
#15
J’regarde la version du monde qu’les aut’ veulent me clouer dans ciboulot à coup de savates. Mais j’y bite rien à leurs trucs.
Ça s'rait pas moi, j’suis pas eux. Y’z’ont tous les yeux crevés par les images du mensonge. Abrutis au coeur sec à bouffer la poussière des dogmes.
Alors, j’m’en vais me faire fiche à mon absinthe. La verte éblouissante, tendre et caressante, bruissante aux choeurs des vents.
J’écrase ma carcasse à la terre, j’enfouis mes doigts dans sa toison.
J’respire l’âcreté de la mère nourricière.
Je m’berce au concert des petites demoiselles aux ailes de gaze.
Et pis, je m’lie au monde de l’en-dessous. Vot’e bas sera mon ciel.
J’ATTENDS
Pan, l’sacripant m’envahît et me laisse voir ses faunes. Couché dans les bois j’attends les sylvains pour des histoires indécentes.
CHANT
Ils me chuchotent les mots d’une crapule irrévérente:
…La voyant Cybèle, je tombe à ses Junon,
Je commence par des pattes d’Arachnée
Puis j’Illysus Lycaon
Hélène Énée qu’elle a Vénus
Car j’avais mis ses Jupiter.
Alors, je Tityre mon Dardannus
Qui Satyre d’une Bellone sans qu’on Léda.
Dès qu’elle le voit elle s’écrit :
« Qu’il Érèbe ! Phédon ! » …
J’ouvre un oeil. J’étais parti peser les cerises chez les Dieux coquins mais qué’que chose m’a sorti de mon cageot.
C’est un foutre emmerdeur planté là:
- Dites donc, c’est une crise d’illuminisme ou bien un trouble érectile?
Hummm, j’percute pas tout de suite. Pis j’me rends compte qu’j’ai l’chibre salace au garde à vous!
Sont un peu drôles les gens du cru. Mais bon, je pense que je vais zoner quand même encore un peu par ici.
Arghhh c'est beau c'te ville quand même.