La Maison de l’Atlante

Une porte cochère rectangulaire, deux soupiraux murés, surmontés de deux fenêtres cachées derrière des grilles. Au premier niveau, trois ouvertures, protégées par des garde-corps en fer forgé, magnifiquement ouvragé. Au centre un Atlante supporte sur son dos, non pas la Terre, mais un balcon semi-ovale. Un balcon lourd, l’Atlante se mord la lèvre de douleur. Au deuxième niveau, même configuration, excepté le balcon, rectiligne. Sur le toit trois chiens assis, deux en œil-de-bœuf entourent une lucarne rectangulaire. Cette façade, rigoureuse par ses lignes et symétries, évoque d’emblée une belle maison bourgeoise, construite en pierre calcaire, comme il en existait à Amiens au XVIIIème siècle. La façade est bien de cette époque. C’est celle d’une maison de marchand : Charles Miné. C’est lui qui, en 1760, commande cette façade à l’architecte Pierre-Joseph Christophle et au sculpteur Jean-Baptiste Dupuis. Elle sera installée à son origine rue des Sergents, au numéro 4778.
En 1913, la maison de la rue des Sergents, en état d’abandon menace de s’effondrer…le propriétaire n’ayant pas eu d’héritier. La Société des Antiquaires de Picardie rachète la façade, la fait démonter et la fait reconstruire à l’identique rue Jules Lardière. Nous sommes le 10 mars 1914 et la façade trône dans sa nouvelle rue, au n°2.
Cette maison façade ne recèle derrière sa porte cochère qu’un unique escalier qui permet d’accéder aux fenêtres et volets.

Elle est aujourd’hui propriété de la ville d’Amiens.
Source : Amiens Forum n°28 février 2012 Vincent Gross