

Introduction
Face à vous, la façade d’un Grenier à Sel de Honfleur (1670), bâti avec des pierres récupérées sur les anciens remparts de la ville. Ce mur est un véritable livre de pierre : il rassemble des roches d’origines et d’âges très différents, arrachées à des édifices plus anciens puis remontées ensemble. Deux d’entre elles dominent : un calcaire blond-jaune à grain fin dans les assises hautes, et un calcaire gris-verdâtre plus dur dans le soubassement. Elles racontent deux mers séparées par près de 70 millions d’années — et l’une cache peut-être une grande ammonite.
L’objectif de cette EarthCache est d’apprendre à lire un mur de pierres de réemploi, à distinguer deux calcaires d’âges différents, et à exercer son œil critique sur d’éventuels fossiles.
Rappel concernant les Earthcaches: Il n’y a pas de conteneur à rechercher ni de logbook à renseigner. Il suffit de se rendre sur les lieux, de répondre aux questions et de me renvoyer les réponses.
Précautions d’usage
⚠️ Sécurité : site urbain de plain-pied ; attention à la circulation.
⚠️ Règlement : édifice classé Monument Historique. Ne rien toucher, gratter ni prélever.
⚠️ Équipement : aucun ; une lumière rasante révèle mieux les reliefs.
Pour valider la Earthcache
Pour pouvoir valider cette EarthCache, vous devrez répondre correctement aux questions suivantes et ajouter à votre log une photo de vous, de votre GPS ou de votre pseudo au waypoint de la cache. Cette photo permettra de valider le « trouvé » en cas de mauvaise réponse aux questions. Attention : ne pas montrer les réponses sur votre photo. Merci d’envoyer vos réponses via mon profil ou via la messagerie geocaching.com, ne les donnez pas dans votre log. Les logs enregistrés sans réponses seront supprimés.
Vous pouvez loguer la cache “trouvé” sans attendre ma confirmation, je vous contacterai en cas de problème.
N’hésitez pas à lire le descriptif pour vous aider à répondre aux questions.

Question 1 — Observez l’ensemble de la façade. Distinguez les deux pierres dominantes : le calcaire blond-jaune fin (assises hautes) et le calcaire gris plus grossier (soubassement). Décrivez la couleur et le grain de chacune.
Question 2 — Regardez de près les pierres grises du soubassement : quelle teinte remarquez-vous (gris franc, ou légèrement verdâtre) ? À votre avis, pourquoi les bâtisseurs ont-ils placé cette pierre plus dure à la base du mur ?
Question 3 — Sur un bloc de pierre blond-jaune, repérez la plus grande structure courbe visible. Décrivez sa forme et estimez sa plus grande dimension (cm).
Question 4 — Compte tenu de sa taille, de son tracé lisse et de son éventuel enroulement, cette courbe vous paraît-elle plutôt une section de grande ammonite, une grande coquille de bivalve, ou une trace de terrier ? Justifiez.
Question 5 — Ces deux pierres diffèrent par la couleur, la dureté et par un âge séparé de dizaines de millions d’années, et pourtant elles cohabitent dans le même mur. Qu’est-ce que cela révèle sur la façon dont ce mur a été bâti en 1670 ? (réflexion personnelle)
Présentation du site
Construits en 1670 pour la gabelle, les Greniers à Sel stockaient le sel servant à conserver la morue de Terre-Neuve. Leurs murs réemploient les pierres des fortifications médiévales démolies à la même époque. C’est cette seconde vie des pierres qui nous intéresse.
Géologie
Un calcaire naît au fond d’une mer par accumulation de boue carbonatée et de débris de coquilles. Ce mur en mêle deux, nés de deux mers différentes.
1. La pierre blonde — une mer jurassique. Le calcaire fin blond-jaune est vraisemblablement la fameuse « pierre de Caen » (Bathonien, Jurassique moyen, ~166 millions d’années). Sa teinte jaune vient d’oxyde de fer. Déposée dans une mer chaude et peu profonde, elle renferme brachiopodes, bivalves, bryozoaires et foraminifères. Sur une pierre taillée, une coquille est recoupée : on n’en voit qu’une section (croissant, ovale, enroulement). Attention toutefois : tout ce qui est courbe n’est pas fossile — un terrier, un creux d’altération ou une marque d’outil peuvent tromper.
Peut-être une ammonite ?

Amonite - Procerites sp

Notilus - Cenoceras

gasteropode - bourguetia fossil
Les carrières de pierre de Caen ont livré de grandes ammonites lisses (genre Procerites), pouvant atteindre 30 à 50 cm, à coquille enroulée et peu ornementée. Dans un bloc taillé, une telle ammonite n’apparaît jamais entière : la taille la recoupe et n’en laisse qu’un arc. De près, certains blocs montrent justement une grande courbe régulière, et même plusieurs arcs emboîtés qui se resserrent vers un centre — la signature d’une spire aplatie. L’hypothèse de l’ammonite en sort renforcée. Mais la preuve décisive — les fines lignes onduleuses des cloisons internes (sutures) — n’est pas visible : on ne peut donc pas exclure un nautile ou un grand gastéropode. L’ammonite reste la plus probable, sans être certaine : c’est tout l’intérêt de l’exercice.
2. La pierre grise du soubassement — une autre mer, beaucoup plus tard. Le calcaire gris-verdâtre plus dur de la base est un calcaire de Valmont : un calcaire glauconieux du Cénomanien (Crétacé supérieur, ~100 à 94 millions d’années), exploité dans le Pays de Caux (région de Valmont–Fécamp). Sa teinte gris-vert provient de la glauconie, un petit grain vert qui se forme uniquement en milieu marin, par sédimentation lente. Plus dure et plus résistante que la pierre blonde, elle était logiquement réservée au soubassement, là où le mur affronte l’humidité du sol. Entre cette pierre crétacée et la pierre de Caen jurassique, près de 70 millions d’années séparent les deux mers — réunies ici par le hasard du réemploi.
Phénomènes principaux
1. Deux mers dans un mur : pierre blonde jurassique (haut) et pierre grise crétacée (soubassement), séparées par ~70 Ma, toutes deux recyclées des remparts.
2. Fossiles de la pierre blonde : sections de coquillages, peut-être une grande ammonite.
3. Le doute scientifique : distinguer fossile et fausse piste, et lire l’histoire d’un mur composite.
Références
1. BRGM, carte géologique de Pont-l’Évêque / Honfleur à 1/50 000 — n° à confirmer sur infoterre.brgm.fr (candidat 0120N).
2. BRGM, notice du Cénomanien du Pays de Caux (craie glauconieuse) — feuille de la région de Fécamp/Valmont (ex. 0075N), infoterre.brgm.fr.
3. Hoyez B., Girard J. & Cottard N. (2020). Le Cénomanien du littoral normand entre la Valleuse d’Antifer et le Cap de La Hève. Carnets de Géologie, CG2020_B01.
4. Lithothèque de Normandie / académie de Caen — Formation du Calcaire de Caen, Bathonien (pétrographie, faune, ammonite Procerites).
5. Foucault A. & Raoult J.-F. (2014). Dictionnaire de Géologie. Dunod ; Mairie de Honfleur ; bases Mérimée / Monumentum (PA00111393, PA00111394).

Introduction
In front of you stands the façade of one of Honfleur’s Salt Storehouses (Greniers à Sel, 1670), built with stones salvaged from the town’s old ramparts. This wall is a true book of stone: it gathers rocks of very different origins and ages, taken from older structures and reassembled together. Two of them dominate: a fine, blond-yellow limestone in the upper courses, and a harder grey-green limestone in the base. They tell the story of two seas separated by nearly 70 million years — and one of them may hide a large ammonite.
The goal of this EarthCache is to learn to read a wall of reused stone, to tell apart two limestones of different ages, and to apply a critical eye to possible fossils.
A reminder about EarthCaches: there is no container to find and no logbook to sign. You simply go to the site, answer the questions, and send me your answers.
Safety and rules
⚠️ Safety: flat urban site, no difficulty; watch for traffic.
⚠️ Rules: building listed as a Historic Monument. Do not touch, scratch or remove anything.
⚠️ Equipment: none; low-angle light brings out the relief.
To validate the EarthCache
To validate this EarthCache, you must answer the following questions correctly and add to your log a photo of yourself, your GPS or your username at the cache waypoint. This photo allows the “found” to be validated in case of wrong answers. Note: do not show the answers in your photo.
Please send your answers via my profile or the geocaching.com messaging system; do not post them in your log. Logs recorded without answers will be deleted.
You may log the cache as “found” without waiting for my confirmation; I will contact you if there is a problem.
Feel free to read the description to help you answer the questions.

Question 1 — Look at the whole façade. Identify the two dominant stones: the fine blond-yellow limestone (upper courses) and the coarser grey limestone (base). Describe the colour and grain of each.
Question 2 — Look closely at the grey stones of the base: what tint do you notice (plain grey, or slightly greenish)? In your opinion, why did the builders place this harder stone at the bottom of the wall?
Question 3 — On a blond-yellow block, find the largest curved structure visible. Describe its shape and estimate its longest dimension (cm).
Question 4 — Given its size, its smooth outline and any coiling, does this curve look more like a section of a large ammonite, a large bivalve shell, or a burrow trace? Justify your answer.
Question 5 — These two stones differ in colour, hardness and in age by tens of millions of years, yet they sit in the same wall. What does this reveal about how this wall was built in 1670? (personal reflection)
About the site
Built in 1670 for the salt tax (gabelle), the Salt Storehouses held the salt used to preserve cod from Newfoundland. Their walls reuse stones from the medieval fortifications demolished at the same time. It is this second life of the stones that interests us here.
Geology
A limestone forms on a sea floor through the build-up of carbonate mud and shell debris. This wall combines two limestones, born of two different seas.
1. The blond stone — a Jurassic sea. The fine blond-yellow limestone is most likely the famous “Caen stone” (Bathonian, Middle Jurassic, ~166 million years). Its yellow tint comes from iron oxide. Deposited in a warm, shallow sea, it contains brachiopods, bivalves, bryozoans and foraminifera. On a dressed block, a shell is cut through: you see only a cross-section (crescent, oval, coil). But beware — not everything curved is a fossil: a burrow, a weathering hollow or a tool mark can mislead.
Perhaps an ammonite?
The Caen stone quarries have yielded large, smooth ammonites (genus Procerites), up to 30–50 cm across, with a coiled, weakly ornamented shell. In a dressed block such an ammonite never appears whole: the cut leaves only an arc. Up close, some blocks do show a large regular curve, and even several nested arcs tightening toward a centre — the signature of a flat (planispiral) coil. This strengthens the ammonite hypothesis. But the decisive proof — the fine wavy lines of the internal walls (sutures) — is not visible, so a nautilus or a large gastropod cannot be ruled out. The ammonite remains the most likely answer, without being certain: that is the whole point of the exercise.
2. The grey stone of the base — another sea, much later. The harder grey-green limestone at the bottom is a Valmont limestone: a glauconitic limestone of the Cenomanian (Upper Cretaceous, ~100 to 94 million years), quarried in the Pays de Caux (Valmont–Fécamp area). Its grey-green tint comes from glauconite, a small green grain that forms only in a marine setting, under slow sedimentation. Harder and more resistant than the blond stone, it was logically reserved for the base, where the wall faces moisture from the ground. Between this Cretaceous stone and the Jurassic Caen stone lie nearly 70 million years — two seas brought together here by the chance of reuse.
Main highlights
1. Two seas in one wall: blond Jurassic stone (upper) and grey Cretaceous stone (base), ~70 Myr apart, both recycled from the ramparts.
2. Fossils in the blond stone: shell cross-sections, perhaps a large ammonite.
3. Scientific doubt: telling a fossil from a false lead, and reading the story of a composite wall.