La belle se languit
Esseulée sur sa butte, elle se morfond
Elle le voit constamment en toile de fond
Elle, sa couronne crénelée, son corps rond
Lui, roi fier, puissant, la toise avec affront
Elle fait de l'œil, l'appelle discrètement
Elle se rêve reine pour ce beau seigneur
Mais il lui fait échec à toutes ses ardeurs
Le bellâtre hélas, l'ignore éperdument
Envoie tes cavaliers me conter ton amour!
Me feras-tu un signe? Me répondras-tu?
Tu me dames le pion, je suis mat, tu me tues!
Lui: tu ne m'auras pas, cesses de faire la cour!
Car la belle est perfide, elle joue des tours
Et lui se méfie fort de tous ses beaux atours
Le donjon n'est pas fou et il se souvient bien
Qu'il n'y a pas si loin, la tour était moulin!