Vous
êtes ici en domaine privé, merci de respecter les lieux et les
habitants et de refermer les barrières après votre
passage.
Je vous
propose de découvrir avec cette cache le hameau des Bouzèdes situé
à l’extrême nord de la commune de VIALAS (48) à tout de même
plus de 3 km à vol d’oiseau du centre du village 700 m en
contre-bas. Ici, à 1300 m, vous pouvez constater que c’est un
climat montagnard qui règne, la neige reste tard, on peut encore en
trouver par endroit encore le 20 mai. Les congères ne sont pas
rares empêchant tout déplacement.
Avant
d’accéder au hameau, vous traverserez le ruisseau
Homol qui ici
n’est qu’au stade de torrent, il deviendra rapidement
une belle rivière à truite, passera à Génolhac et ira grossir le
lac de barrage de SENECHAS où il se mêlera à la CEZE pour rejoindre
le grand RHONE.
Les constructions élevées ici, sont vous le constatez de véritables
forteresses défiant le temps. Elles ont été construites pour les
plus anciennes au début du XVIII° siècle, les linteaux des portes
témoignent souvent de cette époque.
Ici, le
granit est roi, c’est la matière première de toutes
constructions, maisons, granges et murs de clôture.
Dans ce hameau, les agriculteurs éleveurs vivaient en totale
autarcie, ils élevaient quelques moutons, des cochons, produisaient
lait, laine et viande. Les céréales étaient produites sur place, il
subsiste encore indestructible la superbe aire de battage à
l’entrée du hameau à droite. Remarquez l’exceptionnel
dallage et l’inclinaison des dalles périphériques destinées à
recevoir les gerbes fraîchement coupées pour les faire sécher et
permettre par leur pente l’écoulement de l’eau qui
mouillerait les précieuses bottes.
Au dessous de la dernière maison, vous trouverez le moulin.
Remarquez le canal d’amenée qui capte l’eau au ruisseau
une centaine de mètre en amont de la passerelle que vous venez de
traverser. L’eau est stockée la nuit dans la petite réserve
situé contre le moulin et ensuite turbinée la journée pour moudre
les céréales.
Les hommes
naissaient, vivaient, suaient et mourraient ici. Deux cimetières
témoignent encore de cette vie montagnarde (voir plan du
hameau).
Le hameau des Bouzèdes est chargé
d’histoire, durant les guerres de religion il été le refuge
de camisards persécutés et plus récemment durant la dernière
guerre, par sa position dominante, il devient le PC d’une
troupe de maquisards.
Les actions
de ces libérateurs se concentrent sur des expéditions de sabotages
d’installations vitales pour l’ennemi nazi :
destructions à la petite mine d’antimoine du Collet de Dèze,
à l’usine de charbon de bois près de Genolhac, ou encore sur
la voie ferrée Paris-Nîmes avec le déraillement du train de
marchandise dans le tunnel de Prévenchères. Toutes ces actions
mobilisent police, milice et gestapo et le 15 mai 1944, averti
d’une attaque de l’armée allemande forte de 800 hommes
sur les Bouzèdes, le groupe se replie provisoirement dans la forêt
de Bougès au-dessus du col de la Croix de Berthel avant de gagner
la Lauze au-dessus du Collet de Dèze.
Ici sur
cette terre de liberté, de « camisards » à
« maquisards », il n’y a qu’un pas rapidement
franchi.
Pour
rejoindre la cache, poursuivez le chemin sur 250 m vers
l’ouest jusqu’à arriver à une superbe hêtraie où des
arbres centenaires vous accueilleront. Attendez vous ici surtout le
soir d’être entouré d’une bande de joyeux lurons qui
hantent habituellement cette montagne… mais chutt, il arrive
qu’on les entende aussi dans la journée. Serrez vous
fortement contre un gros hêtre ou contre une grosse boule de granit
et tendez l’oreille.