Pourquoi mettre une cache à cet endroit ?
Parce que je trouve que ce Monument aux Morts magnifique.

C'est Henri Charlier, un peintre-sculpteur considéré comme l'un des plus importants artistes chrétiens de l'Entre-deux-guerres qui l'a realisé en 1924, à la demande du Maire de l'époque. Le sculpteur obtint cette commande grâce à l'entremise du peintre Georges Desvallières, ami avec lequel il fonda le groupe d'artistes chrétiens Les Ateliers d"art sacré, lui-même parent d'André Gosset, le maire de la commune. La statue est en calcaire, elle a été réalisé en taille directe et a coûté 4000 francs.




Ayant commencé la sculpture avant la fin de la première guerre mondiale, Henri Charlier s'est vu commander après l'armistice de nombreux monuments aux morts ou sculptures commémoratives. De même, après la deuxième guerre mondiale. Ses réalisations plastiques sont toutes dominées par une vision théologale de la vie humaine offerte en sacrifice pour la patrie. Cette vision dépasse l'espoir de prospérité temporelle, pour atteindre à l'espérance surnaturelle du Royaume qui ne peut s'accomplir que dans l'au-delà.
Une note inédite de Charlier lui-même sur son Ange de l'Apocalypse exprime cette conception :
« On a demandé à l’artiste une "Victoire", et puisqu’il s’agissait de glorifier les morts, l’artiste a choisi la victoire de l’éternité sur le temps, de Dieu et de ses élus sur les mauvais anges.
Or, « au jour de la voix du septième ange, le Mystère de Dieu fut consommé, qu’Il avait annoncé par ses serviteurs les prophètes » (Apoc 10 ,7). Cet ouvrage est une contrepartie des "Victoires" antiques, comme la Victoire de Samothrace par exemple, qui essayent péniblement de s’envoler de terre et marchent plutôt contre le vent. Cet ange ne s’envole pas, il se pose. Comme la grâce, il vient du ciel et non de la terre. Le vent le porte encore tandis qu’il pose « le pied droit sur la mer et le pied gauche sur la terre » (Apoc 10, 2).