L’histoire de Beaumont se confond pour une large part avec
celle de sa forteresse. Le site fut habité dès l’antiquité
mais l’origine de la Cité ne remonte pas au-delà du XIème
siècle. En l’an 1070, un donjon, la Tour Salamandre, se
dresse au bord du plateau. C’est l’acte de naissance de
Beaumont. Commencée par Richilde, comtesse de Hainaut, continuée
par ses successeurs, dont Baudouin IV et V, ceci à grands frais,
cette forteresse aura dans l’ensemble, tenu son rôle. Elle a
protégé frontières et habitants. A-t-elle été incendiée, comme on
l’a dit en 1340, à l’époque de Jean de Beaumont ? Ce
n’est pas certain. On sait par contre qu’en 1408, la
guerre des Liégeois, l’une des plus cruelles du moyen-âge a
ravagé toute la région. Mais Beaumont qui avait modernisé ses
murailles échappa aux catastrophes. Après la mort du Téméraire en
1477, plus que ses voisines, Chimay et Avesnes, notre ville put
sortir sans mal d’une guerre dévastatrice. Les remparts
avaient sans doute une certaine force de dissuasion, mais en même
temps, les Beaumontois eurent de la chance. Autre chance, en 1453,
Philippe le Bon cède la terre de Beaumont aux Croÿ, c’est le
début d’un âge d’or. Peu à peu le château se transforme
en palais fastueux et la ville prend des allures de petite
capitale. S’y succèdent, Antoine, dit le grand Croÿ, son fils
Philippe, conseiller du duc de Bourgogne et Guillaume de
Croÿ-Chièvres précepteur de Charles Quint. Tous embellissent la
ville, son château et ses remparts. Sous Philippe de Croÿ, durant
le règne de Maximilien d’Autriche, des boulevards furent
aménagés devant les portes de la ville. Charles de Croÿ, enfin, le
plus célèbre et le plus fortuné, fera de Beaumont sa résidence
favorite. Né dans nos murs en 1560, il y meurt en 1612. Hélas,
vingt ans plus tard, c’est le commencement des malheurs. La
peste sévit en 1632 et tue la moitié de la population. Le curé en
témoigne dans son registre, à peu près en ces termes : " Je fus
moi-même atteint d’une tumeur à la gorge : tous mes
paroissiens m’évitaient... Seul Dieu ne m’abandonna pas
". Et en 1637, c’est le premier siège, les premiers coups de
canons, les premières brèches dans les murailles ; mais ce sera
bien pire en 1655, sous Louis XIV. Les troupes de Turenne chargées
d’exécuter Beaumont en raison de la non-observance d’un
ordre de réquisition y pénétrent et incendient la ville comme
l’attestent les registres. Une trentaine de maisons
seulement, échapperont aux cendres. Par contre, le château,
l’église et la Tour Salamandre seront en ruine. A
l’époque, la ville était entourée de 2,4 km de remparts, de
30 tours et 4 portes. Actuellement, il reste environ 1 km de
remparts, 7 tours et la poterne, la plus petite des portes. A
l’heure actuelle, la Tour Salamandre abrite un musée.
Aussi,le touriste trouvera-t-il au rez-de-chaussée des documents
qui parlent, entre autres, de la naissance de la ville, de ses
fortifications, Une exposition présente des reproductions des
miniatures de Charles de Croÿ relatives au comté de Beaumont.
Gravures et documents illustrent le passage de Charles Quint au
milieu de la célèbre famille des de Croÿ. Au 1er étage, la
généalogie des seigneurs de Beaumont. Au 2ème étage, des souvenirs
des Princes de Caraman, ainsi qu’une cellule des Soeurs
Clarisses. Au 3ème étage, un rappel du passage de Napoléon qui a
logé à Beaumont la nuit du 14 au 15 juin 1815, au château de
Maurice de Caraman, situé sur la Grand’Place.
L’artisanat régional est représenté dans les salles du 4ème
étage. La visite se termine sur la terrasse d’où l’on
découvre un magnifique panorama. Le musée de la Tour Salamandre
présente dans ses 4 étages : Nombreux documents, très divers sur
l’histoire et la vie quotidienne locale. Miniatures de
Charles de Croÿ. Souvenirs des Princes de Caraman - Chimay. Vitrine
Charles Quint Reconstitution d’une cellule des Soeurs
Clarisses. Artisanat local. Plus de 650 pièces.