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Descrption:
Saint-Cyprien est une commune française, située dans l'est du département des Pyrénées-Orientales en région Occitanie.
Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par l'Agouille de la Mer. La commune possède un patrimoine naturel remarquable : deux sites Natura 2000 (le « complexe lagunaire de Canet-Saint Nazaire » et le « complexe lagunaire de Canet ») et cinq zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Saint-Cyprien est une commune urbaine et littorale qui compte 12 068 habitants en 2023, après avoir connu une forte hausse de la population depuis 1962. Elle est ville-centre de l'agglomération de Saint-Cyprien et fait partie de l'aire d'attraction de Perpignan. Ses habitants sont appelés les Cypriannais ou Cypriannaises ou Cyprianencs.
Saint-Cyprien est l'une des sept stations balnéaires aménagées à partir des années 1960 dans le cadre de la mission interministérielle d'aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon pilotée par Pierre Racine. Elle est le troisième port de plaisance en France.
Accès :
Elle se situe à 13 km à vol d'oiseau de Perpignan, préfecture du département, à 25 km de Céret, sous-préfecture, et à 10 km de Canet-en-Roussillon, bureau centralisateur du canton de la Côte sableuse dont dépend la commune depuis 2015 pour les élections départementales. La commune est par ailleurs ville-centre du bassin de vie de Saint-Cyprien.
Les communes les plus proches sont: Latour-Bas-Elne (1,3 km), Alénya (3,1 km), Elne (3,5 km), Corneilla-del-Vercol (4,6 km), Théza (4,9 km), Saint-Nazaire (5,6 km), Saleilles (6,0 km), Montescot (6,0 km).
Historique :
Sur le plan historique et culturel, la commune est dans le Roussillon, une ancienne province du royaume de France, qui a existé de 1659 jusqu'en 1790 et qui recouvrait les trois vigueries du Roussillon, du Conflent et de Cerdagne.
Antiquité;
En 118 av. J.-C., apparaissent les premiers vestiges de Saint-Cyprien sur le site de la « villa Salix », au milieu des marécages et des saulaies, non loin de Saint-Cyprien qui tient lieu de port annexe à l'antique Illiberis (devenue Helena au IVe siècle sous l'empereur Constantin, puis Elne). Une voie de liaison romaine confirme bien les échanges commerciaux entre ces deux villages. Elne devient au VIe siècle le siège de l'Evéché. En 915 apparaît pour la première fois le nom de Saint-Cyprien, du nom d'un Saint martyr, évêque de Carthage. À ce village était associé le nom de « Vilarasa », puis en 928 celui d'une chapelle dédiée à Saint-Étienne.
Moyen Âge;
La ville de Saint-Cyprien s'agrandit, une église est construite au XIIIe siècle et sa population est estimée à 350 habitants vers 1385. Elne comptait alors 2 000 habitants. Les terres étant inondables, un réseau d'agouilles, de canaux et d'aqueducs est mis en place pour les assainir (canal d'Elne). L'Aygal, canal conçu pour évacuer les eaux vers la mer est d'un niveau inférieur à celui de l'étang d'où le renforcement de son entretien. La vie agricole est tournée vers l'élevage (pacage de bétail dans les prairies), la culture de céréales, le commerce maritime et la pêche constituant un revenu secondaire.
XIXe siècle;
La population est de 845 habitants, avec 160 enfants. Il est alors prévu en 1898 la création d'un groupe scolaire et administratif (mairie, écoles, bureaux). Les terrains de « l'Aygal » vont être morcelés, et deviennent des terres cultivables : c'est la victoire en 1897 de l'agriculture sur l'élevage.
Jusqu'au début du XIXe siècle, la côte n'est pas habitée. Sur la carte d'État Major (début/milieu du XIXe siècle), ne figurent que des batteries côtières (Batteries Counillières, limite Canet/Saint Cyprien et Vigie, au sud près du Tech).
XXe siècle
En 1926, la population est de 1 154 habitants, essentiellement regroupés autour du vieux village, alors qu'il existait sur la côte deux petits villages aux lieux-dits « Las Routas » et « l'Aygual », détruits pendant la Seconde Guerre mondiale.
En 1939, après la guerre d'Espagne, le camp de concentration de Saint-Cyprien est créé par le gouvernement français. Habilité pour recevoir environ 80 000 personnes, il fonctionne de février 1939 au 31 octobre 1940. Il sert à l'Internement d'hommes, de femmes et d'enfants républicains espagnols, membres des Brigades internationales, puis des ressortissants allemands, Juifs, apatrides, polonais, Hongrois, tchèques, belges et néerlandais, en raison de la guerre civile espagnole, puis de leur statut d'« étrangers en surnombre dans l'économie nationale » ou pour « espionnage en faveur du Reich ». Le peintre Felix Nussbaum y fut interné. Les locaux ont été creusés à même le sable.
Le camp était divisé en quatre îlots (100 × 70 m). Il avait une annexe à l'Hôpital Saint-Louis de Perpignan. En mai 1940, on compte 5 000 internés, en août 1940 3 168 (en raison du rapatriement des ressortissants du Reich), en octobre 1940 6 000 personnes. La mortalité était élevée (262 décès) notamment chez les jeunes enfants, en raison de la diphtérie. En octobre 1940, 3 870 hommes sont transférés vers le camp de Gurs avant leur déportation à Auschwitz. À l'été 1940, les autorités procédèrent au transfert de quelques volontaires vers les mines de sel de Theresienstadt en Pologne. En 1941, plusieurs internés allemands participeront à la direction clandestine du Parti communiste d'Allemagne (KPD).
En 1947, le ministère de la Reconstruction décide la construction d'un lotissement de 78 habitations, avec des fonds publics, pour reloger les familles de pêcheurs. C'est le point de départ de l'essor que connaîtra ensuite Saint-Cyprien, avec l'aménagement d'un second lotissement en 1954. Était née une grande idée : la création d'un village de mer. La population est alors de 1 441 habitants.
Deux noms de rues portent le noms d'anciens collaborateurs avec le regime Nazi sous Vichy. La rue Camille Mauclair, au nom de l'ecrivain antisémite qui fut adepte du gouvernement de Vichy de 1940 à 1944. Collaborateur occasionnel au quotidien pro allemand Le Matin, de Bunau-Varilla, il y signe divers articles favorables à la collaboration et violemment antisémites. Il collabore encore en 1944 à la revue Grand Magazine illustré de la Race : Revivre.
La rue adjacente à la rue Camille Mauclair, porte le nom de Georges Ripert qui pour sa part procéda aux premiers renvois de professeurs juifs de l'Université en application du Statut des juifs. Il n'hésitera pas à dire que les diverses lois sur le statut des Juifs, ne sont pas de simples conséquences de la « haine raciale », mais celles du « rôle néfaste que certains politiciens et financiers juifs avaient joué sous la Troisième République ».
XXIe siècle
Dans les années 2000, l'histoire de la commune est mouvementée au niveau politique: l'ancien maire Jacques Bouille est placé en détention préventive pour des soupçons de corruption et prise illégale d'intérêts. Le 24 mai 2009, l'ancien maire se suicide en prison par désespoir après 6 mois de détention provisoire. Son successeur désigné est son premier adjoint, M. Pierre Fontvieille. Mais ce dernier est également arrêté, puis placé en garde à vue dans les locaux de la Police Judiciaire de Perpignan. Selon les informations produites par le journal Midi-Libre, l'arrestation de Pierre Fontvieille serait liée à des « malversations touchant le fonctionnement de [la] mairie » de Saint-Cyprien. Il est libéré le 3 juillet 2009.
Culture locale et Patrimoine :
Monuments et lieux touristiques;
Le Château d'eau ;
La Fontaine du port décorative et utile puisqu'elle nettoie l'eau du bassin ;
Médiathèque Prosper-Mérimée ;
Collection d'art contemporain ;
Collection de la Fondation François Desnoyer, créée en 1963 ;
Église Saint-Cyprien de Saint-Cyprien, construite au XVIIIe siècle sur les vestiges de l'ancienne église romane, et son mobilier des XVIIIe siècle et XIXe siècle. L'édifice a été inscrit au titre des monuments historiques en 1992.
Église Saint-Étienne de Vilarasa, église romane.
Église Notre-Dame-de-Lumière de Saint-Cyprien.
Personnalités liées à la commune:
Simón Radowitzky (1891-1956), militant ukrainien;
François Desnoyer (1894-1972) : peintre, lithographe, graveur et sculpteur, mort à Saint-Cyprien ;
Leo Kneler (1902-1979), résistant allemand des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée;
Felix Nussbaum (1904-1944) : peintre juif allemand, interné au camp de Saint-Cyprien en 1940 , assassiné à Auschwitz;
Martin Vivès (1905-1991) : peintre, résistant, conservateur du musée des Beaux-Arts de Perpignan, mort à Saint-Cyprien ;
Conrad Miret i Musté (1906-1942), résistant et républicain catalan, assassiné à la prison de la Santé, à Paris;
Léo Ansbacher (1907-1998) : rabbin allemand interné au camp de Saint-Cyprien en 1940 ;
Agustí Bartra (1908-1982), poète et professeur d'université catalan, interné au camp de concentration de Saint-Cyprien;
José Cabrero Arnal (1909-1982), créateur du personnage de bandes dessinées Pif le chien, déporté au camp de Mauthausen;
Jean Olibo (1909-2000) : écrivain et résistant de la Seconde Guerre mondiale, né et mort à Saint-Cyprien;
Manuel Andújar (es) (1913-1994) : écrivain espagnol, déporté au camp de Saint-Cyprien de février à mars 1939 ;
Domingo Tejero Pérez (1913-1942), résistant républicain espagnol des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée, mort pour la France;
Otmar Kreačić (1913-1992), résistant yougoslave engagé dans les Brigades internationales durant la guerre d'Espagne;
Petar Drapšin (1914-1945), résistant yougoslave engagé dans les Brigades internationales durant la guerre d'Espagne;
Juan López Carvajal (1914-2011), combattant de la guerre d'Espagne, fiancé de la célèbre soldate Pepita Laguarda Batet.
Kurt Julius Goldstein (en) (1914-2007) : journaliste allemand interné au camp de Saint-Cyprien en 1939 ;
Roger van Rogger (1914-1983) : peintre belge interné au camp de Saint-Cyprien en 1940 ;
Jacques Palat (1915-1961) : joueur international de rugby à XV né à Saint-Cyprien ;
Karl Fischer (Widerstandskämpfer) (de) (1918-1963) : combattant de la résistance autrichien interné au camp de concentration de Saint-Cyprien en 1940 ;
Louis Creixell (1944-1996) : linguiste français ayant vécu et mort à Saint-Cyprien-Plage ;
Jean-Pierre François (1965-) : footballeur français, principalement célèbre pour avoir été l'interprète de la chanson Je te survivrai. Il a tenu une discothèque à Saint-Cyprien.