Par les ailes de mon moulin ! Voilà une brave bâtisse qui ne chôme guère. Les eaux de la Morge font tourner ses meules avec entrain, et le bon grain y devient farine depuis belle lurette. Foi de meunier, ce vieux moulin en a vu passer des charrettes, des sacs de blé et des gourmands en quête d’une miche bien dorée ! Tant que l’eau chantera et que les meules tourneront, il aura encore bien des histoires à moudre… comme celles de tous les curieux qui vont et viennent au fil des saisons, de la meule jusqu’au four, et repartent le sourire aux lèvres, certains avec leur pain tout juste sorti du four, d’autres avec un peu de farine jusque sur le bout du nez !

Hé là, l’ami géocacheur ! Approchez donc par ici, nom d’un sac de blé !
Vous voilà planté devant mon vieux moulin… ou ce qu’il en reste, sacrebleu ! Le temps m’a tout usé, sauf la langue !
J’ai laissé pour les curieux une petite énigme, griffonnée entre deux fournées… alors ouvrez grand vos esgourdes :
“Si tu veux mettre la main sur mon trésor, faudra comprendre ma mécanique… mais méfie-toi, elle a plus de caprices qu’une mule un jour d’orage ! Et surtout, ne crois jamais que la rivière fait une seule chose à la fois, sinon tu es déjà bon pour avaler de travers, nom d’une pâte mal pétrie !”
La roue à aube entraîne la meule sans lui laisser le moindre répit. Elle ne décide pas seule de son rythme, et ce que l’une croit imposer, l’autre le transforme parfois autrement, sans jamais le dire clairement, foi de vieux meunier !
Mais écoute-moi bien, parce que dans mon moulin, il y a ce que tout le monde voit… et ce que même les habitués finissent par confondre avec la vérité.
La rivière fait les choses selon ses envies. Parfois d’humeur calme, capricieuse ou en colère… mais dans mon moulin, ce n’est jamais la rivière seule qui décide de ce qui est bon ou mauvais, c’est ce que le système en fait après coup.
Lorsqu’elle est calme, tout paraît maîtrisé, la roue suit un chemin lisible, et les visiteurs du moulin disent souvent que “ça travaille proprement”. Et dans un sens, ils n’ont pas complètement tort.
Lorsqu’elle est en colère, tout devient bruyant, rapide, impressionnant… et beaucoup pensent que c’est là que le moulin donne le meilleur de lui-même, nom d’un engrenage trop fier .
Lorsqu’elle est capricieuse, rien n’est très lisible, et pourtant c’est souvent là que la meule retrouve un équilibre que personne ne soupçonne.
Un ancien ouvrier me demandait toujours :
“Dis donc meunier, pourquoi tu regardes toujours la roue avant de parler à ta femme ?”
Et moi je répondais :
“Parce que la roue, au moins, quand elle change d’humeur, elle me prévient avec du bruit. Par la croûte de mes miches !”
Mais voilà le détail que personne ne regarde jamais deux fois :
Ce que la roue montre, la meule ne le vit pas toujours de la même façon. Et ce que la meule produit, la roue ne le révèle jamais entièrement.
Alors dis-moi, l’ami géocacheur, à quel moment la rivière est-elle de meilleure humeur pour travailler main dans la main avec mon vieux moulin, nom d’une pâte mal pétrie ?
Vous pouvez valider votre solution d'énigme avec
certitude.