Ancienne cache de GANDALF13, reprise par Yves Provence puis archivée, amoureux des lavoirs autour de Banon, ce lavoir caractéristique mérite sa cache active.
Pierre Martel qui créa l’association « Alpes de Lumière » nous apprend que Redortiers signifierait : « lieu où poussent les ronces ».Et le nom vient de l’occitan : « Redorta » avec comme traduction : « bosquet de petits arbustes, ronciers, saules, osier ». D’ailleurs, en 1950, on retrouve au sein d’un arbre, une marque en forme de croix qui délimitait la frontière entre le Dauphiné et la Provence.
D’après ce que dit l’abbé Féraud, le village se divisait en deux paroisses, celle de la bourgade était consacrée à St. Michel ; Le Contadour avait sa propre église, construite en 1726 et dédiée à St. Jean Baptiste.
Le bourg, longtemps laissé à l’abandon, est en pleine restauration (débroussaillage, murs relevés etc.) sous la direction d’une association régionale, l’APAIRE (association pour la participation et l’action régionale).
De nos jours, le village s’est déplacé et a changé de nom, celui qui continue de vivre est formé d’un de ses anciens hameaux, il s’appelle dorénavant : « Redortiers Le Contadour » car Le Contadour est anciennement un hameau de Redortiers.
Comme de nombreux lieux de Haute Provence, celui-ci ou plutôt le hameau du « Contadour » est connu grâce à Jean Giono car un de ses romans : « Regain » fut porté à l’écran par Marcel Pagnol avec entre autres Fernandel comme acteur. Pagnol demanda à Giono si Aubignane, nom du village où se situe l’action du roman, existait vraiment, Giono lui répondit que c’était Redortiers. Le Contadour devait encore obséder l’écrivain puisqu’il y tourna un film avec Fernandel: « Crésus ». Pour l’anecdote, on peut signaler que la femme de l’écrivain, Elise, fut institutrice à Redortiers durant quelques mois au cours de la Première Guerre Mondiale.
Le lavoir-fontaine si différent des autres, avec sa voûte asymétrique et ses deux espaces séparés par un bas muret de pierres, on peut aussi admirer sur le côté gauche, l’abreuvoir pour les chevaux, les moutons transhumants qui s’acheminaient vers les pelouses des Fraches et de Carlet ; au fond de cet édifice ponctué de touffes de fougères capillaires, plusieurs fontaines pour remplir jarres et bonbonnes, et une ouverture carrée taillée dans le rocher d’où rien ne coule : en marchant jusque là sur les pierres humides, on découvre une canalisation abritée dans une galerie derrière le mur du fond du lavoir qui alimentait le lavoir à partir de l’eau du vallon de Brenc désormais à sec, venant des Roustourons . Aujourd’hui seule la Riaille (rivière de 21KM, affluent du Calavon), alimente la fontaine. Sur le côté droit, le lavoir avec ses pierres à lavoir inclinées vers le second bassin.
Le lavoir qui a retrouvé son eau, en 2000 grâce aux frères Merle à l'occasion de travaux d'aménagement et d'entretien des chemins dans le coin n'ont pas hésité à rechercher avec leurs engins, l'eau perdue depuis de nombreuses années