Les sept chapelles de Chantilly
Anne de Montmorency, un baron cantilien ayant vécu au XVIe siècle, demande à son architecte, Pierre Chambiges, de construire sept chapelles sur son domaine entre 1532 et 1538. Il souhaite ainsi évoquer le pèlerinage des basiliques de Rome. En effet, la visite de ces basiliques romaines permet aux chrétiens d’obtenir des indulgences, et le baron espère que le pèlerinage dans ses propres chapelles offrira les mêmes bénéfices spirituels.
À sa demande, le pape Paul III accepte cette requête, en signe de respect pour la dévotion d’Anne de Montmorency. Le pèlerinage des sept chapelles de Chantilly connaît un grand succès. Cependant, comme trois de ces chapelles - Saint-Paul, Sainte-Marie et Saint-Jean - sont situées à l’intérieur de l’enceinte du château, les pèlerins deviennent une nuisance pour le baron.
En 1553, il formule donc une nouvelle demande : restreindre le pèlerinage aux chapelles situées à l’extérieur de l’enclos du château, à savoir celles de Sainte-Croix-en-Jérusalem, Saint-Sébastien, Saint-Laurent et Saint-Pierre. Ainsi, le peuple est limité à ces quatre chapelles extérieures, tandis qu’Anne de Montmorency et sa famille obtiennent l’indulgence pour la visite de l’église du château et des trois chapelles intérieures.
Avec le temps, l’importance du pèlerinage diminue. Aujourd’hui, sur les sept chapelles Montmorency, seules deux subsistent à leur emplacement d’origine : Sainte-Croix-en-Jérusalem et Saint-Paul. Les autres ont soit disparu, soit été déplacées ou transformées.

Plan de Chantilly en 1589 par Jacques Androuet du Cerceau, Les Plus excellents bastiments de France, musée Condé
Chapelle Sainte-Croix-en-Jérusalem
Cette chapelle se situe en bordure de l’hippodrome, anciennement appelé la Pelouse de Chantilly. Son nom fait référence à la basilique Sainte-Croix-en-Jérusalem de Rome. Aujourd’hui, elle est vide de tout élément liturgique.
Elle est aussi souvent appelée la chapelle de la mère Marie, mais il ne s’agit pas de la mère de Jésus-Christ, mais de la « mère Mary », une femme de la famille des forestiers qui a habité dans cette chapelle après sa désaffectation au XIXe siècle. La mère Mary était connue pour y accueillir des enfants.
De nos jours, cette chapelle sert de point de repère aux jockeys qui courent sur l’hippodrome de Chantilly, car elle marque le début des 800 derniers mètres d’une piste présentant un dénivelé de 10 mètres en montée.
À côté de la chapelle se trouve un obélisque qui commémore les prisonniers victimes de la Terreur. Il indique l’endroit où leurs corps avaient été provisoirement ensevelis.
source : ville de Chantilly

Je vous invite à découvrir cet endroit, qui offre une magnifique vue sur l’hippodrome et les Grandes Écuries.
