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[Fr]
Un peu d’histoire
En 1642, « il y avait déjà ici un moulin à eau », rappelle Jean Chaize, professeur d’histoire retraité et érudit local. En 1800, il y avait 1268 moulins en Lozère pour la farine, le cuivre, les scieries et les filatures. Aujourd’hui encore, on compte deux moutons pour un Lozérien » sourit l’enseignant.
Puis en 1828, Pierre Emmanuel Hyppolite Boyer achète le moulin du 23 rue des Calquières et dit vouloir utiliser le courant capricieux de la rivière Langouyrou pour filer et tisser la laine abondante des ovins du Gévaudan, renommé Lozère après la Révolution française.
Lieu de pèlerinage du savoir-faire et témoin de la Révolution Industrielle, « La Mule Jenny » est le joyau de ce musée toujours vivant, ouvert en 2026 du 19 mai au 19 décembre.
Cette machine conçue en 1769 en Angleterre et dont ce modèle à 120 broches date de 1850 reste à ce jour l’unique exemplaire subsistant en France ; actionnée à la main, les enfants étaient employés pour renouer les fils cassés en se glissant sous la mécanique !. Elle trône fièrement au second étage de la filature et son nom rend hommage à la machine dont elle est inspirée, la « Spinning Jenny ».

Pour faire tourner les machines, on a ici créé un canal qui passe sous la filature des Calquières. Dans la pénombre, poussée par l’eau, tourne une roue de mélèze imputrescible, de 3,85 m de diamètre qui par de longs axes et arbres de transmission anime des mécanismes hors d’âge dans les étages. Cardeuses, bobineuses et autres retordeuses : de quoi transformer la laine brute en fils torsadés prêts à être tissés ou tricotés.
Cette organisation, florissante jusqu’au début du 20ème siècle, va alors fièrement exporter ses laines dans toute l’Europe, d’Hanovre à Saint Pétersbourg avant de décliner peu à peu. Dans un premier temps, on se séparera des machines de tissage en 1920, jusqu’à fermer les portes en 1990 avec la retraite du dernier propriétaire de la filature Louis Engles.
La commune de Langogne, consciente du patrimoine historique contenu entre les murs de son moulin, le racheta en 1992 avant de le faire classer, de pair avec ses machines, à l’inventaire des monuments historiques en 1994 … « sinon, elles seraient parties à la casse ! ».
Les écheveaux traditionnels et autres automates anciens ont été entièrement confectionnés sur place; ils sont autant de témoignages authentiques d’un savoir-faire qui, malgré le poids des siècles, a su perdurer grâce à la ténacité de quelques passionnés locaux.
A travers la filature, le passé explique le présent.
- Pour les personnes enfin voulant approfondir leur connaissance de ce lieu d'exception après la visite du Musée, cet extrait de la conférence de Monsieur Jean Chaize qui s'est tenue dans l'auditorium en septembre 2024
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[ENGLISH TEXT]
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[En]
A little history
In 1642, "there was already a watermill here," recalls Jean Chaize, a retired history professor and local scholar. In 1800, there were 1,268 mills in Lozère, producing flour, copper, and powering sawmills and spinning mills. "Even today, there are two sheep for every person in Lozère," the teacher adds with a smile.
Then, in 1828, Pierre Emmanuel Hyppolite Boyer bought the mill at 23 rue des Calquières and declared his intention to harness the capricious current of the Langouyrou River to spin and weave the abundant wool from the sheep of Gévaudan, renamed Lozère after the French Revolution.
A place of pilgrimage for traditional skills and a witness to the Industrial Revolution, "La Mule Jenny" is the jewel of this still-active museum, open in 2026 from May 19th to December 19th.
This machine, designed in England in 1769, and of which this 120-spindle model dates from 1850, remains the only surviving example in France. Operated manually, children were employed to mend broken threads by crawling under the mechanism! It stands proudly on the second floor of the spinning mill, and its name pays homage to the machine that inspired it, the "Spinning Jenny".

To power the machines, a canal was created here, running beneath the Calquières spinning mill. In the dim light, driven by the water, a 3.85-meter-diameter wheel of rot-resistant larch turns, which, via long axles and transmission shafts, powers antiquated mechanisms on the upper floors. Carding machines, winders, twisters, and reelers: everything needed to transform raw wool into twisted yarns ready to be woven or knitted.
This organization, flourishing until the early 20th century, proudly exported its wool throughout Europe, from Hanover to Saint Petersburg, before gradually declining. First, the weaving machines were removed in 1920, and the mill finally closed its doors in 1990 with the retirement of its last owner, Louis Engles.
The municipality of Langogne, recognizing the historical heritage contained within the walls of its mill, purchased it in 1992 and, along with its machinery, had it listed as a historical monument in 1994… “otherwise, they would have been scrapped!”
The traditional skeins and other antique automatas were entirely made on-site; they are all authentic testaments to a know-how that, despite the passage of time, has endured thanks to the tenacity of a few passionate locals.
Through the mill, the past explains the present.
- For those wishing to delve deeper into the history of this exceptional place after visiting the Museum, this excerpt from Mr. Jean Chaize's conference (in French) which was held in the auditorium in September 2024