À Fontenay-le-Pierreux, hameau de Soligny-les-Étangs, la fontaine Sainte-Élisabeth se prévalait d'une double renommée en faveur de la fécondité féminine et de la guérison des fièvres La source se trouve en contrebas d'un coteau bordé par les climats du Néprun et de Rebillenaquette, à quelques mètres de la chapelle Sainte-Élisabeth, dans un endroit sourceux (comme en témoigne le nom de Fontenay), proche d'une zone humide peuplée de grands arbres et d'une végétation marécageuse. Autrefois dans le domaine public, elle a été annexée à la propriété voisine à une date que la tradition a oubliée. Encore active, elle se dissimule au regard, masquée par une végétation envahissante. Ses eaux alimentent le ru Sainte-Élisabeth qui se jette dans l'Orvin à la sortie de Soligny.
Les eaux de la source avaient la propriété de guérir des fièvres, comme à Trancault. Elles étaient également bénéfiques contre la stérilité féminine et le rite en usage consistait à boire son eau, à jeun, pour bénéficier de ses vertus. Un pèlerinage très suivi avait lieu chaque année à la chapelle, le lundi de Pentecôte avec un office et, probablement, un rite particulier auprès de la source.
La chapelle renfermait une effigie sculptée de sainte Élisabeth qui eut son heure de notoriété au début du XIXe siècle. L'abbé Durand témoigne qu'en 1826, « le propriétaire de cette chapelle voulut emmener la statue de la sainte dans l'église d'Avant-lès-Marcilly. Il la chargea sur une voiture mais les chevaux refusèrent d'avancer. Bon gré, mal gré, sainte Élisabeth resta dans la chapelle qu'elle ne voulait pas quitter. » Un avatar semblable a été observé à Michery, près de Pont-sur-Yonne, avec une statue de saint Blaise.