En francique mosellan, langue germanique parlée au Grand-Duché de Luxembourg et dans le Pays d'Arlon, Maitrank signifie littéralement « boisson de mai ». Il est difficile de préciser exactement l'époque d'apparition de cette boisson. Des documents des moines bénédictins de l’abbaye de Prüm en Allemagne en font déjà mention au IXe siècle. Le Maitrank est mentionné pour la première fois par un moine de Prüm en 854.
Les habitants des régions viticoles allemandes avaient pris l’habitude de tempérer l’acidité des vins inférieurs par l’adjonction, par macération, de fruits ou de plantes de saison. Les moines n’ignoraient pas que l’aspérule odorante possédait des vertus médicinales (cholérétique, cholagogue, tonique et antispasmodique)[2]. Ils la faisaient donc macérer dans le vin et buvaient la macération au printemps pour chasser les toxines de l’hiver. Ils la faisaient goûter aux habitants de la région et en offraient aux voyageurs qui leur demandaient asile. La population régionale ne tarda pas à les imiter.
Médaille de la Confrérie du Maitrank d'Arlon.
Avec le temps et surtout l’amélioration de la vinification, l’habitude de faire macérer plantes ou fruits dans le vin se perdit progressivement et le Maitrank vit sa vogue en forte régression en Allemagne et au Grand-Duché de Luxembourg, sans toutefois jamais totalement disparaître. Certaines familles de ces régions avaient conservé la coutume et en fabriquaient tous les ans, mais la recette ne dépassait pas le cadre familial confidentiel.
C’est de quelques Arlonnais des années 1950 qu’est venue la relance du Maitrank qui depuis lors a repris vie à Arlon. En 1955, une commission communale de la ville organisa pour la première fois une journée du Maitrank et du genêt durant le mois de mai. Depuis lors, chaque année, Arlon est animé par les « fêtes du Maitrank » l'avant-dernier week-end du mois de mai. En mai 1964 fut créée la Confrérie du Maitrank d'Arlon afin de faire connaître davantage la boisson, la ville et sa région