
Dans la série des Glises : Four
Nazaire est né en Italie d’un père boulanger et d’une mère pleine de courage. Elever un enfant avec un père entre la farine et le four, tout en tenant la boutique, c’est pas de la rigolade. Alors dès que c’était possible, elle emmenait Nazaire en balade. Ils allaient géocacher.
Quand Nazaire eu seize ans, il lui fut demandé par son père d’abandonner cette vaine recherche de boites en plastique pour venir cuire des pains dorés et farinés avec lui. Nazaire décida de poser ses premières boites et de se consacrer corps et âme à sa passion. Cela eu lieu de déplaire légèrement au paternel qui dans un premier temps arrêta de lui verser son argent de poche, puis voyant que son moyen de pression n’était pas efficace, stoppa carrément son forfait téléphonique ! Ça faisait la gueule à la maison. Et son père, après moult disputes qui finissaient par se faire sentir jusqu’à dans la qualité du pain, céda. Puis décida même d’encourager son fils dans sa voie. Il lui rétabli ses droits et lui offrit un abonnement premium pensant qu’il fallait bien que jeunesse se passe.
Nazaire pu alors partir plus loin et plus longtemps. Il géocachait à tout va. Rome ne fut bientôt plus assez grande et il étendit ses recherches dans toute la région. Il assistait souvent aux events, prêchait la voie du géocaching avec ferveur. Quitte parfois à avoir des problèmes, avec les moldus ou même d’autres cacheurs moins fanatiques. Un jour, près de Nice sur une cache qui parlait de livreur jaune (GC2ECZ4 si mes souvenirs sont bons), il rencontra Celse, un autre géocacheur fou. Ils s’entendirent à merveille. Nazaire eu encore des problèmes avec les locaux et fut contraint de quitter la région.
Les deux jeunes gens remontent alors les Alpes, traversant sans se décourager d'immenses et solitaires forêts, des rochers inaccessibles (souvent en T5), de rares villages où vivaient de pauvres idolâtres, et arrivent à Embrun, où leur zèle opère des prodiges de conversions, ils posent là -bas une série de boites bien travaillées. Ils vont ainsi de cache en cache, ne se reposant que pour résoudre des mystery ou construire des contenants bien malins. Vienne, Genève, Trèves voient tour à tour leur logs dans des caches à PF et d’autres sans intérêt particulier ainsi que leurs créations véritables aspirateurs à PF.
Mais cela ne plait pas. Grimper aux arbres, fouiller des ruines, explorer des constructions abandonnées, traverser des champs… Ils se font des ennemis. Vraiment je veux dire. On ne s’imagine jusqu’où peut aller la haine de certains.
Acculés au bord d’un étang par des chasseurs en rogne, ils n’ont d’autre choix, dans leur fuite, que de franchir ces eaux. Ils le firent en courant ! Oui, ils coururent sur les eaux de l’étang comme deux lapins en plein champs. Les chasseurs en furent cois et aucune balle ne les toucha car aucune ne fut tirée. Un miracle, capté par le smartphone d’un poursuivant qui fit vite le tour des réseaux.
Suite à ce petit miracle, qui attira malheureusement plus de monde à leurs trousses, il reprennent la route de l’Italie. Où ils finirent leurs jours de façon plutôt nette et brutale. Mais cette histoire, celle de leur martyr, de leur sanctification, appartient à la religion du géocaching, ou de celle des saints et martyrs de l’Abbé L. Jaud…