Visible de loin dans la campagne environnante, tel un point de repère, vous n'avez pas pu manquer l'église de la Sainte-Trinité.
Autry-Issards est une petite commune réunissant deux anciennes paroisses, appartenant au canton de Souvigny.
Situé dans une zone bocagère vallonnée, le bourg s'organise autour d'une place dont l'église de la Trinité marque l'angle nord-est.
Autry dépendait autrefois du diocèse de Bourges, et du monastère du Montet-aux-Moines, lui-même filiale de Saint-Michel-de-la-Cluse dans le Piémont (aujourd'hui en Italie). La paroisse passa ensuite sous l'autorité de l'abbesse de Saint-Menoux, voisine de quelques kilomètres.
Comme dans la plupart des paroisses de l'ancienne Gaule, la première campagne de construction de l'église remonte au XI* siècle, au cours duquel furent élevés les parties basses de la nef et un chœur orné de colonnes à chapiteaux.
Au XII° siècle, une seconde campagne modifia l'édifice initial : une voûte en berceau brisé continu fut lancée sur la nef, les murs latéraux furent ornés et consolidés par de grandes arcades, le portail occidental amplifié et décoré. Au siècle suivant, la flèche du clocher dont la base préexistait fut construite ou reconstruite, entièrement en pierre. Enfin, au XIX° siècle eurent lieu d'importantes consolidations: en 1868, l'absidiole nord fut reconstruite en même temps que la voûte du chœur, et en 1888 la voûte de la nef fut reconstruite à l'identique.
En 1861, Henri de Dreuille et Isaure de Chabannes offrirent le vitrail de l'Assomption, qui éclaire l'absidiole sud, traditionnellement chapelle familiale des de Dreuille, qui étaient de fidèles serviteurs, au début du XVI siècle, de la duchesse Anne de France.
En 1902, on découvrit, servant d'assise au banc du chantre, des planches de bois qui constituaient un tableau : la Lamentation sur le Christ mort, qui fut aussitôt classé parmi les Monuments Historiques. Il fut reconstitué, transposé sur toile en 1917, puis sur une autre toile en 1957, et enfin rétabli sur un support de chêne, nettoyé, restauré fixé et sécurisé en 1985. Il vient d'être attribué au peintre du roi Charles VIII et de la reine Anne de Bretagne, Jehan Perréal ou à son entourage.