rocheuse des Albères »), deux espaces protégés (l'« anse de Paulilles » et le « Cap Béar ») et sept zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Port-Vendres est une commune rurale et littorale qui compte 4 018 habitants en 2023. Elle appartient à l'agglomération de Saint-Cyprien.
Accès :
Elle se situe à 26 km à vol d'oiseau de Perpignan, préfecture du département, à 29 km de Céret, sous-préfecture, et à 7 km d'Argelès-sur-Mer, bureau centralisateur du canton de la Côte Vermeille dont dépend la commune depuis 2015 pour les élections départementales. La commune fait en outre partie du bassin de vie de Saint-Cyprien.
Les communes les plus proches sont: Collioure (2,2 km), Banyuls-sur-Mer (4,4 km), Argelès-sur-Mer (7,4 km), Cerbère (9,6 km), Saint-André (11,4 km), Sorède (12,2 km), Latour-Bas-Elne (12,9 km), Palau-del-Vidre (13,2 km).
Historique :
Sur le plan historique et culturel, la commune relevait du Roussillon, une ancienne province du royaume de France, qui a existé de 1659 jusqu'en 1790 et qui recouvrait les trois vigueries du Roussillon, du Conflent et de Cerdagne.
Antiquité;
On entend souvent dire que Port Vendres aurait été fondée par les phéniciens pendant le VIe siècle av. J.-C. Et que par conséquent elle aurait été le premier port de commerce du Roussillon, reliant le monde occidental au monde oriental[56]. Cependant, aucune source archéologique n'atteste ce propos qui doit être regardé avec prudence.
On dit aussi que sur l’une des falaises, au bord des flots, les Grecs ont élevé un temple à Vénus au VIIe siècle av. J.-C., identique à tous ceux de la Grèce. Vénus, qui venait d'émigrer aux grèves de la Gaule,serait devenue la Vénus pyrénéenne, hommage rendu aux habitants qui peuplaient le versant nord de ces montagnes. Cette idée n'est pas non plus corroborée par l'archéologie. Seule la toponymie (Portus Veneris, le port de Vénus) tendrait à l'accréditer. Les fouilles subaquatiques de l'épave de Port-Vendres 9 ont mis au jour de nombreux vestiges architecturaux issus d'un temple antique : il est maintenant acquis qu'ils ne proviennent pas de Port-Vendres mais ont constitué le lest d'un navire, et sont issus de la démolition d'un édifice de culte à l'antiquité tardive. Ils ne peuvent donc être regardés comme une preuve de la présence à Port-Vendres d'un temple de Vénus.
Les nombreuses fouilles archéologiques subaquatiques, réalisées par l'ARESMAR sur Port-Vendres, démontrent qu'au début de notre ère il ne s'agissait pas d'un port à proprement parler, mais d'un abri situé sur la liaison Tarragone - Empuries - Narbonne. En effet, l'Anse Gerbal, à l'emplacement de la criée actuelle, présentait un havre permettant aux navires rencontrant des difficultés à franchir le cap Béar de s'abriter. Néanmoins, son entrée est difficile à négocier par forte tramontane et plusieurs navires se sont échoués au pied de la redoute Béar entre le Ier et le Ve siècle de notre ère.
Moyen Âge;
Le port de Port-Vendres au XVIIIe siècle.
La ville fut abandonnée peu à peu, à cause de sa localisation, mais sans réellement s'éteindre, puisqu'en 1272 on retrouve dans le testament de Jacques Ier le Conquérant une mention de la ville de « Port-Vendre de Collioure », indiquant que Port-Vendres et Collioure étaient réunies en une seule commune, qui se sont ensuite séparées naturellement, car celles-ci étaient géographiquement séparées.
Période moderne ;
Malheureusement, l'abandon a laissé la ville se dégrader. En 1599, des travaux de rénovations sont lancés durant tout le siècle à l'amélioration du port, perçage de quelques rues, constructions de nouvelles habitations, constructions de quais et de débarcadères plus commodes.
Les Espagnols tentèrent un débarquement en 1690 puis réussissent leur entreprise en 1794, et Port-Vendres tombe en leur pouvoir, ainsi que Collioure anciennement réunis. Ils seront expulsés l'année suivante par les Français.
Il y avait durant le Directoire un bureau des douanes désigné pour l'exportation du tabac.
La commodité de la rade, ouverte seulement au nord-est, protège le bassin. Elle offre un refuge aux navires menacés par les tempêtes du Golfe du Lion qui ne peuvent pas regagner les ports de Sète ou de Marseille, trop éloignés. Port-Vendres était une bonne position pour une escadre destinée à agir sur les côtes voisines.
Un nouveau port de galère est creusé en 1700, par nécessité d'abriter de nombreux bateaux de guerre, mais après de nombreuses difficultés, la construction fut abandonnée en l'état en 1709, avant d'être reprise et terminée 63 ans plus tard.
Augustin-Joseph de Mailly ré-organise Port-Vendres qu’il veut comme Perpignan la représentation idéale d’une ville maçonnique. Il y fait construire un port profond et à l'abri des vents. Outre le port moderne, en 15 années (1770-1785), il complète la ville, trace et perce quelques petites rues, construit de nouvelles habitations sur un plan uniforme, rectifie des alignements, construit des quais et des débarcadères commodes. Pour marquer d'un symbole la naissance de Port-Vendres, Louis XVI permet à la province de faire ériger à sa gloire le premier monument élevé en France en son honneur, l'obélisque de Port-Vendres, au cours des années 1780.
La commune de Port-Vendres est créée le 23 avril 1823 à partir de territoires distraits des communes de Collioure et de Banyuls-sur-Mer. Elle est alors rattachée au Canton d'Argelès-sur-Mer jusqu'en 1973.
Période contemporaine ;
Lors de la Retirada, deux navires commerciaux, l’Asni et le Maréchal Lyautey sont ancrés à Port-Vendres pour servir de navires sanitaires et soigner les blessés de l’armée populaire de la République espagnole réfugiés en France.
Port-Vendres fut un des ports d'embarquement prévus en juin 1940 pour le déménagement du gouvernement Reynaud en Algérie, projet qui avorta à la suite des manœuvres du maréchal Pétain qui aboutirent à la création du régime de Vichy.
À partir du 12 novembre 1942, l’armée allemande occupe Port-Vendres et transforme la côte rocheuse roussillonnaise pour, d’une part, protéger la dynamiterie de Paulilles et la région d’un éventuel débarquement et d’autre part, affirmer Port-Vendres comme port stratégique pour le transit des convois de minerai de fer et de nitrate arrivant d’Espagne.
Des murs antichars sont construits sur les plages des Elmes et de Paulilles. Un champ de mines sous-marines est établi autour du Cap Béar. L’occupant truffe les reliefs rocheux escarpés de casemates où sont installées des pièces d’artillerie.
Une flottille de protection du port et des parages est constituée de bateaux de pêche faiblement armés. Les bâtiments les plus importants de la Kriegsmarine sont quelques unités du Groupe F de la 6e Sicherungsflottille, incluant les SG11 ex-Alice Robert et SG21 ex-Amiral Sénès qui font relâche à Port-Vendres entre les missions d’escorte de cargos venant d’Espagne et à destination de Sète ou Marseille. Cette importance stratégique fait de Port-Vendres une cible pour les Alliés.
En 1943 et 1944, plusieurs navires arrivant ou quittant Port-Vendres sont torpillés par des sous-marins anglais de la classe Umpire : le Saint Lucien (par le HMS Unruly), le Saumur (par le HMS Upstart), l’Astrée (par le HMS Untiring) et l’escorteur rapide de la Kriegsmarine SG11 ex-Alice Robert (par le HMS Ultor).
Le 19 août 1944, les Allemands fuirent la région alors qu'ils l'occupaient, et firent sauter leurs entrepôts de munitions et d'armes, ne voulant pas les abandonner derrière eux. Le plus gros danger était celui formé par les mines marines qu'ils avaient disposées en prévision d'un débarquement allié. C'est donc ce jour-là, après avoir évacué les habitants, que les Allemands mirent à feu ces mines, détruisant les installations portuaires et les habitations voisines.
En juin 1962, au moment de l’indépendance de l’Algérie, de nombreux Pieds-Noirs sont rapatriés en France métropolitaine, notamment à bord de cargos débarquant à Port-Vendres.
Culture locale et patrimoine :
En octobre 2020, la commune reçoit le classement Site patrimonial remarquable.
Pour marquer d'un symbole la naissance de Port-Vendres, et à la demande des habitants d'alors, Louis XVI permit à la province, en 1780, de faire ériger à sa gloire le premier monument élevé en France en son honneur, l'obélisque de Port-Vendres, qui est aussi le seul monument dédié à Louis XVI qui ait survécu sans trop de dommages à la Révolution. Culminant à cent pieds au-dessus du niveau de la mer (autrement dit, 30,48 mètres), cette œuvre en marbre des Pyrénées surmontée d'un globe terrestre et couronnée d'une fleur de lys, tous deux réalisés en bronze, fut en partie préservée des destructions révolutionnaires mais perdit ses ornements inférieurs : après 1793 ne subsistaient que les quatre tortues de bronze placées aux angles du collet, entre la colonne et le dé soutenant les draperies. Ceci place d'ailleurs Port-Vendres sur la Route des tortues en Catalogne.
Monument aux morts (Logo monument historique Classé MH (1994)) : réalisé en 1923 par le sculpteur Aristide Maillol, il représente une femme allongée tenant dans sa main droite des branches d'olivier.
Vestiges du fort de la Mauresque (Logo monument historique Inscrit MH (1991)) : élément de fortification construit en 1850.
Redoute du Fanal (Logo monument historique Inscrit MH (1933)) : réalisée par Vauban entre 1673 et 1700 pour assurer la défense du port. Son phare tribord vert marque l’entrée du port.
Redoute Béar (Logo monument historique Inscrit MH (1933)) : réalisée par Vauban en 1694.
Vestiges de la redoute de Mailly (Logo monument historique Inscrit MH (1991)) : réalisée entre 1775 et 1780.
Feu métallique du môle (Logo monument historique Inscrit MH (2011)) : construit en 1885, il marque l'entrée du port.
Phare du cap Béar (Logo monument historique Classé MH (2012)) : construit en 1905, c'est un bâtiment de la Marine nationale servant à contrôler le trafic maritime et à établir des prévisions météorologiques.
Place Castellane : une grande place sur le port, avec son couple d’amoureux port-vendrais surnommés « Fenouil et Fenouille » qui ont inspiré un sculpteur qui voulut rendre hommage à leur amour.
La Tour de l'Horloge est le seul vestige de la redoute de la presqu’île qui faisait partie des trois fortifications dessinées par Vauban.
Église Sainte-Marie de Cosprons, église romane.
Chapelle de l'Immaculée de Port-Vendres.
Église Notre-Dame de Bonne-Nouvelle : construite en 1888, de style romano-byzantin à l’extérieur et un style néo-gothique pour la nef.
Tour Madeloc : tour de guet édifiée en 1285 sous le Royaume de Majorque.
Fort Béar : construit à la fin du XIXe siècle, encore utilisé par l'armée de nos jours.
Équipements culturels;
Un centre culturel, place Castellane, est doté d'un cinéma « Vauban », d'un centre socio-culturel et de salles de conférences, et propose des expositions permanentes de peintures, photos et sculptures.
Une médiathèque intercommunale dépendant de la communauté de communes Albères, Côte Vermeille, Illibéris est implantée à Port-Vendres dans des locaux aménagés à neuf en 2020.
Musées;
Le Musée d'archéologie maritime : les fouilles archéologiques sous-marines conduites depuis une trentaine d'années ont permis de mettre au jour de nombreux vestiges représentatifs du commerce maritime et de la navigation à l'époque romaine. En particulier, une épave de navire antique quasi complète a été fouillée à l'emplacement de la criée. Un trésor monétaire du IIIe siècle a aussi été retrouvé, de même que de nombreux éléments architecturaux transportés dans les navires, ou encore des cargaisons d'amphores, de vaisselle diverse et de nombreux objets de la vie quotidienne à bord des navires. Un projet de musée permettant de présenter ces éléments au public a été lancé, est allé jusqu'à l'étape de la construction et du recrutement du personnel, mais a été abandonné au début des années 2000 à la suite du changement de municipalité et n'a pas encore vu le jour. Un projet de « centre d'interprétation de la mer » a été lancé en 2018 mais n'a pas vu le jour, abandonné dans sa forme complète à la suite des élections de 2020.
Patrimoine environnemental;
La baie de Paulilles
Le Fort Oullastrell (ou Ullastrell). Pour renforcer la sécurité de l’accès au port de Port-Vendres et empêcher tout débarquement sur la plage de Paulilles, ce fort a été construit en 1861. En 1880 il a été vendu à la fabrique de dynamite de Paulilles pour servir d'habitation au gardien des stocks de dynamite.
La baie de Paulilles est une vaste crique adossée aux contreforts des Albères, avec un jardin botanique et une maison-exposition sur les activités passées de l'ancienne dynamiterie Nobel, où ont été produits les explosifs pour le canal de Panama et la construction du chemin de fer Transsibérien.
Culture populaire;
Cinéma
Films et téléfilms tournés en partie à Port-Vendres (l'année est celle de la sortie du film) :
1942 : La Fausse Maîtresse, d'André Cayatte ;
1953 : Le Chemin de la drogue, de Louis S. Licot ;
1955 : Le Fils de Caroline chérie, de Jean Devaivre ;
1962 : Et Satan conduit le bal de Grisha Dabat ;
1969 : Désirella, de Jean-Claude Dague ;
1970 : Et qu'ça saute ! de Guy Lefranc ;
1971 : Où est passé Tom ? de José Giovanni ;
1972 : L'Ingénu, de Norbert Carbonnaux ;
1981 : Prends ta Rolls et va pointer de Richard Balducci ;
1999 : Tramontane, mini-série d'Henri Helman ;
2003 : Les Mains vides, de Marc Recha ;
2007 : Nocturnes, d'Henry Colomer ;
2015 : Orage, de Fabrice Camoin ;
2018 : Les Municipaux, ces héros, de Les Chevaliers du Fiel.
2019 : Les Municipaux, trop c'est trop, de Les Chevaliers du Fiel.
Personnalités liées à la commune
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Jean Nicolas Pierre Hachette (1769–1834) : mathématicien et professeur d'hydrographie à Collioure et à Port-Vendres en 1793 ;
Étienne Bazeries (1846–1931) : militaire et cryptanalyste né à Port-Vendres ;
Charles Rennie Mackintosh (1868–1928) : architecte et peintre écossais, ses cendres sont dispersées dans les eaux de Port-Vendres où il séjourna ;
Gilbert Brutus (1887–1944) : joueur de rugby à XV né à Port-Vendres ;
Charles de Rochefort (1887-1952) : acteur né à Port-Vendres ;
Joseph Pascot (1897–1974) : joueur de rugby à XV et ministre du Régime de Vichy né à Port-Vendres ;
Maurice Georges Poncelet (1897-1978), artiste peintre et lithographe, s'est installé à Port-Vendres après la Seconde Guerre mondiale et y est mort.
Gaston Pams (1918–1981) : sénateur-maire d'Argelès-sur-Mer né à Port-Vendres ;
Pierre Jeanjean (1924–1998) : joueur de rugby à XV né à Port-Vendres ;
Jean Vernette (1929–2002) : prêtre du diocèse de Montauban né à Port-Vendres ;
Estella Blain (1930–1982) : actrice ayant vécu et morte à Port-Vendres ;
Tina Aumont (1946–2006) : actrice franco-américaine morte à Port-Vendres.