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Description:
Collioure [kɔ'ljuʁə] est une commune française située sur le littoral méditerranéen du département des Pyrénées-Orientales.
Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par le Ravaner et par deux autres cours d'eau, le Duy et le Coma Xeric. La commune possède un patrimoine naturel remarquable : un site Natura 2000 (la « côte rocheuse des Albères »), un espace protégé (le « Pla de Las Forques ») et huit zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Collioure est une commune rurale et littorale. Elle fait partie de la Communauté de Communes Albères Côte Vermeille Illibéris. Ses habitants sont appelés les Colliourencs ou Colliourencques.
Accès:
Elle se situe à 24 km à vol d'oiseau de Perpignan, préfecture du département, à 27 km de Céret, sous-préfecture, et à 5 km d'Argelès-sur-Mer, bureau centralisateur du canton de la Côte Vermeille dont dépend la commune depuis 2015 pour les élections départementales. La commune fait en outre partie du bassin de vie de Saint-Cyprien.
Les communes les plus proches sont : Port-Vendres (2,2 km), Argelès-sur-Mer (5,2 km), Banyuls-sur-Mer (6,2 km), Saint-André (9,3 km), Sorède (10,2 km), Latour-Bas-Elne (11,0 km), Palau-del-Vidre (11,1 km), Cerbère (11,4 km).
Historique :
Sur le plan historique et culturel, la commune est dans le Roussillon, une ancienne province du royaume de France, qui a existé de 1659 jusqu'en 1790 et qui recouvrait les trois vigueries du Roussillon, du Conflent et de Cerdagne.
Préhistoire;
Le site de Collioure était déjà occupé par les hommes préhistoriques, si l’on en croit les divers dolmens recensés : près du hameau du Rimbau (assez bien conservé) au col del Molló (ruiné) et sans doute au lieu-dit l’Arqueta.
Antiquité;
Le site de Collioure est occupé dès l'Antiquité, certains pensent qu'il pourrait s'agir de la localité de Pyrène (ville antique) que les textes anciens mentionnent.
Moyen Âge;
Le château royal de Collioure est déjà cité en 673, preuve du rôle stratégique et commercial tenu par la cité à l’époque wisigothique.
Le château et la ville appartiennent ensuite aux comtes de Roussillon, puis aux divers rois qui se succèdent en Roussillon : rois d’Aragon de 1172 à 1276, puis rois de Majorque jusqu’en 1343, avant de revenir aux rois d’Aragon.
Sous le règne des rois de Majorque, ceux-ci accordent à la ville de nombreux privilèges, actés dans des édits promulgués en 1207, 1237, 1253, 1274, 1277, 1288 et 1295. Le château est entièrement reconstruit entre 1242 et 1280 au détriment d’une maison templière qui lui était accolée, devient résidence royale, la ville étant pour sa part le premier port du Roussillon.
Le commerce, surtout au temps des rois d’Aragon, y est intense : on exporte notamment des draps fins, de l’huile, du vin, des amandes, des noisettes, du bétail, des peaux et du fer. On importe des épices, de la garance, du pastel, de l'or, de l'argent et des esclaves.
Après le mariage des rois catholiques, Ferdinand V d’Aragon et Isabelle Ire de Castille, Collioure et le Roussillon tout entier passent sous la domination de la monarchie espagnole, sans qu’il y ait fusion centralisatrice.
La province est occupée de 1475 à 1481 par le roi de France Louis XI, qui fait bâtir des fortifications à Collioure, rebaptisée Saint-Michel, fortifications aujourd’hui dissimulées par les constructions postérieures. Son successeur, Charles VIII, rend le Roussillon à Ferdinand V, dont le successeur l’empereur Charles Quint renforce les fortifications de la ville. L'empereur décida la construction du fort Saint-Elme destiné à protéger les anses de Collioure et de Port-Vendres.
Époque moderne;
En 1642, la ville est prise par les armées de Louis XIII, avant d’être annexée officiellement à la France en 1659 par le traité des Pyrénées sous Louis XIV. Les troupes françaises utilisent la plage de l'Ouille comme port de débarquement, attaquent par le Pla de las Fourques, prennent le fort Sainte-Thérèse puis le Château royal. Ils ont recours aux mortiers et à des mines de siège.
Le rôle stratégique de Collioure est redéfini par Vauban, qui voulant en faire une ville de garnison, rase la vieille ville pour accroître le château, fortifie le Pla de las Fourques (Fort carré et Tour de l'Étoile) et réaménage les forts : Saint-Elme et le Miradou (anciennement fort Sainte-Thèrése). La population, menacée de déportation à Port-Vendres, obtient de reconstruire la ville à son emplacement actuel. L’église, dotée d’un clocher aménagé dans une ancienne tour de guet de l’époque majorquine, est consacrée au début du XVIIIe siècle.
Révolution française;
Au début de la Révolution (entre 1790 et 1794), Collioure annexe la commune éphémère de Fort-Saint-Elme.
En 1793, la ville est occupée par les troupes espagnoles, et reprise par le général Dugommier en mai 1794 après des combats très durs contre les troupes espagnoles et loyalistes au roi de France (Légion de la Reine).
Époque contemporaine;
La commune de Port-Vendres est créée le 23 avril 1823 à partir de territoires distraits des communes de Collioure et de Banyuls-sur-Mer. Tout au long du XIXe siècle, on note un important essor économique lié à l’expansion de la pêche, succès des anchois de Collioure, et à la production viticole. Ce progrès s’essouffle cependant au début du XXe siècle : après un maximum de 3 846 habitants en 1857, on tombe à 2 830 habitants en 1901, soit une perte de 1 000 habitants en une cinquantaine d’années. Le développement de Port-Vendres y est sans doute pour beaucoup.
Le 21 janvier 1870, Collioure subit un événement climatique exceptionnel, observé par le botaniste Charles Naudin, et reçoit un mètre de neige en une journée. De nombreux vergers et plantations de chênes-lièges sont détruits.
Le Musée d'Art Moderne de Collioure a été créé par le peintre Jean Peské en 1934.
En 1939, avec la défaite du camp républicain durant la guerre d'Espagne, des centaines de milliers d’Espagnols se réfugient en France : c’est la Retirada. Les Républicains sont parqués dans des camps aux dimensions largement sous-évaluées. Une unité de cavalerie de l’armée populaire de la République espagnole arrivée entière y est internée en février, avant d’être transférée au camp d'Argelès. Le château est alors utilisé comme camp disciplinaire pour interner ceux considérés comme les plus dangereux. Certains communistes et anarchistes sont internés au « camp spécial » de Collioure, installé au château et commandé par un ancien légionnaire. Près de mille hommes passent par ce camp, comparable à un bagne et où les prisonniers sont traités comme des sous-hommes[60]. Le traitement réservé aux Espagnols soulève un scandale, plus d’une centaine d’entre eux étant morts en quelques mois, avant qu’il ne ferme en décembre 1939 et qu’ils ne soient transférés au camp du Vernet. Le poète espagnol Antonio Machado se réfugie à Collioure, malade, en février 1939, et y meurt le 22. La Fondation Antonio Machado y a été créée pour lui rendre hommage.
Durant l'occupation allemande, un mur de béton armé (existant encore) est élevé sur la plage du faubourg, un canon est installé sur le balcon du château royal, d'autres sont installés au-dessus de la plage de la Balette avec un blockhaus et sur la route de Port-Vendres à Collioure. Des blockhaus, toujours visibles actuellement, sont aussi construits derrière le fort Miradou, au Pla de las Forques. Les Allemands réquisitionnent une maison au 31, route impériale, à l'époque la seule maison à cet endroit. Le fort Saint-Elme est aussi réquisitionné, par la marine, la collection d'armes du propriétaire est pillée et certaines parties du fort incendiées.
Culture locale et Patrimoine :
Monuments et lieux touristiques;
La ville de Collioure contient huit édifices comportant au moins une protection au titre des monuments historiques.
Architecture religieuse;
Église Notre-Dame-des-Anges (Logo monument historique Classé MH (1923, église et tour attenante qui lui sert de clocher)) : construite entre 1684 et 1691 dans un style gothique méridional. Elle est, avec son célèbre clocher, ancien phare médiéval, pratiquement entourée par la mer sur ses trois côtés. Le retable du maître-autel a été réalisé par Joseph Sunyer en 1698 ;
Chapelle de la Mère de Dieu du Bon Succès de Collioure ;
Ancien couvent des Dominicains (Logo monument historique Classé MH (1928)) ; Logo monument historique Inscrit MH (2008, église, vestiges du couvent)) : fondé en 1290 et en partie détruit lors de la Révolution. Il en reste notamment une église qui daterait du XIVe siècle et des fragments de son cloître remontés dans le parc du Musée d’Art moderne de Collioure ;
Chapelle Saint-Vincent de Collioure : construite en 1701 à l’arrivée des nouvelles reliques de saint Vincent, la chapelle était située à l’origine sur un îlot rocheux, avant que celui-ci ne soit relié à la terre ferme par une digue dans les années 1880 ;
Ermitage de Notre-Dame-de-Consolation, attenant à une chapelle, religieux d’abord, laïc après la Révolution ;
Chapelle de la Creu de la Forca et son calvaire, mentionnés lors du siège de 1642 ;
Une croix de cimetière du XVIe siècle (Logo monument historique Classé MH (1912)) ;
Temple de l'église protestante unie de France de Collioure.
Architecture militaire;
Collioure possède de nombreux vestiges de son passé militaire :
le château royal de Collioure (Logo monument historique Classé MH (1922)), construction médiévale ayant notamment servi de résidence d'été aux rois de Majorque, puis remanié par les Habsbourgs et les Bourbons ;
le fort Saint-Elme (Logo monument historique Inscrit MH (1927)), construit au XVIe siècle sous Charles Quint à partir d'une tour de garde érigée au VIIIe siècle par les Maures ;
le Fort carré et la tour de l'Étoile (Logo monument historique Classé MH (1991)) ;
le fort Miradou, remanié sous Vauban, occupé depuis les années 1960 par le Centre national d'entraînement commando (CNEC), pour ses exercices en milieu maritime ;
le fort Dugommier (Logo monument historique Inscrit MH (2003)), construit vers 1844 ;
le bâtiment de l'Artillerie et les remparts environnants (Logo monument historique Inscrit MH (1927)) ;
la tour Madeloc, tour de guet du XIIIe siècle ;
la tour de la Douane ;
la Tourette, non visible ;
le fort Taillefer, fin XIXe siècle ;
des blockhaus et un mur anti-char, construits en 1943 par les forces armées du Troisième Reich.
Architecture civile;
Jardin Gaston Pams
Moulin de la Cortina
Musée;
Le Musée d'Art Moderne de Collioure a été créé par le peintre Jean Peské en 1934. il possède plus de 1 900 œuvres d'art moderne et contemporain.
Personnalités liées à la commune:
Sanche de Majorque (?-1324) : le futur roi de Majorque a épousé Marie d'Anjou à Collioure en 1302.
Benoît XIII (1329-1423) : antipape, a séjourné à Collioure en 1416.
François Berge (1779-1832) : général de Napoléon Ier né à Collioure.
Charles Barberet (1805-1887) : historien, géographe, écrivain et enseignant
Jean-Baptiste Renard de Saint-Malo (1780-1854) : historien et homme politique né à Collioure.
Charles Naudin (1815-1899) : botaniste ayant vécu à Collioure.
Tomde d'Antonio Machado.
Antonio Machado (1875-1939) : poète espagnol ayant vécu, mort et enterré à Collioure durant la Retirada.
Marie Barrère-Affre (1885-1963) : écrivain ayant vécu et morte à Collioure.
Juan Navarro Ramón (1903-1989), peintre espagnol ayant vécu à Collioure pendant la Retirada et dont le Musée d'art moderne de Collioure conserve une œuvre.
Jep Desclaux (1912-1988) : joueur français de rugby à XV et de rugby à XIII né à Collioure.
René Llense (1913-2014) : joueur de football né à Collioure.
Patrick O'Brian (1914-2000) : écrivain ayant vécu et été enterré à Collioure.
Jacques Parizeau (1930-2015) : ancien premier ministre du Québec, possédait un vignoble dans la commune.
Artistes;
Au XIXe siècle, il venait déjà des artistes-peintres et des photographes (les deux plus anciennes photos de la ville datent d'environ 1870).
À l'été 1905, Henri Matisse vient peindre à Collioure, où, en compagnie d'André Derain, il crée le fauvisme. Matisse arrive à Collioure en mai 1905, quelques mois avant que le terme de « fauves » soit lancé par un critique d’art au salon d’automne. L’artiste a quitté Saint-Tropez et Paul Signac, bien décidé à en finir avec le pointillisme. Il invite le jeune André Derain à le rejoindre ; ce fut le départ d’une amitié et d’une collaboration féconde. Pour les deux peintres, l’été 1905 est un moment d’intense ouvrage et ils produisent énormément, en utilisant « les couleurs qui sortent du tube ». Tout dans le village les inspire : le port, le clocher, les toits et les coins des ruelles. Ils ont aussi peint six portraits et autoportraits. Un parcours dans la ville, Le Chemin du fauvisme, permet de retrouver les lieux où leurs œuvres ont été réalisées grâce à des reproductions de tableaux placées aux endroits mêmes où Matisse et Derain placérent, jadis, leur chevalet[85].
D’autres peintres suivront, notamment Albert Marquet, Juan Gris, Georges Braque, Jean Peské, Raoul Dufy, Foujita, Othon Friesz, Paul Signac, Willy Mucha, Henri Martin et son fils Claude-René Martin, Henri Vergé-Sarrat, Édouard Pignon, Pierre Jutand, Pierre Boudet, Charles Rennie Mackintosh, Philippe Jamin...
En 1992, l'artiste Marc-André 2 Figueres (MA2F) installe le parcours de sculptures-cadres « Points 2 vue autour du clocher de Collioure ». L'artiste s'est aussi illustré par son interprétation « genrée » du clocher de Collioure dans son ouvrage : Théorie érotique du clocher de Collioure.
L'hostellerie des Templiers a régalé une foule d'artistes (Picasso, Dufy, Signac, Maillol…). En témoignent les quelque deux mille œuvres d'art offertes aux propriétaires, dont une partie orne la salle principale.
De 1950 à 1952, Pablo Picasso y séjourne ponctuellement à la Miranda tandis que Salvador Dalí participe régulièrement aux fêtes de la ville, de 1953 à 1957.