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Soubès
Histoire
Le village date du XIIe siècle et s'est développé sur une colline, près du confluent des rivières la Brèze et le Suberbet.
Jusqu'à une période récente, la viticulture constituait la principale activité économique du village.
L'église Saint-Clément-de-Man est mentionnée pour la première fois en 1095 dans le cartulaire (recueil d'actes) de l'abbaye de Vabres.
En 1317, elle devient la propriété de l'évêque de Lodève.
Elle est citée pour la dernière fois en 1789, sous le nom de prieuré de Canet.
Le château de Soubès aurait des origines remontant à la fin du XIe siècle et au début du XIIe siècle.
Il aurait été construit par la famille Peyrotes, seigneurs du village pendant plus de cinq siècles.
Pendant les guerres de Religion (1562-1598, conflits entre catholiques et protestants), le château aurait servi de refuge à des évêques catholiques.
Architecture
Le village de Soubès conserve une architecture défensive typique du Moyen Âge, avec des remparts encore visibles et une rue unique, le Coural, praticable en voiture.
Les constructions emploient principalement la pierre calcaire du causse (plateau karstique) environnant.
Le château ancien conserve des éléments remarquables, comme une porte et un encorbellement (partie de mur en saillie, soutenue par des corbeaux).
Un donjon de style roman, daté des XIe et XIIe siècles, est également signalé dans le village.
L'église Saint-Clément-de-Man possède un chevet carré de type préroman.
Sa nef d'origine comptait quatre travées.
La chapelle Saint-Cyprien, autre édifice religieux du village, a son gros œuvre daté du XIIe siècle.
Une tribune posée sur une voûte d'ogives a été ajoutée au XVe siècle.
Cette chapelle est construite en plusieurs matériaux locaux : tuf, pierre de taille, grès et moellon.
Contexte géologique

Le secteur autour du village a traversé plusieurs périodes géologiques très différentes.
Le socle le plus ancien porte le nom de ride de Lodève.
Il est composé de schistes et de grès du Précambrien (avant 541 millions d'années).
Il comprend aussi des dolomies et des calcschistes du Cambrien (541 à 485 millions d'années).
Ce socle est plissé et karstifié, c'est-à-dire creusé de cavités par la dissolution de la roche.
Il forme un ancien relief qui a guidé les dépôts plus récents.
Au sud, à moins de 5 kilomètres, s'étend le bassin permien de Lodève.
Le Permien correspond à une période allant de 299 à 252 millions d'années.
Ce bassin est connu pour ses ruffes, des roches sédimentaires fines et rouges appelées pélites.
Ces ruffes ont livré des traces de pas de reptiles et d'amphibiens.
Elles contiennent aussi des fossiles de plantes primitives, comme des fougères et des prêles géantes.
Une fine couverture du Trias (252 à 201 millions d'années) marque la transition vers des terrains plus récents.
Elle est composée de grès et de dolomies.
Au nord, à environ 8 kilomètres, débute le causse du Larzac.
C'est un plateau calcaire épais datant du Jurassique (201 à 145 millions d'années).
Il est fortement karstifié, avec des grottes, des gouffres et des plateaux drainants.
Les dépôts les plus récents datent du Quaternaire, période de moins de 2,58 millions d'années.
Ils comprennent des alluvions de rivière et du travertin, aussi appelé tuf calcaire.
Ce secteur résume donc, sur un espace restreint, une grande partie de l'histoire géologique du sud du Massif central.
Géologie de Soubès

Le village est construit directement sur le socle ancien de la ride de Lodève.
Il se situe précisément à la jonction entre ce socle et sa couverture sédimentaire plus récente.
Le village est bâti sur un massif de travertin, aussi appelé tuf calcaire.
Ce massif s'est formé à la confluence de deux cours d'eau, la Brèze et le Suberbet.
L'eau de pluie s'infiltre dans les dolomies cambriennes environnantes.
Elle se charge en carbonate de calcium dissous au contact de ces roches.
En ressurgissant en source, cette eau perd du dioxyde de carbone au contact de l'air.
Cette perte de gaz provoque la précipitation du carbonate de calcium sur la végétation aquatique.
Le dépôt s'accumule progressivement, créant un massif rocheux poreux.
Ce massif est suffisamment solide et épais pour porter l'ensemble du village.
Certaines caves du donjon médiéval du village sont d'ailleurs directement creusées dans cette roche tendre.
L'église du village est elle-même construite avec cette pierre locale.
Ce contexte fait de ce lieu un site rare où un village entier repose sur un dépôt encore récent à l'échelle géologique.
La formation de ce massif s'inscrit dans la période géologique la plus récente, le Quaternaire (moins de 2,58 millions d'années).
Le contexte karstique du socle cambrien environnant reste la source essentielle de cette eau riche en calcaire.
Le travertin

Le travertin, aussi appelé tuf calcaire, est la roche que l'on observe sur l'escarpement rocheux du village.
C'est une roche sédimentaire d'origine chimique et biochimique.
Elle ne provient pas de l'accumulation de débris transportés, mais d'une précipitation directe de calcaire dans l'eau.
Type de roche
Le travertin appartient à la famille des roches sédimentaires.
Il s'agit plus précisément d'une roche d'origine chimique et biochimique.
Sa composition est essentiellement constituée de calcite, un carbonate de calcium (CaCO3).
Cette roche peut contenir des impuretés argileuses ou des oxydes de fer.
Elle ne contient pas de fossiles marins, contrairement à un calcaire sédimentaire classique.
On y trouve en revanche parfois des moulages ou des empreintes de végétaux, comme des mousses ou des tiges.
Sa texture est poreuse, avec de nombreuses petites cavités appelées vacuoles.
Formation
Le travertin se forme à la sortie de sources karstiques.
L'eau de pluie s'infiltre dans les roches calcaires et se charge en carbonate de calcium dissous.
En ressurgissant à l'air libre, elle perd une partie de son dioxyde de carbone (CO2).
Cette perte de gaz provoque la précipitation du carbonate de calcium sous forme solide.
Le dépôt se forme le plus souvent sur des mousses, des algues ou d'autres végétaux aquatiques.
La décomposition de ces végétaux laisse ensuite les cavités caractéristiques de la roche.
Ici, ce phénomène s'est produit à la confluence de deux cours d'eau alimentés par les dolomies cambriennes voisines.
Le travertin est une roche géologiquement très récente, datant du Quaternaire (moins de 2,58 millions d'années), et pouvant même encore se former aujourd'hui.
Type de travertin
Il existe deux grandes familles de travertin, selon l'origine de l'eau qui l'a formé.
Le travertin météorique se forme à partir d'eau de pluie infiltrée à faible profondeur dans un massif calcaire.
Le travertin thermal se forme à partir d'eau chaude provenant de circulations plus profondes, souvent chargée en gaz d'origine volcanique.
Le travertin observé ici appartient à la première catégorie, le travertin météorique.
Aucune source d'eau chaude ou de circulation profonde n'est connue à proximité immédiate.
L'eau à l'origine du massif provient des dolomies et calcaires cambriens et triasiques environnants.
Ce type de travertin est le plus répandu en France, notamment dans le Jura et dans le Var.
Identification
Le travertin se reconnaît d'abord par son aspect vacuolaire, criblé de petites cavités irrégulières.
Sa couleur varie du blanc au beige, en passant par des teintes ocre ou rougeâtre liées aux oxydes de fer.
Cette roche est plus légère qu'un calcaire massif classique, en raison de sa forte porosité.
Elle est également plus tendre, et peut parfois être entamée avec un simple couteau lorsqu'elle est jeune.
Une goutte d'acide, comme du vinaigre, provoque une effervescence caractéristique des roches carbonatées.
La présence de moulages de végétaux, plutôt que de fossiles marins, est un indice supplémentaire.
Enfin, la proximité d'une source, d'une rivière ou d'une ancienne zone humide reste l'indice de contexte le plus fiable.
Les coulées de calcite

Sur certaines parties de l'escarpement, le tuf poreux est recouvert par une roche plus lisse et plus dense.
Ce recouvrement correspond à une coulée de calcite, aussi appelée concrétion de ruissellement.
Il s'agit d'un dépôt secondaire de calcite (CaCO3), plus récent que le tuf spongieux qu'il enveloppe.
Le tuf poreux se forme normalement par encroûtement de mousses et de brindilles.
Une coulée de calcite se forme différemment, par un dépôt en fines couches successives, appelé dépôt laminé.
Ce changement de type de dépôt correspond à une modification des conditions locales d'écoulement de l'eau.
Une baisse de la vitesse du courant, une variation de température, ou l'arrêt du développement des mousses peuvent en être la cause.
Dans ce cas, un fin tapis bactérien ou d'algues microscopiques peut se développer à la place des mousses.
Ce tapis favorise aussi la précipitation du calcaire, mais de façon plus continue et plus régulière.
Le résultat est une surface plus lisse, plus dure et moins creusée de cavités que le tuf d'origine.
La couleur de ces coulées varie du blanc au gris, selon la pureté du calcaire déposé.
Une coulée de calcite peut continuer à se former tant que l'eau continue de ruisseler sur la roche.
Certaines de ces formations restent donc actives aujourd'hui, ce qui en fait des dépôts très récents à l'échelle géologique.
Sources
Pour la création de cette earth-cache, j'ai utilisé différentes sources dont les principales sont
Infoterre,
BRGM,
Wikipedia - Soubès,
Journées Européennes du Patrimoine - Architecture médiévale de Soubès,
Belles Pierres - Château de Soubès,
Notice géologique de la feuille de Lodève (BRGM/ENS Lyon),
Groupe Archéologique Lodévois,
Persée, ride de Lodève,
Wikipédia, Causse du Larzac,
Nicod, évolution holocène des travertins du Midi méditerranéen (Érudit) et
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- What is the difference between meteoric travertine and thermal travertine?
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Soubès
History
The village dates back to the 12th century and grew up on a hill, near the confluence of the Brèze and Suberbet rivers.
Until recently, winegrowing was the village's main economic activity.
The church of Saint-Clément-de-Man is first mentioned in 1095, in the cartulary (a collection of charters) of Vabres Abbey.
In 1317, it became the property of the Bishop of Lodève.
It is last recorded in 1789, under the name of the priory of Canet.
The château of Soubès is thought to date back to the late 11th and early 12th centuries.
It is said to have been built by the Peyrotes family, lords of the village for more than five centuries.
During the Wars of Religion (1562–1598, conflicts between Catholics and Protestants), the château is said to have served as a refuge for Catholic bishops.
Architecture
The village of Soubès retains defensive architecture typical of the Middle Ages, with ramparts still visible and a single street, the Coural, wide enough for cars.
Buildings are mainly made from limestone quarried on the surrounding causse (karst plateau).
The old château retains notable features, such as a doorway and a corbelled section of wall (a projecting part of the wall supported by corbels).
A Romanesque-style keep, dated to the 11th and 12th centuries, is also recorded in the village.
The church of Saint-Clément-de-Man has a square, pre-Romanesque-style chancel.
Its original nave had four bays.
The Saint-Cyprien chapel, another religious building in the village, has its main structure dated to the 12th century.
A gallery resting on a ribbed vault was added in the 15th century.
The chapel is built from several local materials: tufa, dressed stone, sandstone, and rubble stone.
Geological Context

The area around the village has passed through several very different geological periods.
The oldest basement is known as the Lodève ridge.
It is made up of Precambrian (older than 541 million years) shales and sandstones.
It also includes Cambrian (541 to 485 million years ago) dolomites and calc-schists.
This basement is folded and karstified — that is, hollowed out by cavities formed through the dissolution of the rock.
It forms an ancient landform that guided later deposits.
To the south, less than 5 kilometres away, lies the Permian basin of Lodève.
The Permian spans from 299 to 252 million years ago.
This basin is known for its "ruffes" — fine, red sedimentary rocks called pelites.
These ruffes have yielded reptile and amphibian footprints.
They also contain fossils of primitive plants, such as ferns and giant horsetails.
A thin Triassic (252 to 201 million years ago) cover marks the transition to more recent terrain.
It consists of sandstones and dolomites.
To the north, about 8 kilometres away, begins the Larzac causse.
This is a thick limestone plateau dating from the Jurassic (201 to 145 million years ago).
It is strongly karstified, with caves, sinkholes, and free-draining plateau surfaces.
The most recent deposits date from the Quaternary, a period of less than 2.58 million years.
They include river alluvium and travertine, also called calcareous tufa.
This area therefore sums up, within a small space, much of the geological history of the southern Massif Central.
Geology of Soubès

The village is built directly on the ancient basement of the Lodève ridge.
It lies precisely at the junction between this basement and its more recent sedimentary cover.
The village is built on a mass of travertine, also called calcareous tufa.
This mass formed at the confluence of two streams, the Brèze and the Suberbet.
Rainwater infiltrates the surrounding Cambrian dolomites.
It becomes charged with dissolved calcium carbonate as it passes through these rocks.
When it re-emerges as a spring, this water loses carbon dioxide on contact with the air.
This loss of gas causes calcium carbonate to precipitate onto aquatic vegetation.
The deposit builds up gradually, forming a porous rock mass.
This mass is solid and thick enough to support the whole village.
Some cellars of the village's medieval keep are, in fact, cut directly into this soft rock.
The village church itself is built with this local stone.
This makes it a rare site, where an entire village rests on a deposit that is still recent on a geological timescale.
The formation of this mass belongs to the most recent geological period, the Quaternary (less than 2.58 million years ago).
The karst setting of the surrounding Cambrian basement remains the essential source of this calcium-rich water.
Travertine

Travertine, also called calcareous tufa, is the rock seen on the village's rocky escarpment.
It is a sedimentary rock of chemical and biochemical origin.
It does not come from the accumulation of transported debris, but from the direct precipitation of calcium carbonate in water.
Rock Type
Travertine belongs to the family of sedimentary rocks.
More precisely, it is a rock of chemical and biochemical origin.
It is composed mainly of calcite, a calcium carbonate (CaCO3).
This rock can contain clay impurities or iron oxides.
Unlike a typical sedimentary limestone, it contains no marine fossils.
Instead, it sometimes contains casts or imprints of plants, such as mosses or stems.
Its texture is porous, with many small cavities called vugs.
Formation
Travertine forms at the outlets of karst springs.
Rainwater infiltrates the limestone rocks and becomes charged with dissolved calcium carbonate.
On re-emerging into open air, it loses some of its carbon dioxide (CO2).
This loss of gas causes calcium carbonate to precipitate in solid form.
The deposit usually forms on mosses, algae, or other aquatic plants.
The decay of these plants then leaves behind the rock's characteristic cavities.
Here, this process took place at the confluence of two streams fed by the nearby Cambrian dolomites.
Travertine is a geologically very recent rock, dating from the Quaternary (less than 2.58 million years ago), and it can even still be forming today.
Type of Travertine
There are two main families of travertine, depending on the origin of the water that formed it.
Meteoric travertine forms from rainwater that has infiltrated at shallow depth within a limestone massif.
Thermal travertine forms from hot water coming from deeper circulation, often charged with gases of volcanic origin.
The travertine seen here belongs to the first category, meteoric travertine.
No hot spring or deep water circulation is known in the immediate vicinity.
The water that formed the mass comes from the surrounding Cambrian and Triassic dolomites and limestones.
This type of travertine is the most widespread in France, particularly in the Jura and the Var.
Identification
Travertine is first recognized by its vuggy appearance, riddled with small, irregular cavities.
Its colour ranges from white to beige, with ochre or reddish tints caused by iron oxides.
This rock is lighter than a typical massive limestone, owing to its high porosity.
It is also softer, and when young can sometimes be scratched with an ordinary knife.
A drop of acid, such as vinegar, produces the effervescence characteristic of carbonate rocks.
The presence of plant casts, rather than marine fossils, is a further clue.
Finally, the proximity of a spring, a river, or a former wetland remains the most reliable contextual clue.
Calcite Flowstone

On certain parts of the escarpment, the porous tufa is covered by a smoother, denser rock.
This covering is a calcite flowstone, also called a runoff concretion.
It is a secondary calcite (CaCO3) deposit, more recent than the spongy tufa it covers.
Porous tufa normally forms by the encrustation of mosses and twigs.
A calcite flowstone forms differently, through a deposit of successive thin layers, known as laminated deposition.
This change in the type of deposit corresponds to a change in the local conditions of water flow.
A decrease in flow speed, a change in temperature, or the halting of moss growth may be the cause.
In this case, a thin bacterial or microscopic algal mat can develop in place of the mosses.
This mat also promotes calcium carbonate precipitation, but in a more continuous and regular way.
The result is a surface that is smoother, harder, and less riddled with cavities than the original tufa.
The colour of these flowstones ranges from white to grey, depending on the purity of the deposited calcium carbonate.
A calcite flowstone can continue to form as long as water keeps flowing over the rock.
Some of these formations therefore remain active today, making them very recent deposits on a geological timescale.
Sources
For the creation of this earth-cache, I used different sources, the main ones are
Infoterre,
BRGM,
Wikipedia - Soubès,
Journées Européennes du Patrimoine - Architecture médiévale de Soubès,
Belles Pierres - Château de Soubès,
Notice géologique de la feuille de Lodève (BRGM/ENS Lyon),
Groupe Archéologique Lodévois,
Persée, ride de Lodève,
Wikipédia, Causse du Larzac,
Nicod, évolution holocène des travertins du Midi méditerranéen (Érudit) and
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